Cette photo prise le 18 décembre 2025 montre des passants devant le palais de justice de Marseille, dans le sud de la France. Photo MIGUEL MEDINA / AFP
Des journaux et magazines français regrettent une hausse « massive » prévue au 1er janvier des tarifs de La Poste pour le transport de leurs publications, qui fait peser selon eux le risque de « déserts de l'information », dans une tribune communiquée vendredi à l'AFP.
« La presse est aujourd'hui plongée dans une profonde transformation sous l'effet du numérique » mais « une partie importante de nos lecteurs reste attachée au journal papier », soulignent trois organismes professionnels représentant plus de 2.500 publications, l'Apig (quotidiens), le SEPM (magazines) et le FNPS (presse spécialisée). « Plus de 2 millions d'exemplaires continuent à être livrés tous les jours », malgré un recul des ventes papier, relèvent-ils. « Cet équilibre fragile est aujourd’hui remis en cause par l'augmentation vertigineuse des coûts de distribution - et particulièrement par la perspective d'une augmentation brutale des tarifs postaux », estiment-ils dans cette tribune.
La Poste a confirmé à l'AFP une hausse de 7% des tarifs applicables au 1er janvier, une décision prise après l'avis du régulateur, l'Arcep. Selon les organisations professionnelles, « une telle décision remettrait en cause, pour nos concitoyens situés dans les zones les moins denses du territoire, la disponibilité de leur journal ou de leur magazine à un coût raisonnable ».
Ils en appellent à La Poste et également à l'Etat, au titre du service public de distribution postale de la presse. Il est prévu au projet de budget 2026 une enveloppe de 139 millions d'euros pour soutenir les réseaux de portage et le postage, soit une baisse de 10 millions d’euros par rapport à 2025. L'aide au postage doit diminuer de 6,7%.
Sollicitée par l'AFP, La Poste a indiqué avoir activé il y a près d'un an « une clause de revoyure » d'un accord de 2022 sur le transport de la presse, face au déficit de cette activité pour l'entreprise publique. Elle met en avant la « très forte inflation en 2022, 2023 et 2024 » et l'insuffisante « bascule » vers le portage. La hausse de 7% des tarifs reste cependant « très loin de résoudre la question du déficit de plus de 500 millions d'euros supporté par La Poste », relève l'entreprise. De leur côté, les organisations professionnelles affirment que « le renoncement à la distribution postale de la presse ouvre la voie aux déserts de l'information » et que « l'Etat doit ici jouer son rôle ».
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