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Moyen-Orient - Dans La Presse

Cours d'ophtalmologie, luxe, demande de permissions : la vie recluse d'Assad, devenu l'« insignifiant » de Poutine

Exclu des cercles d'élite syrien et russe, l'ancien dictateur tombé le 8 décembre 2024, a gardé « très peu, voire aucun, contact avec le monde extérieur », selon une source au « Guardian ».

Cours d'ophtalmologie, luxe, demande de permissions : la vie recluse d'Assad, devenu l'« insignifiant » de Poutine

L'ancien président syrien, Bachar el-Assad, le 15 janvier 2015. SANA/AFP

Il faut imaginer une vie recluse, faite de plaisirs décomplexés et de luxe, à l’abri des regards dans l’ultra-prestigieux district de la Rublyovka de Moscou. C’est dans cette zone résidentielle regroupant plusieurs villages habités par l’élite russe que l’ancien président syrien Bachar el-Assad et sa famille couleraient des jours heureux, un an après la chute du régime, selon des sources au fait de la situation et interrogées par le quotidien britannique The Guardian. Ils y côtoieraient notamment des personnalités comme l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, qui a fui Kiev en 2014 et qui vivrait dans la région.

Mais au-delà de ces quelques fréquentations, l’ancien dictateur est désormais coupé des cercles d’élite russes qu’il fréquentait lorsqu’il était au pouvoir, et pour lesquels il est désormais « insignifiant », selon une source proche du Kremlin. Devenu un allié encombrant aux yeux de Vladimir Poutine, il ne serait même plus une « figure intéressante à inviter à dîner », poursuit la source, avant de conclure : « Poutine a peu de patience pour les dirigeants qui perdent le pouvoir.»

Isolé du monde extérieur

Au sein des cercles syriens, la situation n’est pas différente. Alors qu’on lui reproche d’avoir fui la Syrie le 8 décembre 2024, laissant ses proches voués à leur propre sort, le boucher de Damas n’a gardé que « très peu, voire aucun, contact avec le monde extérieur. Il a maintenu des liens avec quelques personnes qui travaillaient dans son palais, comme Mansour Azzam (ancien ministre syrien des Affaires présidentielles) et Yassar Ibrahim (le principal conseiller économique d’Assad) », confie un ami de la famille. Un proche de son frère, Maher al-Assad, a d’ailleurs raconté qu’au moment de la chute du régime, « Maher appelait Bachar depuis des jours, mais ce dernier ne répondait pas. C'est Maher, et non Bachar, qui a aidé les autres à s'échapper. Bachar ne pensait qu'à lui. »

Pour ne pas chômer, le dirigeant déchu serait de retour sur les bancs de la fac, et suivrait des cours d’ophtalmologie, discipline dans laquelle il s’était spécialisé au Royaume-Uni dans les années 1990, avant la mort de son père Hafez el-Assad et son accession à la tête de la Syrie. Des leçons auxquelles il s’adonne « par passion », affirme un ami de la famille au Gardian. S’il n’a « évidemment pas besoin d’argent », la source conjecture néanmoins que l’élite moscovite pourrait être sa clientèle cible.

Les Assad ne manquent en effet pas d’argent, malgré les nombreuses sanctions occidentales imposées par les pays occidentaux à partir du début de la guerre en 2011, la famille ayant envoyé et placé une grande partie de sa fortune à Moscou, notamment via de nombreuses acquisitions immobilières.

Shopping de luxe, salles de sport huppées et voyages aux Émirats

Les enfants du couple, Hafez, Zein et Karim, « sont un peu hébétés », et « encore sous le choc ». « Ils essaient tout juste de s’habituer à la vie sans être la famille présidentielle », confie l’ami de la famille. En compagnie de leur mère, ils passent une grande partie de leur temps à faire du shopping, remplissant leur nouvelle maison russe d'articles de luxe, selon une source proche de la famille, et se rendent fréquemment aux Émirats arabes unis. Des données divulguées révèlent que Zein al-Assad achète régulièrement des vêtements haut-de-gamme, est inscrite dans un salon de pédicure chic et membre d'une salle de sport huppée à Moscou, poursuit The Guardian.

Ils ont été aperçus ensemble pour la dernière fois (avec leur mère mais sans leur père), lors de la cérémonie de remise de diplômes de l’université MGIMO, fréquentée par une grande partie de la classe dirigeante russe et où Zein, 22 ans, a terminé un cursus en relations internationales. Ils ne seraient pas resté longtemps et auraient évité de monter sur l’estrade pour prendre des photos, selon des camarades de classe de la jeune femme.

Malgré une nouvelle vie menée dans l’opulence, la famille doit en effet désormais faire profil bas. L’aîné, Hafez, a supprimé ses réseaux sociaux et s’est enregistré sous un pseudonyme après une vidéo filmée dans les rues de Moscou et postée sur Telegram ayant permis à des Syriens de le géolocaliser. Surtout, Bachar el-Assad n’est plus tout à fait libre : l’ancien président syrien, qui a programmé des interviews avec la chaîne RT et un podcasteur américain, attend toujours la permission des autorités russes pour s’exprimer en public, mais celles-ci semblent catégoriques dans leur refus de le laisser s’engager dans quelconque activité médiatique ou politique.

Il faut imaginer une vie recluse, faite de plaisirs décomplexés et de luxe, à l’abri des regards dans l’ultra-prestigieux district de la Rublyovka de Moscou. C’est dans cette zone résidentielle regroupant plusieurs villages habités par l’élite russe que l’ancien président syrien Bachar el-Assad et sa famille couleraient des jours heureux, un an après la chute du régime, selon des sources au fait de la situation et interrogées par le quotidien britannique The Guardian. Ils y côtoieraient notamment des personnalités comme l'ancien président ukrainien Viktor Ianoukovitch, qui a fui Kiev en 2014 et qui vivrait dans la région.Mais au-delà de ces quelques fréquentations, l’ancien dictateur est désormais coupé des cercles d’élite russes qu’il fréquentait lorsqu’il était au pouvoir, et pour lesquels il...
commentaires (4)

Ah le temps où la rose du dessert était dans sa très brève splendeur!

Zampano

04 h 20, le 17 décembre 2025

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Commentaires (4)

  • Ah le temps où la rose du dessert était dans sa très brève splendeur!

    Zampano

    04 h 20, le 17 décembre 2025

  • Un petit the au 'novichok-(guzel)'

    Cadmos

    22 h 19, le 16 décembre 2025

  • Comment Poutine va-t-il se débarrasser de l'insignifiant ? à suivre

    nabil

    17 h 13, le 16 décembre 2025

  • Une retraite dorée mais non méritée pour le charcutier alaouite. Que de frères d'armes libanais pleurent sa fuite, que d'orphelins libanais en sanglots lors du décès d' Assad le père, l'autre alaouite qui a régné des décennies sur la Syrie et le Liban. Leur puissance s'explique tout simplement par la faiblesse et la division de leurs adversaires, tant libanais que Syrien.

    nabil

    17 h 09, le 16 décembre 2025

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