Rechercher
Rechercher

Politique - Cessez-Le-Feu

Raids en série sur le Liban-Sud et la Békaa, « fausse alerte » dans le Nord israélien

Un ouvrier syrien a été légèrement blessé dans un raid israélien à Tebna.

Raids en série sur le Liban-Sud et la Békaa, « fausse alerte » dans le Nord israélien

De la fumée s’élève après des frappes menées par des avions de guerre israéliens sur les hauteurs de Rihane, dans le caza de Jezzine au sud du Liban, le 2 janvier 2026. Rabih DAHER / AFP

Le « spectre de la guerre » au Liban, qui s'est éloigné sans être totalement écarté comme l'avait déclaré mercredi le président Joseph Aoun, a semblé planer un peu plus proche du Sud vendredi matin. Les Libanais ont en effet retenu leur souffle lorsque les médias israéliens ont annoncé dans la matinée que des sirènes d'alerte ont retenti dans le village de Bar'am, situé à moins d'un kilomètre de la Ligne bleue, dans ce qui s'est finalement avéré être une fausse alerte, suivie plus tard par une série de frappes israéliennes sur le Sud et la Békaa.

Vers midi, l'armée israélienne a ainsi mené, en une trentaine de minutes, une douzaine de bombardements sur le Liban-Sud et la Békaa, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Les avions de chasse ont visé à deux reprises la périphérie d'Ansar, ainsi qu'une zone entre Tebna et Baïssariyé (dans le caza de Saïda), les hauteurs de Rihane (Jezzine), la vallée de Aazzé, la région de Wadi el-Akhdar, dans l'Iklim el-Touffah (Nabatiyé) et les collines de Sajed (Bint Jbeil). Toutes ces régions font l'objet de bombardements récurrents de la part de l'armée israélienne depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 24 novembre 2024. Les déflagrations ont été entendues jusqu'à Saïda, grande ville du Sud. Le bilan de ces raids s'établit, jusqu'à présent, à un blessé léger, un ouvrier syrien, dans un des raids à Tebna. Dans l'après-midi, le ministère de la Santé a rapporté que les frappes israéliennes à Ansar ont fait un blessé. La route reliant ce village à celui voisin de Teffahta a en outre été temporairement fermée en raison des débris. Dans la Békaa Ouest, une frappe israélienne a également été menée sur les hauteurs du village de Aïn el-Tiné, rapporte notre correspondante dans la région, Sarah Abdallah.

L’armée israélienne a revendiqué les frappes sur le Liban-Sud, disant y avoir pris pour cible un « complexe d'entraînement de la force al-Radwane », l'unité d'élite du Hezbollah, et des bâtiments militaires ». « Dans le cadre de ces attaques, l'armée israélienne a visé un complexe d'entraînement utilisé par al-Radwane pour former ses membres à la planification et à l'exécution d'attentats terroristes contre les forces de défense israéliennes et les citoyens de l'État d'Israël. Les terroristes y suivaient des entraînements au tir et des formations à l'utilisation de divers moyens de combat », a souligné un communiqué publié sur X par Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne. L’armée israélienne ajoute avoir également ciblé « des bâtiments militaires utilisés récemment pour stocker des moyens de combat destinés aux membres du Hezbollah ».

« Fausse alerte »

Dans la matinée, peu après 10h, des sirènes d'alerte ont retenti à Bar'am, localité qui fait face, côté libanais à Yaroun (caza de Bint Jbeil), rapportait le journal israélien Haaretz. Des habitants ont, eux, indiqué avoir observé un tir de missile intercepteur. Un habitant de Yaroun a confirmé à L'Orient-Le Jour qu'une déflagration puissante a été entendue après ce tir. C'est la première fois que les sirènes d'alerte retentissent dans cette zone depuis le cessez-le-feu. Le Hezbollah avait tiré à une seule reprise en direction du territoire israélien, début décembre 2024, et le Hamas avait lancé à plusieurs reprises des projectiles, provoquant à chaque fois des représailles israéliennes meurtrières.

Une source proche du Hezbollah a rapidement affirmé à l'agence Reuters que le parti n'est pas impliqué dans l'incident, tandis que l'armée israélienne a finalement confirmé qu'il s'agissait d'une « fausse alerte », selon un message posté sur X.

Une pelleteuse bombardée

Les craintes d'une nouvelle offensive israélienne continuent de peser sur le Liban, alors que l'État hébreu accuse le Hezbollah de ne pas désarmer et les autorités libanaises de tergiverser. C'est dans ce cadre notamment que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était rendu en début de semaine à Washington, pour évoquer les cessez-le-feu au Liban et à Gaza, ainsi que la situation en Iran. À l'issue d'un entretien en Floride, le président Donald Trump a affirmé que le gouvernement libanais est « dans une position un peu désavantageuse face au Hezbollah », estimant que le parti chiite « s’est mal comporté, donc nous verrons ce qui se passera ».

Par ailleurs, dans la nuit de jeudi à vendredi, l'armée israélienne a poursuivi ses attaques au Liban-Sud et largué une bombe, depuis un drone, sur une pelleteuse stationnée à Aïta el-Chaab, dans le caza de Bint Jbeil. Le raid n'a pas fait de victime, selon les informations de notre correspondant au Liban-Sud. Ces tirs sur des engins de chantier sont récurrents dans le Sud, où Israël accuse le Hezbollah de chercher à reconstruire ses capacités. Des tirs à l'arme automatique en provenance d'une position israélienne sur les hauteurs contestées de Kfarchouba ont en outre visé les abords de ce village du caza de Hasbaya.

Le « spectre de la guerre » au Liban, qui s'est éloigné sans être totalement écarté comme l'avait déclaré mercredi le président Joseph Aoun, a semblé planer un peu plus proche du Sud vendredi matin. Les Libanais ont en effet retenu leur souffle lorsque les médias israéliens ont annoncé dans la matinée que des sirènes d'alerte ont retenti dans le village de Bar'am, situé à moins d'un kilomètre de la Ligne bleue, dans ce qui s'est finalement avéré être une fausse alerte, suivie plus tard par une série de frappes israéliennes sur le Sud et la Békaa.Vers midi, l'armée israélienne a ainsi mené, en une trentaine de minutes, une douzaine de bombardements sur le Liban-Sud et la Békaa, selon les informations de notre correspondant Mountasser Abdallah. Les avions de chasse ont visé à deux...
commentaires (4)

Si le HB n’a plus l’intention de riposter aux frappes israéliennes et se dépêchent pour déclarer qu’ils n’y sont pour rien dans les attaques contre ce pays, alors pourquoi continuent ils à s’entraîner? Contre quels pays vont ils se battre, et pour quelle raison? C’est pour dire que leur entêtement à ne pas déposer les armes n’est recevable qu’aucune partie concernée. Ils se projettent et n’entendent pas cesser leurs guerres injustifiées jusqu’à ce qu’ils soient obligés, donc anéantis.

Sissi zayyat

10 h 59, le 03 janvier 2026

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Si le HB n’a plus l’intention de riposter aux frappes israéliennes et se dépêchent pour déclarer qu’ils n’y sont pour rien dans les attaques contre ce pays, alors pourquoi continuent ils à s’entraîner? Contre quels pays vont ils se battre, et pour quelle raison? C’est pour dire que leur entêtement à ne pas déposer les armes n’est recevable qu’aucune partie concernée. Ils se projettent et n’entendent pas cesser leurs guerres injustifiées jusqu’à ce qu’ils soient obligés, donc anéantis.

    Sissi zayyat

    10 h 59, le 03 janvier 2026

  • Si les isrènes se déclenchaient à chaque attaque chez nous, on serait tous devenus sourds. Mais sirènes ? Connaît pas ici ! Et dire que ces têtes brûlées ont eux-mêmes attaqué ce monstre de voisin. Et ils en veulent encore !

    NG

    06 h 10, le 03 janvier 2026

  • Pourquoi y a-t-il une rubrique « cessez le feu » ? De quel “cessez le feu” parle-t-on ?

    EL RIZ Mohamed

    17 h 27, le 02 janvier 2026

  • C’est à croire qu’Israël active lui-même les sirènes d’alerte pour justifier ses bombardements.

    Hitti arlette

    16 h 34, le 02 janvier 2026

Retour en haut