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Société - Liban

Mort en détention d'un jeune homme : la famille accuse le Hezbollah et l'armée de torture, la troupe annonce une enquête

Mohammad Harkous a été hospitalisé après interrogatoire à l’apparition de symptômes ayant nécessité un examen médical et est décédé à l’hôpital, selon l'institution militaire.

Mort en détention d'un jeune homme : la famille accuse le Hezbollah et l'armée de torture, la troupe annonce une enquête

La victime Mohammad Harkous. Photo tirée des réseaux sociaux

Un jeune homme, mort après son arrestation dans des circonstances floues dans la banlieue sud de Beyrouth et un interrogatoire de l'armée libanaise, a-t-il succombé à des actes de torture ?

C'est ce qu'affirme la famille du défunt, Mohammad Harkous, qui pointe du doigt la responsabilité du Hezbollah et de l'institution militaire dans l’arrestation, la torture et la mort de son fils. La troupe, elle, a confirmé samedi matin que l'homme était décédé après enquête auprès de ses services et annoncé une enquête élargie, sans se prononcer sur les accusations de torture. Une source au sein du parti chiite a, pour sa part, rejeté toute responsabilité.

Suite au dépôt d'une plainte de la famille devant le procureur général Jamal Hajjar, lundi 12 janvier, l'affaire fait l'objet d'une procédure devant la justice, dans le cadre de laquelle le dossier a été transféré au commissaire du gouvernement près le tribunal militaire, Claude Ghanem, a confirmé à L'Orient-Le Jour l’avocat de la famille, Hassan Ibrahim. Dans sa plainte, la famille accuse des membres du Hezbollah et des agents des renseignements de l’armée libanaise d'avoir torturé Mohammad Harkous à mort.

Face à l'ampleur médiatique prise par l'affaire, l'armée libanaise a réagi samedi dans un communiqué à «l'information faisant état du décès d’un citoyen à l’issue de son interrogatoire par l’armée.» Sans nier de possibles actes de torture, la troupe indique qu'« après l’arrestation du citoyen concerné afin de l’interroger, celui-ci a été transféré à l’hôpital à l’apparition de symptômes de santé ayant nécessité un examen médical, et qu’il est décédé ultérieurement à l’hôpital. » Appelant à ne « pas aborder ce sujet en raison de son caractère sensible », le commandement de l'armée précise de son côté avoir « élargi l’enquête sous la supervision de la justice compétente afin d’établir les circonstances de l’incident et de déterminer les responsabilités. »

Contactée par notre publication, une source du Hezbollah affirme que, contrairement au récit de l'arrestation fait par la famille, selon lequel Mohammad Harkous aurait été arrêté dans la banlieue sud de Beyrouth par des membres du parti, « ce sont des éléments de l’armée qui l'ont interpellé, et il est décédé alors qu’il se trouvait aux mains des renseignements de la troupe. » La source rejette toute implication du Hezbollah, jugeant «incohérent» que l’armée accepte qu’une personne soit arrêtée par le parti chiite avant d’être remise à ses services. « Cela n’est pas crédible. Nous n’avons aucun lien avec cette affaire, ni de près ni de loin », ajoute-t-elle.

Arrestation sur la route de l'aéroport

Selon la version relatée par l'avocat de la famille, les faits remontent au 6 janvier, vers 15 heures. Mohammad Harkous circulait à moto avec son épouse, Reem Azzaz, sur l’autoroute reliant Beyrouth à l’aéroport, dans la banlieue sud de la capitale, à hauteur de l’hôpital al-Rassoul al-Aazam. Le couple se rendait à un rendez-vous administratif lorsqu'il a été abordé par trois hommes qui se seraient présentés comme des membres du Hezbollah et auraient alors « enlevé » M. Harkous, laissant son épouse sur place, selon le récit de l'avocat Me Ibrahim. Alerté par sa belle-fille, le père de la victime, Farah Harkous, s’est rendu le jour même auprès de responsables du Hezbollah dans la zone, au centre Sayyed el-Awsiya. Environ deux heures après l’interpellation, ceux-ci lui auraient assuré que son fils « n’était pas avec eux ». Sans nouvelles, il s’est ensuite rendu au poste de gendarmerie de Mreijé pour y signaler la disparition. Le lendemain matin, le 7 janvier, la famille est contactée par l’hôpital militaire de Tayyouné, qui l’informe que Mohammad Harkous a été victime d’un malaise au cours de son interrogatoire. Sur place, Farah Harkous apprend le décès de son fils et la famille est invitée à récupérer le corps. Elle constate alors la présence de « traces apparentes de violences. » Deux rapports médicaux établis à l’hôpital par deux médecins concluent à un arrêt cardiaque comme cause du décès, précise l’avocat. L'armée a confirmé dans son communiqué que « le corps a été examiné par des médecins légistes » à la fois « avant la remise de la dépouille à sa famille, puis après celle-ci », et que des « rapports ont été établis », sans faire part des résultats. Des photos montrant présumément le corps et des marques de coups identifiées comme des traces de torture ont largement circulé sur les réseaux sociaux.

Le corps a ensuite été transféré au lieu de toilette mortuaire, où un médecin légiste mandaté par la famille a, à son tour, procédé à un examen le 8 janvier. Dans son rapport préliminaire, il relève des ecchymoses sous les ongles, indiquant une hémorragie interne, ainsi que des traces de violences, notamment au niveau de la tête, souligne Me Ibrahim. Un scanner est alors réalisé. Le 9 janvier, les résultats du scanner concluent que le décès est dû à une hémorragie cérébrale consécutive à un choc à la tête survenu peu avant la mort, selon l'avocat.

Le juge Ghanem a, dans le cadre de l'affaire en justice, pris connaissance des différents rapports médicaux et convoqué les médecins concernés.

« Rien ne justifie des actes de torture »

Les causes de l'arrestation de Mohammad Harkous restent floues. Une source sécuritaire a indiqué vendredi au média Al-Arabiya.net qu'il avait été arrêté pour une affaire de falsification de documents. Selon Me Ibrahim, des documents administratifs auraient bien été retrouvés en la possession du défunt au moment de son interpellation, notamment un faux permis de conduire syrien. Mais « rien ne justifie des actes de torture », a-t-il déclaré.

À la presse, Farah Harkous a assuré que son fils ne faisait l’objet d’aucun antécédent sécuritaire.

Un jeune homme, mort après son arrestation dans des circonstances floues dans la banlieue sud de Beyrouth et un interrogatoire de l'armée libanaise, a-t-il succombé à des actes de torture ?C'est ce qu'affirme la famille du défunt, Mohammad Harkous, qui pointe du doigt la responsabilité du Hezbollah et de l'institution militaire dans l’arrestation, la torture et la mort de son fils. La troupe, elle, a confirmé samedi matin que l'homme était décédé après enquête auprès de ses services et annoncé une enquête élargie, sans se prononcer sur les accusations de torture. Une source au sein du parti chiite a, pour sa part, rejeté toute responsabilité.Suite au dépôt d'une plainte de la famille devant le procureur général Jamal Hajjar, lundi 12 janvier, l'affaire fait l'objet d'une...
commentaires (10)

"Que l’armée accepte qu’une personne soit arrêtée par le parti chiite avant d’être remise à ses services. cela n’est pas crédible". Nais, bien sûr que si! Les exemples abondent! C'est même très fréquent dans le Hezbollahland, quand il s'agit d'adversaires du Parti transformés pour l'occasion en "agents israéliens".

Yves Prevost

09 h 02, le 19 janvier 2026

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Commentaires (10)

  • "Que l’armée accepte qu’une personne soit arrêtée par le parti chiite avant d’être remise à ses services. cela n’est pas crédible". Nais, bien sûr que si! Les exemples abondent! C'est même très fréquent dans le Hezbollahland, quand il s'agit d'adversaires du Parti transformés pour l'occasion en "agents israéliens".

    Yves Prevost

    09 h 02, le 19 janvier 2026

  • Le plus inquiétant c'est la participation de l'armée dans cette sordide affaire... Et comme pour toutes les enquêtes au Liban on ne saura jamais RIEN.. Le peuple Libanais est une peuple de peureux qui font semblant d'oublier. Rappelez moi les conclusions du scandale de Jeita ? L'explosion de Beirut ? Le vol de notre argent ? Une enquête mon C....

    Emile

    17 h 01, le 18 janvier 2026

  • Traces de violence au niveau de la tête et le scanner démontre une hémorragie cérébrale comme cause de la mort c’est le rapport de légiste de la famille confirmé par le bilan radiologique Ma première question nous connaissons déjà les expertises du milice, toutefois dommage que l’armée est impliquée dans cette affaire et le pire les deux médecins légistes qui auront fait des rapports falsifiés et frauduleux Crime par excellence à plusieurs niveaux Nous verrons l’affaire de la justice Toute notre compassion à la famille de défunt et le repos éternel pour lui

    William SEMAAN

    14 h 03, le 18 janvier 2026

  • Ce malheureux a été enlevé près de l’hôpital rassoul el aazam, c’est à dire en plein territoire milicien. Plus que ça comme indices il n’y a pas ! La milice a fait bien pire que ça, et tout le monde le sait.

    NG

    06 h 51, le 18 janvier 2026

  • pauvre type...assasine par l'armee et/ou hezb qui pense savoir extraire des aveux...

    Karim Ghantous

    18 h 57, le 17 janvier 2026

  • Le Deep State á l'oeuvre. Quand on pense aux assasinats politiques commis par le hezballah encore impunis...Pourquoi ce n'est pas la même diligence qui s'applique? Et deja dans un Etat de Droit on n'arrete pas les gens sans mandat. Un juge d'instruction a t il émis un mandat?

    Moi

    18 h 51, le 17 janvier 2026

  • Affaire et tres floue et tres GRAVE. Faut nettoyer nos services de la penetration hezbiote a toutes les echelles.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    18 h 02, le 17 janvier 2026

  • Choquant. Il nous faut des explications

    Farandole

    17 h 44, le 17 janvier 2026

  • Une enquête sera ouverte pour rejoindre toutes les autres qui concernent les crimes de ces vendus et leurs alliés de l’intérieur comme de l’extérieur. Honte à vous tous, vous ne servez à rien à part à parader avec vos costumes d’apparat, pour vous payer nos têtes. Quelque soit le crime dont on a pu l’accuser, ce citoyen ne méritait pas de mourir sous la torture par des assassins sans âme au XXI e siècle, dans un pays qui se dit démocratique et civilisé.

    Sissi zayyat

    16 h 36, le 17 janvier 2026

  • Il faut que les pays de la région se mettent à jour. Malheureusement, des actes de tortures , de coups etc… font ENCORE partie du mode opératoire des enquêteurs et responsables sécuritaires. Faudra que ce genre cesse. C’est une honte. Au lieu de se gargariser et glorifier les forces de sécurité, il faudra FORCER les services de sécurité à retrouver la civilisation et laisser tomber les méthodes arabes et iraniennes… A QUOI SERVENT LES JUGES? Si le président AOUN devrait accomplir une seule chose durant son mandat ( hormis le désarmement) c’est mettre le Liban sur les rails du monde civilisé

    LE FRANCOPHONE

    14 h 58, le 17 janvier 2026

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