Le président Joseph Aoun (à gauche) recevant à Baabda l’ambassadeur de Russie au Liban, Alexander Rudakov (au centre), le 8 décembre 2025. Photo ANI
L’ambassadeur de Russie au Liban, Alexandre Rudakov, a transmis lundi au président Joseph Aoun le soutien de Moscou à la décision des autorités libanaises de négocier avec Israël par l’intermédiaire du comité dit du « mécanisme » de surveillance du cessez-le-feu, au sein duquel un civil a été nommé mercredi dernier.
Le 3 décembre dernier, des représentants civils du Liban et d’Israël avaient participé à une réunion du comité de suivi de la trêve dans le sud du Liban, le « mécanisme », marquant ainsi les premiers pourparlers directs entre les deux pays depuis plus de quarante ans. Avant la rencontre, la présidence avait annoncé la désignation de l’avocat et ancien ambassadeur du Liban à Washington au début des années 1990, Simon Karam, comme représentant du Liban au sein de ce comité.
C'est dans ce cadre que M. Rudakov a exprimé à Joseph Aoun le soutien de Moscou aux « positions du Liban concernant les derniers développements, en particulier la question des négociations via le comité du mécanisme ». Il a encore affirmé la volonté de son pays de « renforcer les relations entre les deux pays », rapporte le palais de Baabda.
Le « mécanisme » mis en place dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu afin de traiter les plaintes et violations de la trêve, comprenait initialement des représentants militaires des deux pays toujours en guerre, ainsi que des Etats-Unis, qui président le comité, de la France et de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul). Le cessez-le-feu, entré en vigueur le 27 novembre 2024, est toutefois violé quasiment quotidiennement par Israël. Plus de 12 000 infractions israéliennes ont été signalées au cours de l'année écoulée, avec un bilan, côté libanais, qui dépasse les 350 morts, dont plus d'une centaine de civils. L'armée israélienne dit cibler des mouvements et combattants du Hezbollah, qui doit dans le cadre de l'accord être désarmé dans tout le pays. Si le parti chiite accepte de remettre son arsenal dans la zone au sud du Litani, où l'armée a commencé sa mission de démantèlement des infrastructures du parti, il refuse catégoriquement de le faire dans le reste du pays.
L’élargissement du comité pour y inclure des civils avait été suggéré par l’émissaire américaine Morgan Ortagus, une proposition qui a reçu un soutien de principe de la part de diverses composantes du pouvoir au Liban. Toutefois, la décision présidentielle, prise après consultation avec le Premier ministre et le président du Parlement, a été critiquée par le secrétaire général du Hezbollah, Naim Kassem, qui y a vu une « concession gratuite » faite à Israël.


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