Le cheikh druze syrien Hikmat al-Hijri. Photo tirée du compte Facebook Suwayda 24
Dans une interview au quotidien israélien Yedioth Ahronoth (Ynet) publiée mercredi, le cheikh druze syrien Hikmat al-Hijri a exprimé son souhait de voir émerger une entité druze indépendante dans la province de Soueïda, située dans le sud de la Syrie, précisant qu'Israël serait l'« entité appropriée » pour superviser une éventuelle phase de transition vers l'autonomie.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre la communauté druze et le nouveau pouvoir à Damas. La rupture s’est accentuée après les affrontements meurtriers à Soueïda en juillet dernier, opposant des factions druzes à des tribus bédouines ainsi qu’aux forces gouvernementales syriennes. Ces violences ont fait environ 1 600 morts, majoritairement des civils.
À la suite de ces événements, Hikmat al-Hijri a créé une milice baptisée « Garde nationale » et multiplié les appels à la mise en place d’une région distincte pour les druzes. Il a parallèlement renforcé ses demandes de soutien à Israël, qu’il a présenté comme un « protecteur » de la communauté druze, notamment après les frappes aériennes israéliennes sur Damas en juillet.
« Israël nous a sauvés du génocide »
Dans son interview à Ynet, le cheikh Hijri a déclaré exiger non seulement l'autonomie, mais aussi une « région druze indépendante ». Qualifiant les affrontements de juillet de « génocide », il a affirmé qu'« Israël est un État régi par le droit international (...) et est le seul pays au monde à être intervenu militairement et avoir sauvé des druzes du génocide au moment où il se déroulait ». Interrogé sur sa vision de l'avenir, il a répondu : « Nous nous considérons comme partie intégrante de l'État d'Israël, comme un bras armé ayant forgé une alliance avec lui. Cette relation est essentielle. Israël est le seul garant et l'unique entité habilitée pour les accords futurs ».
Le chef religieux druze a ajouté que, si l’indépendance totale constitue l’objectif principal, une « phase transitoire d’autonomie sous la supervision d’un garant extérieur » pourrait être envisagée. « À mon avis, l’État d’Israël est l’entité appropriée pour ce rôle », a-t-il insisté, tout en exprimant sa « profonde déception » à l’égard du monde arabe. « Aucun pays arabe ne nous a soutenus. Ils ont choisi de se ranger du côté du bourreau et non de la victime », a-t-il déploré.
Au Liban, le leader druze Walid Joumblatt a implicitement critiqué les orientations défendues par Hikmat al-Hijri. « Quelqu’un a décidé de prendre le contrôle de Soueïda pour en faire un État indépendant avec le soutien d’Israël », avait-il déclaré, qualifiant ce projet de « suicidaire car il nuit à tous les intérêts des druzes arabes de la région ».

