Le Pape Leo XIV lors de l'audience générale hebdomadaire sur la place Saint-Pierre au Vatican, le 10 décembre 2025. Photo Tiziana Fabi / AFP
Le pape Léon XIV a plaidé mercredi pour un christianisme social devant des députés européens ultraconservateurs, les invitant à ne pas rester « bloqués dans une époque révolue », tout en valorisant les racines judéo-chrétiennes de l'Europe.
L'identité européenne « ne peut être comprise et promue qu'en référence à ses racines judéo-chrétiennes », a déclaré le pape américain dans un discours au Vatican devant des membre du groupe des Conservateurs et réformistes européens au Parlement (CRE).
Rassemblant environ 80 députés européens originaires de 18 pays, ce dernier promeut un conservatisme national‑conservateur modéré, des positions strictes sur l'immigration et un conservatisme sociétal marqué. Ce groupe eurosceptique inclut notamment le parti Fratelli d'Italia de la Première ministre italienne Giorgia Meloni (extrême droite) et le parti nationaliste polonais Droit et justice (PIS), tout comme la formation Identité-Libertés de l'eurodéputée française Marion Maréchal.
Devant ces parlementaires, Léon XIV a réaffirmé le « lien intrinsèque entre le christianisme et l'histoire européenne », rappelant la contribution des « membres des communautés chrétiennes » à la « société européenne », de l'art à la musique en passant par les progrès scientifiques. Fidèle à sa fibre sociale, le chef de l'Eglise catholique a néanmoins lié cet héritage chrétien à une invitation à « répondre aux défis lancés par la pauvreté, l’exclusion sociale, la précarité économique, ainsi que par la crise climatique, la violence et la guerre ».
« Veiller à ce que la voix de l’Eglise, notamment à travers sa doctrine sociale, continue de se faire entendre, ne consiste pas à restaurer une époque révolue mais à garantir la préservation des ressources essentielles à la coopération et à l’intégration futures », a-t-il insisté.
Ces déclarations peuvent être lues comme une manière d'orienter le débat vers l'inclusion et la responsabilité sociale, l'éloignant ainsi du terrain identitaire prôné par le groupe CRE.
Dans une série de publications sur X, ce dernier avait appelé mardi à « maintenir vivante la flamme chrétienne en Europe » au risque de la voir se transformer en « un musée sans avenir ». Contacté par l'AFP, le groupe n'a pas réagi dans l'immédiat aux propos du pape.


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