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Dernières Infos - Sécurité Au Liban

Disparition d’un ex-officier libanais dans la Békaa : Israël dans le viseur

Le vice-président du Conseil supérieur islamique chiite exhorte les autorités politiques et sécuritaires à agir, laissant entendre que cette affaire pourrait créer des dissensions dans la région.

Disparition d’un ex-officier libanais dans la Békaa : Israël dans le viseur

Des soldats de l'armée libanaise dans la Békaa. Photo d'archives AFP.

L'officier à la retraite de la Sûreté générale, Ahmad Ali Chokr dont le frère est soupçonné d'avoir été impliqué dans la capture en 1986 du pilote israélien Ron Arad, célèbre en Israël, a récemment disparu, et les enquêteurs envisagent la possibilité qu'il ait été tué par des agents israéliens ou transféré en Israël a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source judiciaire a confirmé l’existence de présomptions laissant penser à un enlèvement attribué à Israël.

Selon l’AFP, des éléments indiquent que l’ex-officier aurait été « attiré par deux personnes de nationalité suédoise », arrivées au Liban deux jours avant sa disparition dans une localité éloignée de son domicile. L’une d’elles aurait quitté le pays le jour même de sa disparition. La source contactée par L’OLJ a précisé que deux suspects libanais étaient recherchés, dont au moins un de nationalité libano-suédoise.

Ahmad Chokr est le frère de Hassan Chokr, qui était un combattant dans le groupe ayant capturé le pilote israélien Ron Arad le 16 octobre 1986, selon une source proche de la famille Chokr. Hassan Chokr a été tué en 1988 dans des combats entre les forces israéliennes et des groupes armés libanais, selon cette source qui a requis l'anonymat. Ron Arad avait été capturé lors d'une mission pendant la guerre civile libanaise. Il aurait d'abord été détenu par des groupes chiites au Liban et est aujourd'hui présumé mort, ses restes n'ayant jamais été restitués. Son sort préoccupe depuis des décennies Israël, où le rapatriement des soldats disparus ou capturés est considéré comme un devoir national.

Le quotidien al-Chark al-Awsat était le premier à rapporter qu'une source judiciaire libanaise avait révélé mardi que les enquêtes sur la disparition de l'ex-officier, laissent présumer un enlèvement par Israël.

Le contact avec Ahmad Chokr, originaire de Nabi Chit (Baalbeck), a été perdu le 19 décembre alors qu’il se trouvait dans la Békaa centrale. Un parent de l’officier à la retraite, également moukhtar (élu local) de Nabi Chit, Ahmad Mohammad Chokr, avait indiqué à L’Orient-Le Jour vendredi dernier que l'homme travaillait comme « agent intermédiaire » dans l'immobilier et avait disparu alors qu'il devait aller à une réunion concernant l'acquisition d'un terrain à Zahlé. Des élus de la région avaient dénoncé un « enlèvement », mais une source au sein de l’armée libanaise avait précisé que M. Chokr restait « porté disparu », sans qu'il ne soit officiellement déclaré comme victime d'un kidnapping.

Le cheikh Khatib appelle les autorités à agir

Mardi, le vice-président du Conseil islamique chiite supérieur, Ali Khatib, a exhorté les autorités, politiques et sécuritaires, à agir, laissant entendre que cette affaire pourrait créer des dissensions dans la région. Un appel lancé alors que des personnalités locales de la Békaa s'étaient réunies lundi pour réclamer également que le sort du disparu soit éclairci « avant les fêtes ».

Dans un communiqué, le cheikh Khatib a déploré que « cinq jours se sont écoulés depuis la disparition de Chokr, sans qu'aucune information ne filtre sur son sort. » Il s'est dit « étonné, et a appelé les responsables concernés et les chefs des organes sécuritaires à accorder à ce dossier « toute l'attention nécessaire. » « Nous espérons que cette affaire sera éclaircie dans les plus brefs délais, afin que les choses ne prennent pas des tournures que nous tenons à éviter, compte tenu de la sensibilité de l'affaire », a-t-il ajouté. Ahmad Chokr est le frère du secrétaire général du Conseil islamique chiite supérieur, Abdel Salam Chokr.

Le cheikh Khatib a par ailleurs contacté le président de la République Joseph Aoun pour discuter de la disparition de Chokr. Il a assuré que « le président Aoun a promis que tous les efforts possibles seront déployés afin d’élucider le mystère de cette disparition ».

Lundi, des personnalités locales de la Békaa ainsi que des villages de l’est et de l’ouest de Baalbeck s'étaient réunies à la husseiniyé (un lieu de cérémonie pour la communauté chiite) de Nabi Chit pour dénoncer la disparition de M. Chokr. Les participants, qui avaient réclamé que la lumière soit faite sur cette affaire « avant les fêtes », avaient souligné que leur rassemblement n'était dirigé « contre aucune partie sécuritaire, politique ou confessionnelle. » Durant la rencontre, le président du conseil municipal du village, Hani Moussaoui, avait dénoncé un « enlèvement » commis par des « individus hors la loi ». Il a ajouté que M. Chokr « souffre de maladie ».

L'officier à la retraite de la Sûreté générale, Ahmad Ali Chokr dont le frère est soupçonné d'avoir été impliqué dans la capture en 1986 du pilote israélien Ron Arad, célèbre en Israël, a récemment disparu, et les enquêteurs envisagent la possibilité qu'il ait été tué par des agents israéliens ou transféré en Israël a indiqué mardi à l'AFP un responsable judiciaire. Contactée par L’Orient-Le Jour, une source judiciaire a confirmé l’existence de présomptions laissant penser à un enlèvement attribué à Israël.Selon l’AFP, des éléments indiquent que l’ex-officier aurait été « attiré par deux personnes de nationalité suédoise », arrivées au Liban deux jours avant sa disparition dans une localité éloignée de son domicile. L’une d’elles aurait quitté le pays le jour...