Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, lors d’une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand Friedrich Merz (hors champ), à Jérusalem, le 7 décembre 2025. Photo Ariel Schalit / POOL / AFP
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié mardi de « fake news » les informations publiées lundi par le quotidien panarabe al-Chark al-Awsat, selon lesquelles « il aurait refusé de signer » un accord de sécurité avec la Syrie en septembre dernier.
« Ce rapport est de la pure fake news », a déclaré son bureau, rapportent les médias israéliens. « Il y a bien eu des contacts et des réunions sous l’égide des États-Unis, mais les discussions n’ont jamais atteint le stade d’accords ou d’ententes avec la Syrie », a-t-il ajouté.
Selon al-Chark al-Awsat, la Syrie se tourne à nouveau vers les États-Unis pour établir un accord sécuritaire avec Israël, suite au « refus initial » de l’État hébreu. « La médiation américaine entre Damas et Tel-Aviv avait permis aux deux parties de parvenir à un accord de sécurité écrit, qui devait être signé en marge des réunions de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre dernier, auxquelles (le président syrien) Ahmed el-Chareh a participé, mais que Netanyahu a refusé de signer », poursuit le quotidien, citant des sources « bien informées » ayant requis l’anonymat.
Citant plusieurs sources proches des discussions, l'agence Reuters avait rapporté fin septembre que les efforts visant à conclure un pacte de sécurité entre les deux pays avaient buté « à la dernière minute » sur l’exigence d’Israël d'ouvrir un « corridor humanitaire » vers la province méridionale syrienne de Soueida. L’État hébreu, qui compte une minorité druze de 120 000 personnes dont les hommes servent dans son armée, a affirmé à maintes reprises qu’il protégerait cette communauté, présente notamment en Syrie à Soueida, et a conduit des frappes militaires en Syrie sous prétexte de la défendre.
La Syrie souhaite pour sa part obtenir à travers un accord le retrait de l'armée israélienne des positions occupées dans la zone tampon démilitarisée du Golan, à la suite du renversement de Bachar el-Assad, le 8 décembre 2024, en violation de l'accord de désengagement conclu avec en 1974 entre les deux pays. Au cours d’un entretien samedi en marge de sa participation au Forum de Doha, Ahmed el-Chareh a souligné que tous les acteurs internationaux soutiennent la demande de Damas « de voir Israël se retirer et revenir à la situation d’avant le 8 décembre », alors que l’État hébreu continue de mener des opérations militaires à l'est du Golan occupé, dont une le 28 novembre, à Beit Jinn, à l’extrême sud du gouvernorat de Damas, a fait 13 morts. Mardi, une autre attaque dans la région de Kuneitra a fait trois blessés. « Des négociations sont en cours et les États-Unis y sont engagés avec nous (...) pour répondre aux préoccupations sécuritaires légitimes et afin que les deux parties se retrouvent dans une situation de sécurité », avait-il également dit, avant d'ajouter non sans ironie : « C’est la Syrie qui subit les attaques israéliennes… alors qui devrait demander en premier une zone tampon et un retrait ? »



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