Une photographie aérienne montre des personnes célébrant le premier anniversaire de la chute du régime de Bachar el-Assad, sur la place des Omeyyades, à Damas, le 8 décembre 2025. Photo Bakr al-Kassem/AFP
Les autorités syriennes ont arrêté un journaliste syro-américain, Eyad Charbaji, accusé d'avoir « provoqué des tensions confessionnelles » à la suite d'une publication sur Facebook, ont indiqué sa famille et une association de journalistes lundi.
Le journaliste, qui réside aux États-Unis, était opposé au pouvoir de Bachar el-Assad, mais ne ménage pas non plus ses critiques à l'égard du nouveau pouvoir d'Ahmad el-Chareh l'ayant renversé il y a un an.
« Eyad a été arrêté dimanche et nous sommes depuis sans nouvelles », a déclaré à l'AFP un membre de sa famille qui a requis l'anonymat.
Les autorités syriennes n'ont pas commenté.
M. Charbaji avait indiqué avoir été informé, à son arrivée à Damas le 7 décembre, qu'une plainte avait été déposée contre lui par un avocat l'accusant de « provoquer des tensions confessionnelles ».
Il s'était rendu dimanche au siège des investigations criminelles à Damas, les autorités lui ayant demandé de le faire avant son départ de Syrie.
Une association de journalistes syriens a indiqué dans un communiqué qu'il était poursuivi en raison d'une vidéo sur Facebook critiquant « la nouvelle génération d'Idleb ».
Il y a environ cinq mois, M. Charbaji, qui travaille au bureau de la chaîne al-Jazeera à Washington selon sa famille, avait dans cette vidéo critiqué « la génération qui a grandi à Idleb dans une atmosphère confessionnelle sunnite ».
La coalition de rebelles islamistes qui a renversé Assad est partie d'Idleb (nord-ouest), qui était la dernière enclave rebelle en Syrie.
Les critiques du journaliste à l'égard des nouvelles autorités lui ont valu des messages haineux sur les réseaux sociaux, incluant des menaces de mort.
Lors de sa visite à Damas, le journaliste avait participé à la principale émission de débats à la télévision officielle syrienne.
Il avait aussi posté des vidéos critiquant les autorités après les célébrations du premier anniversaire de la chute d'Assad.
« Je n'ai pas senti que c'était l'armée de mon pays, beaucoup de slogans religieux et des chants jihadistes », avait-il commenté après le défilé militaire organisé le 8 décembre à Damas.
L'Association des journalistes syriens a appelé à « préserver la liberté d'expression et protéger les journalistes contre les poursuites liées à leurs opinions professionnelles ».
« La détention d'un journaliste, même pour un jour, constitue une arrestation effective », a souligné l'avocat et militant des droits humains Michel Chamas sur Facebook.
Le journaliste Hazem Dakel, un ami de M. Charbaji, a estimé sur Facebook que « les accusations vagues de ''menace à la paix civile'' et ''d'incitation au sectarisme'' sont utilisées comme des outils d'intimidation ».
La presse était entièrement muselée pendant des décennies sous la dictature d'Assad et une loi sur les crimes informatiques restreignant les libertés est toujours en vigueur.


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