Des partisans yéménites du Conseil de transition du Sud (STC), soutenu par les Émirats arabes unis et qui revendique la restauration d’un Yémen du Sud indépendant, brandissent l’ancien drapeau sud-yéménite lors d’un rassemblement sur la place Al-Aroud, pour réclamer une « deuxième indépendance », dans la ville portuaire d’Aden, le 8 décembre 2025. Photo Saleh el-Obeidi / AFP
Le secrétaire général de l'ONU a dénoncé mardi le renvoi devant un tribunal spécial houthi d'un « certain nombre » des 59 employés des Nations unies détenus « arbitrairement » par les rebelles yéménites.
Antonio Guterres « condamne le renvoi par les autorités de facto houthies d'employés des Nations unies devant leur tribunal criminel spécial », a déclaré son porte-parole Stéphane Dujarric, précisant que cela concernait "un certain nombre" des 59 employés de l'ONU détenus, certains depuis plusieurs années. « Nous appelons les autorités de facto à annuler ce renvoi et à travailler en toute bonne foi pour la libération immédiate de tous les employés de l'ONU, d'ONG et de la communauté diplomatique », a-t-il ajouté.
À ce jour, 59 employés de l'ONU, tous de nationalité yéménite, sont détenus, sans aucun contact avec l'extérieur, après plusieurs vagues d'arrestations menées ces dernières années par les rebelles soutenus par l'Iran.
Les houthis ont notamment mis en avant des accusations d'espionnage au profit des États-Unis et d'Israël, accusations rejetées par l'ONU qui insiste sur le fait que ses employés ne peuvent être poursuivis sur la base de leurs activités officielles.
Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme Volker Türk a de son côté dans un communiqué évoqué la présentation devant le tribunal spécial houthi d'un de ses collègues, en vertu d' « accusations mensongères d'espionnage ». « C'est totalement inacceptable et une violation grave des droits humains », a-t-il insisté, réclamant une nouvelle fois la libération immédiate de tous les employés de l'ONU et des autres organisations.
Les houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa et de larges pans du Yémen, utilisent depuis des années leur système judiciaire comme outil de répression contre des ONG, journalistes ou opposants.
En novembre, 17 personnes avaient été condamnées à mort par un tribunal houthi pour espionnage au profit notamment d'Israël, des États-Unis et de l'Arabie saoudite, avait rapporté alors un média officiel des rebelles, sans identifier les condamnés.


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