Mazloum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes. Photo AFP
La rencontre entre le leader kurde syrien Mazloum Abdi et des responsables officiels dimanche à Damas, portant sur l’intégration de ses forces au sein de l’armée syrienne, n'a « débouché sur aucun résultat concret », selon les services de la Sûreté générale syrienne, dans un message publié sur Télégram.
La rencontre, annoncée au préalable par les forces armées kurdes, a été tenue « dans le cadre du suivi de la mise en œuvre de l’accord du 10 mars », précise la Sûreté générale, selon laquelle « il a été convenu de tenir d’autres réunions ultérieurement ». M. Abdi a signé en mars un accord avec le président syrien Ahmed el-Chareh visant à fusionner l’administration semi-autonome kurde avec le gouvernement avant la fin 2025, mais des divergences entre les deux parties ont retardé sa mise en œuvre.
« Un groupe issu de la direction des Forces démocratiques syriennes (FDS) rencontre actuellement des responsables du gouvernement de Damas dans la capitale syrienne, dans le cadre de discussions liées au processus d’intégration militaire », ont déclaré plus tôt dimanche les FDS dans un communiqué, précisant que leur commandant en chef Abdi faisait partie de la délégation.
Les FDS contrôlent d’importantes portions du nord et du nord-est pétrolifères de la Syrie. Avec le soutien d’une coalition internationale menée par les États-Unis, elles ont joué un rôle clé dans la défaite territoriale du groupe État islamique en Syrie en 2019.
La question de l’intégration des FDS à l’État syrien s’est révélée complexe depuis la chute du dirigeant de longue date Bachar el-Assad en décembre 2024.
Malgré son accord pour fusionner avec le nouveau gouvernement, M. Abdi réitère ses appels à la décentralisation — ce à quoi les nouvelles autorités islamistes du pays se sont opposées — et les tensions entre Kurdes et gouvernement ont parfois dégénéré en affrontements.
En décembre dernier, un responsable kurde avait confié à l’AFP sous couvert d’anonymat que Damas avait proposé de diviser les forces sous commandement kurde en trois divisions et plusieurs brigades, dont une brigade féminine. Les forces seraient déployées sous commandement FDS dans les zones contrôlées par les Kurdes, selon ce responsable.
Le ministre syrien des affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, a ensuite fait savoir que le gouvernement étudiait la réponse des Kurdes. M. Abdi avait assuré, de son côté, que « tous les efforts sont déployés pour éviter l’échec de ce processus » et estimé qu’une issue négative était improbable.
La Turquie, alliée majeure des nouveaux dirigeants syriens, considère la présence des forces kurdes à sa frontière comme une menace pour sa sécurité et a publiquement appelé à leur intégration dans l’État.



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