Le ministre libanais des Affaires étrangères, Joe Raggi, recevant l'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, à Beyrouth, le 8 décembre 2025. Photo @YoussefRaggi / X
L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, a affirmé lundi que des « contacts » sont actuellement en cours pour organiser une nouvelle visite du commandant en chef de l'armée, Rodolphe Haykal, à Washington, signe d'un apaisement des États-Unis après les premières négociations incluant un civil au sein du « mécanisme » entre Beyrouth et Tel-Aviv.
Avant cette décision concernant les pourparlers libano-israéliens, l'administration de Donald Trump avait accusé l'armée libanaise de tergiverser pour désarmer le Hezbollah, l'une des modalités de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024. Pour mettre la pression sur les autorités pour un désarmement plus rapide, des rendez-vous prévus par Rodolphe Haykal à Washington avaient été annulés par l'administration américaine. Toutefois, selon M. Issa, qui s'exprimait après une réunion avec le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, « des contacts sont en cours pour le retour du commandant de l'armée à Washington ». Il s'est dit convaincu, selon des propos rapportés par l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), que « la visite aura lieu », tout en soulignant qu'il n'y a encore « rien de définitif. »
La pression sur Beyrouth semble être un peu retombée depuis la nomination le 3 décembre dernier de l'avocat et ex-ambassadeur Simon Karam au sein du comité de supervision de l'application de l'accord de cessez-le-feu, tandis que les Israéliens ont également nommé un représentant. Ces deux civils ont participé le même jour à une réunion du « mécanisme », avec l'émissaire américain Morgan Ortagus, les États-Unis présidant ce comité de surveillance du cessez-le-feu, et des représentants militaires des deux pays, ainsi que français et de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul). Israël a malgré tout continué de frapper le Liban-Sud, notamment jeudi après des appels à évacuer quatre villages, dont l'un au nord du Litani, disant y viser des infrastructures du Hezbollah.
« Pas d'infos » sur la déclaration de Barrack concernant le Liban et la Syrie
Concernant ce nouveau format pour les réunions du mécanisme, l'ambassadeur Issa, qui avait déjà salué la semaine dernière la décision libanaise, a affirmé qu'il « ne s'attendait pas à la paix dès la première réunion. » « Les parties doivent se rencontrer et ensuite présenter leurs propositions », a-t-il dit.
Le diplomate a en outre répondu à une question concernant une phrase lancée la veille par l'émissaire américain en Syrie, Tom Barrack, qui avait affirmé qu'il fallait « réunir » le Liban et la Syrie et les « aligner ». Michel Issa a déclaré n'avoir « aucune information » à ce sujet.
Lors d'une table ronde sur la Syrie au forum de Doha, M. Barrack a fait dimanche cette déclaration qui n'était pas sans rappeler la polémique qu'il avait lancée en juillet lorsqu’il avait affirmé que « si le Liban ne bouge pas, il retournera au Bilad al-Cham », en référence au terme géographique historique de la Grande Syrie, qui englobait la Syrie actuelle et les pays voisins. Malgré un rapprochement déjà observé entre Beyrouth et Damas, marqué par de nombreuses réunions officielles de haut niveau, notamment entre le président syrien Ahmad el-Chareh et le Premier ministre Nawaf Salam samedi à Doha, plusieurs dossiers restent en suspens entre les deux pays, comme la question de la délimitation de la frontière ou le sort des détenus syriens dans les prisons libanaises.



Haykal a intérêt à avoir dans sa besace plein de résultats concluants de la labeur de l’armée depuis un an, pour éviter les humiliations et les affres du cynique Trump qui n’en loupe pas une pour faire son show publiquement en se faisant passer pour le sauveur du monde. Sinon il devrait décliner l’invitation.
11 h 31, le 09 décembre 2025