Les députés de la commisison des Finances réunis pour l'examen du budget au Parlement à Beyrouth le 10 décembre 2025. Photo Ani
Le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah, a déclaré que la commission parlementaire des Finances avait alloué des crédits supplémentaires aux budgets du Conseil du développement et de la reconstruction, du Conseil du Sud et de la Haute Autorité pour l’aide, afin de financer les projets liés à la reconstruction des zones détruites par les bombardements israéliens dans le projet de budget 2026 actuellement à l’étude. Le ministre des Finances Yassine Jaber a participé à la réunion. Initialement approuvé par le Conseil des ministres en septembre puis transmis au Parlement pour vote, le texte n’incluait aucune ligne spécifique pour la reconstruction ou la réhabilitation des habitations et infrastructures détruites.
« Nous avons envoyé un message depuis le Parlement aux citoyens, et en particulier aux habitants du Sud, de la Békaa-Ouest, de la banlieue sud de Beyrouth, de Baalbeck-Hermel et de Zahlé, ainsi qu’à tous ceux touchés par l’agression israélienne (...) l’État doit assumer ses responsabilités », a déclaré le député. Il a ajouté que les crédits, dont il n’a pas dévoilé le montant, suffisent pour financer les projets les plus « essentiels », citant notamment « l’hébergement ou les questions urgentes ».
S’exprimant également à l’issue de la réunion, le député Ibrahim Kanaan a expliqué qu’« un mécanisme d’allocation a été adopté concernant l’hébergement et la rénovation, avec le transfert d’une somme modeste à partir des réserves budgétaires (les montants non alloués prévus dans le texte pour financer certaines urgences en cours d’année), en tant que signe positif de l’État libanais envers notre peuple, dans le cadre du budget et sans aucune augmentation des dépenses publiques ».
Il a ajouté que « le budget du Conseil suprême de la défense et de la Direction générale de la sécurité d’État a également été approuvé », ajoutant qu’il espérait que la commission termine son examen début janvier. Le Parlement aura alors jusqu’à la fin du même mois pour voter le texte. Faute de vote, le gouvernement pourra le promulguer par décret dans la forme où il l’a transmis au Parlement, donc sans les crédits nouvellement alloués à la reconstruction.
« Le gouvernement ne peut rester passif »
Dans un rapport publié l’hiver dernier, la Banque mondiale avait évalué à environ 14 milliards de dollars le coût total des dégâts et des pertes subis par le Liban pendant la guerre entre Israël et le Hezbollah. « Le projet de reconstruction nécessite des montants importants, mais le gouvernement ne peut rester passif en attendant que les fonds viennent de l’étranger. Nous accueillons favorablement toute aide apportée au Liban, tant qu’elle est inconditionnelle et non politisée pour la reconstruction, mais en même temps l’État libanais a une responsabilité envers son peuple », a encore déclaré Hassan Fadlallah. « Le gouvernement doit accomplir ce qui est nécessaire pour adopter le décret réglementant la remise en état et la reconstruction (...) Nous espérons qu’il sera approuvé lors de la prochaine session afin que chacun connaisse ses droits et devoirs », a abondé le député Amal, Ali Hassan Khalil. Le Parlement, présidé par le chef du mouvement Amal, Nabih Berry, ne s’est, de son côté, toujours pas réuni pour adopter plusieurs prêts accordés par la Banque mondiale.
L’organisation a récemment confirmé à L’Orient-Le Jour le report des discussions sur deux autres prêts qu’elle envisageait d’accorder au Liban pour des projets sociaux, pour un montant cumulé de 300 millions de dollars, assurant qu’elle est en train de « travailler avec les autorités libanaises afin de faciliter l’approbation rapide » des projets en suspens. Début novembre, le ministre des Finances, Yassine Jaber, avait déclaré que le retard dans l’approbation par le Parlement du prêt « suscite des inquiétudes quant à son éventuelle annulation ».

