Des soldats soudanais défilent après avoir achevé des cours d’entraînement, dans le but de soutenir l’armée régulière soudanaise, dans la localité d’Ombada, à l’ouest d’Omdourman, le 15 décembre 2025, dans la capitale Khartoum. Photo by Ebrahim Hamid / AFP
Huit personnes ont été tuées mercredi dans une frappe de drone sur un village du sud du Soudan après avoir fui la capitale régionale Kadougli, assiégée par les paramilitaires, ont indiqué des témoins à l'AFP.
L'attaque a touché le village de Kurkal, situé à une quinzaine de kilomètres au nord de Kadougli, capitale du Kordofan-Sud encerclée depuis 18 mois par les Forces de soutien rapide (FSR), en guerre depuis plus de deux ans contre l'armée régulière qui conserve le contrôle de la ville.
« Un drone a bombardé des déplacés de Kadougli à leur arrivée au village de Kurkal » après qu'ils ont fui la ville, a indiqué à l'AFP une personne qui avait quitté Kadougli avec eux. Lui et un autre témoin, qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, ont dit avoir ensuite vu huit cadavres de femmes.
Depuis la prise du dernier bastion de l'armée dans la région du Darfour, dans l'ouest du pays, les FSR ont recentré leurs opérations sur celle du Kordofan, vaste territoire voisin qui compte trois Etats riches en pétrole, en or et en terres fertiles.
Cette zone fait la jonction entre les territoires tenus par l'armée dans le nord, l'est et le centre, et le Darfour. Le réseau de communication est coupé à Kadougli et l'accès internet y est limité. En novembre, l'ONU a confirmé un état de famine dans cette ville. Selon des témoignages recueillis par l'AFP, nombre d'habitants de la ville sont réduits à se nourrir de produits trouvés dans la forêt.
La situation humanitaire dans la ville est « extrêmement mauvaise », a déclaré à l'AFP une source du Programme alimentaire mondial (PAM), soulignant que de nombreux habitants tentent de la quitter, mais que les conditions de sécurité rendent ces départs périlleux. Entre lundi et mardi, 460 personnes ont quitté Kadougli en raison d'une insécurité accrue, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Quelque 1.850 déplacés du Kordofan-Sud --majoritairement des femmes et des enfants-- sont arrivées ces dix derniers jours dans l'État voisin du Nil Blanc, contrôlé par l'armée, après avoir « fui les attaques des FSR contre des zones civiles », a indiqué mercredi un responsable local.
La guerre, qui a éclaté en avril 2023, a fait plusieurs dizaines de milliers de morts, des millions de déplacés et provoqué « la pire crise humanitaire au monde », selon l'ONU.


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