Le logo de l'ONU, affiché dans les locaux de l'organisation, le 24 septembre 2019 à New York. Photo Angela Weiss / AFP
L'ONU a exprimé mardi sa profonde inquiétude après l'intervention militaire américaine au Venezuela, avertissant qu'elle « a sapé un principe fondamental du droit international ».
« Les Etats ne doivent pas menacer ou recourir à la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique d'un autre Etat », a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Ravina Shamdasani, lors d'un point de presse à Genève.
Après des mois de frappes sur des embarcations accusées de trafiquer de la drogue, les Etats-Unis ont capturé samedi Nicolas Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, qui doivent répondre d'accusations de « narcoterrorisme » à New York.
De nombreux pays contestent la légalité de l'intervention américaine, présentée par les Etats-Unis comme une « opération de police ».
« Les Etats-Unis ont justifié leur intervention en invoquant le bilan désastreux et de longue date du gouvernement vénézuélien en matière de droits humains », mais on ne peut contraindre à rendre des comptes en menant une « intervention militaire unilatérale en violation du droit international », a affirmé Mme Shamdasani.
Elle a par ailleurs souligné que le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme avait, depuis environ une décennie, régulièrement alerté sur « la détérioration continue de la situation au Venezuela ».
« Nous craignons que l'instabilité actuelle et la militarisation accrue du pays résultant de l'intervention américaine ne fassent qu'aggraver la situation », a-t-elle dit.
Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) a souligné que même avant les derniers développements, près de huit millions de personnes au Venezuela, soit un quart de la population, avaient besoin d'aide humanitaire.
De son côté, le Haut-Commissariat de l'ONU aux réfugiés (UNHCR) a indiqué qu'il n'avait pas pour l'instant remarqué aucun signe de nouveaux déplacements massifs depuis le Venezuela depuis samedi.
Mais « nous suivons de près la situation et les mouvements transfrontaliers », a déclaré aux journalistes Eujin Byun, une porte-parole de l'UNHCR, précisant que les agences des Nations Unies sont prêtes à « soutenir les efforts de secours d'urgence et à protéger les personnes déplacées dans le besoin, si nécessaire ».


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