De la fumée s'élève d'un endroit où se trouverait le quartier général du Corps des gardiens de la révolution islamique à Sarallah, au nord de Téhéran, en Iran, après avoir été pris pour cible par Israël le 23 juin 2025. Photo Elyas/Middle East Images/AFP/Getty Images
Dans une enquête en collaboration avec PBS Frontline, le Washington Post a levé le voile sur les coulisses de « l’opération Narnia », une campagne secrète menée par Israël contre des scientifiques iraniens, en amont de la guerre de juin contre Téhéran. L’enquête autour de cette opération qualifiée d'« inédite dans l'histoire », publiée mercredi par le quotidien américain, repose sur une série d’entretiens avec des responsables et ex-responsables israéliens, iraniens, arabes et américains.
À la veille du 12 juin, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait déclaré que Téhéran était en violation de ses obligations en matière de non-prolifération nucléaire. Le lendemain, à 3h21 du matin, heure locale, Israël lançait une série d'attaques aériennes d’ampleur contre l’Iran, visant notamment ses installations nucléaires. « L'opération Narnia était lancée », explique le Washington Post. Ces frappes ont entraîné ce jour-là, et durant les jours suivants, la mort de « 11 scientifiques nucléaires iraniens de haut rang », selon le quotidien.
L’Iran a rapidement riposté par des tirs de missiles et de drones contre le territoire israélien. Les hostilités, qui s'inscrivent dans le sillage du conflit de Gaza, ont duré douze jours, avant l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 24 juin. Une guerre à laquelle les États-Unis ont pris part aux côtés d'Israël, en bombardant massivement des cibles en Iran.
Si Israël a assassiné par le passé des scientifiques nucléaires iraniens, il l'avait toujours fait de manière clandestine jusque-là, rappelle le Washington Post.
L’élimination des « cerveaux » du programme nucléaire iranien
Pour l'« opération Narnia », qualifiée d'« inédite dans l'histoire » par un responsable sécuritaire israélien, les renseignements israéliens ont mis au point une liste des 100 scientifiques nucléaires iraniens les plus proéminents, avant d'aboutir à une douzaine de noms, explique le quotidien. « Ils ont dressé un dossier pour chaque individu, son travail, ses mouvements, ses logements, en se basant sur des décennies d'espionnage », écrit le journal. Plutôt que de se limiter aux infrastructures, Israël aurait privilégié l’élimination des « cerveaux » du programme nucléaire iranien, faisant référence à une génération d’ingénieurs et de physiciens qui, selon les services de renseignement israéliens et américains, jouaient un rôle-clé dans le développement potentiel d’une arme nucléaire.
« Les préparatifs pour la guerre étaient quasi prêts. Une horde d'agents au profit d'Israël se trouvaient sur le terrain en Iran, équipés de nouvelles armes sophistiquées », écrit le Washington Post. Le Mossad avait ainsi mobilisé plus de 100 agents iraniens, « entraînés en Israël et ailleurs », fournissant à certains d'entre eux des « armes spéciales à trois composantes » pour des frappes de précision contre des cibles militaires, détaille un responsable sécuritaire israélien au quotidien américain.
Mohammad Mehdi Tehranchi, un scientifique iranien expert en explosifs sanctionné par Washington pour son travail sur le nucléaire, est ainsi tué dans son appartement au sixième étage d'un immeuble à Téhéran. Deux heures plus tard, Freydoun Abbassi, scientifique nucléaire également sous sanctions américaines, est lui aussi tué par une frappe dans la capitale iranienne.
Le fils de 17 ans d'un scientifique iranien tué
Un autre scientifique iranien visé, Mohammad Reza Sedighi Saber, ne se trouvait pas chez lui à Téhéran, lorsqu'une frappe israélienne s'abat contre sa résidence. Son fils de 17 ans est, lui, tué dans l'attaque. Mais le 24 juin, lors du dernier jour de l'offensive israélienne, Saber, venu auprès de sa famille pour une cérémonie en hommage à son fils, est finalement tué dans une nouvelle frappe. Quinze autres proches perdront leur vie dans cette attaque.
Le Washington Post et le site d'investigation Bellingcat ont pu confirmer de manière indépendante que cette campagne a fait 71 victimes civiles lors de cinq frappes ciblant des scientifiques. Lors d'une de ces frappes contre un complexe résidentiel à Téhéran, un nourrisson de deux mois a été tué, ainsi que neuf autres civils.
L'opération s’inscrivait dans le cadre de l'offensive israélienne contre l'Iran, baptisée « Le lion se dresse », qui aurait permis de détruire plus de la moitié des lanceurs de missiles balistiques iraniens et se serait soldée par la neutralisation de la majeure partie des défenses aériennes du pays. Les frappes durant cette guerre auraient également, selon le média, « décapité la direction de l’armée iranienne et du Corps des gardiens de la révolution islamique ».
Malgré les déclarations des responsables israéliens affirmant chercher à limiter les pertes civiles, les conséquences humaines de cette offensive ont été lourdes. Le Washington Post précise que selon le gouvernement iranien, 1 062 personnes ont été tuées lors des frappes israéliennes, dont 276 civils. En Israël, 31 civils ont perdu la vie à la suite de tirs iraniens ayant touché des infrastructures civiles, selon le chef d’état-major du commandement du front intérieur israélien.
Pour lire l'intégralité de l'enquête du Washington Post, c'est ici


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12 h 10, le 21 décembre 2025