Rechercher
Rechercher

Politique - Diplomatie

Les autorités libanaises agissent en « position d'infériorité » avec la Syrie, critique Bassil

La nomination de Simon Karam a donné du répit au Liban, mais n'a pas désamorcé le risque d'une nouvelle offensive israélienne, estime le chef du CPL.

Les autorités libanaises agissent en « position d'infériorité » avec la Syrie, critique Bassil

Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, lors d'un dîner dans la région de Baabda, le 11 décembre 2025. Photo Facebook / @tayyar.org

Fort de son rôle d'opposant et toujours dans la ligne de ses critiques et craintes concernant le nouveau régime en Syrie, le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil a taclé dans un entretien télévisé diffusé jeudi soir les autorités libanaises, auxquelles il a reproché le manque de fermeté dans les discussions avec Damas. L'interview sur la chaîne Russia Today a été diffusé au lendemain de la visite d'une délégation judiciaire libanaise en Syrie, pour traiter le dossier des prisonniers syriens au Liban et au cours de laquelle la position de Beyrouth aurait déçu les Syriens, faisant craindre quelques tensions diplomatiques.

Pour M. Bassil, les autorités sont « soumises, négligentes et elles agissent en position d'infériorité dans toutes leurs relations avec la Syrie. » Il a fustigé une « concession » faite par le gouvernement de Nawaf Salam en acceptant « le simple fait » de négocier sur la question des détenus syriens. « « Les prisonniers ayant tué, kidnappé ou attaqué des soldats de l’armée ne doivent pas faire l’objet d’un marchandage », a-t-il lancé. La Syrie veut accélérer la libération des milliers de Syriens dans les prisons libanaises surpeuplées, alors que certains n'ont jamais été jugés. Mais le Liban insiste à respecter le cadre légal défini par le ministre de la Justice Adel Nassar : tous ceux qui sont accusés de crimes de « terrorisme », de viol ou d'attaques contre l’armée ne seront pas transférés en Syrie. Une prise de position tranchée qui semble avoir « déçu » les Syriens, selon une source gouvernementale libanaise à L’Orient-Le Jour.

Le « silence » des autorités face aux célébrations tendues pour la chute d'Assad

Concernant également la Syrie, le député de Batroun, connu pour ses virulentes sorties contre les réfugiés et migrants syriens, a dénoncé les célébrations qui ont eu lieu lundi pour le premier anniversaire de la chute le 8 décembre 2024 du régime de Bachar el-Assad, après une offensive éclair de groupes rebelles jihadistes emmenés par le nouveau président syrien, Ahmad el-Chareh, alors connu sous le nom de Mohammad al-Jolani. Évoquant le « débarquement » d'une « armée », il a estimé que les scènes de liesse observées, marquées en soirée par des tensions avec l'armée à Beyrouth et des heurts avec des partisans du tandem chiite à Saïda (Sud), « auraient pu mener à la discorde. » Et de condamner une fois de plus le « silence » du gouvernement face à ces tensions et réclamer le rapatriement « immédiat » des réfugiés et migrants en Syrie, leitmotiv du chef du CPL et des responsables aounistes depuis des années.

Depuis la chute du régime Assad, près de 400 000 réfugiés et migrants syriens ont regagné leur pays depuis le Liban, selon des chiffres publiés le 4 décembre par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Des centaines d'entre eux sont notamment rentrés via des rapatriements organisés par la Sûreté générale, avec des organisations internationales, qui permettent aux rapatriés de recevoir une aide de 100 dollars ainsi qu’une exemption des amendes en cas de séjour irrégulier.

Gebran Bassil a encore critiqué une déclaration faite dimanche à Doha par l'émissaire américain en Syrie Tom Barrack, qui a estimé qu'il fallait « réunir le Liban et la Syrie », sans s'attarder sur la question, et qui faisait écho à d'autres propos polémiques de l'été dernier concernant un retour au Bilad el-Cham.
« Certains vivent dans l’idée d’annexer le Liban à la Syrie, cette impulsion a également existé chez certains Syriens à travers l’histoire, ainsi qu'au Liban ». Mais se prévalant de « l'idée de liberté, souveraineté et indépendance, nous ne pouvons accepter ce discours, qu'il provienne de source américaine, européenne, arabe, syrienne ou libanaise. »

Le Hezbollah « n'est plus en mesure de protéger le Liban »

Le chef du CPL s'est en outre penché sur la question du désarmement du Hezbollah, estimant que ce dernier, un ancien allié avec qui les ponts ont été coupés, « doit reconnaître qu’il n’est plus en mesure de protéger le Liban, car sa formule de dissuasion n’existe plus ». Le parti chiite est sorti lourdement affaibli de l'offensive israélienne de grande envergure de l'automne dernier, au cours de laquelle il a perdu une partie de son arsenal, et surtout son chef emblématique, Hassan Nasrallah. Il a reproché au tandem chiite son manque « d'honnêteté avec le peuple et le gouvernement » en n'établissant pas clairement ce qu'il compte faire de ses armes. Le parti chiite doit être désarmé dans tout le pays dans le cadre de la résolution 1701 de l'ONU (2006) qui sert de base à l'accord de cessez-le-feu de novembre 2024. S'il accepte que l'armée démantèle son arsenal dans le Sud, il refuse jusqu'à présent catégoriquement de le faire à l'échelle de tout le pays.

Une position qui pousse Israël à reprocher au gouvernement de Beyrouth la lenteur du désarmement et à agiter la menace d'une nouvelle offensive. À ce sujet, Gebran Bassil a estimé que la nomination de Simon Karam, un diplomate civil, pour négocier avec Israël dans le cadre du comité de surveillance du cessez-le-feu, a permis de gagner du temps jusqu'à la fin de l'année », sans pour autant désamorcer une éventuelle guerre. Celle-ci, si elle a lieu, « sera d'un autre type », a-t-il pressenti.

Fort de son rôle d'opposant et toujours dans la ligne de ses critiques et craintes concernant le nouveau régime en Syrie, le chef du Courant patriotique libre Gebran Bassil a taclé dans un entretien télévisé diffusé jeudi soir les autorités libanaises, auxquelles il a reproché le manque de fermeté dans les discussions avec Damas. L'interview sur la chaîne Russia Today a été diffusé au lendemain de la visite d'une délégation judiciaire libanaise en Syrie, pour traiter le dossier des prisonniers syriens au Liban et au cours de laquelle la position de Beyrouth aurait déçu les Syriens, faisant craindre quelques tensions diplomatiques.Pour M. Bassil, les autorités sont « soumises, négligentes et elles agissent en position d'infériorité dans toutes leurs relations avec la Syrie. » Il a fustigé une «...
commentaires (4)

Malgré mes efforts, je n’ai pas pu lire l’article. Je ne sais donc pas ce qu’a déclaré ce monsieur. Mais d’après le titre, je suppose que comme d’habitude rien de ce que font les autres ne le satisfait. Il détient seul les clés de la sagesse. Du temps de cher son beau-père on l’avait surnommé le président de l’ombre. Et on voit combien son mandat a été une éclatante réussite.

Goraieb Nada

07 h 30, le 14 décembre 2025

Commenter Tous les commentaires

Commentaires (4)

  • Malgré mes efforts, je n’ai pas pu lire l’article. Je ne sais donc pas ce qu’a déclaré ce monsieur. Mais d’après le titre, je suppose que comme d’habitude rien de ce que font les autres ne le satisfait. Il détient seul les clés de la sagesse. Du temps de cher son beau-père on l’avait surnommé le président de l’ombre. Et on voit combien son mandat a été une éclatante réussite.

    Goraieb Nada

    07 h 30, le 14 décembre 2025

  • La rhétorique d’un homme d’Etat

    Hitti arlette

    17 h 19, le 12 décembre 2025

  • "Position d'infériorité... "??? venant de celui qui avait consenti au statut de pantin ...

    Wlek Sanferlou

    15 h 07, le 12 décembre 2025

  • On n’a pas besoin de lire ses insanités pour comprendre de quel côté il était en remuant vers la Syrie auprès de celui qui a détruit notre pays pour quémander son soutien afin d’occuper le fauteuil qui lui a été refusée par ses alliés de toujours. Bien sûr qu’il va critiquer tout ce qui va vers le sauvetage du pays, il croit encore en sa chance de trôner un jour, même pour quelques jours. Ma fachar!

    Sissi zayyat

    12 h 22, le 12 décembre 2025

Retour en haut