Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez reçoit à Madrid son homologue marocain Aziz Akhannouch, le 4 décembre 2025. Photo Reuters
Espagne et Maroc ont signé jeudi à Madrid 14 accords de coopération lors d'une rencontre présidée par les Premiers ministres Pedro Sánchez et Aziz Akhannouch, nouvelle illustration des « excellentes » relations entre les deux pays depuis que Madrid soutient la solution marocaine au Sahara occidental.
Cette rencontre entre les chefs de gouvernement espagnol et marocain, durant laquelle ils ont abordé « l'excellent état des relations bilatérales » selon un communiqué du gouvernement espagnol, était la 13e réunion de « haut niveau » de ce type. A son issue, une « déclaration conjointe a été adoptée, réaffirmant la volonté des deux pays de renforcer le dialogue politique », a poursuivi le gouvernement espagnol dans un communiqué. « Quatorze accords de coopération dans les domaines de la transformation numérique et de la modernisation des administrations publiques, du sport, de la culture et de l'éducation, de la prévention des catastrophes naturelles, de l'agriculture et de la pêche » ont aussi été paraphés, a-t-on précisé de même source.
Le Premier ministre espagnol a également souligné les « opportunités économiques, culturelles et sociales » que représentait la Coupe du Monde de Football 2030, organisé pour l'essentiel entre le Maroc, l'Espagne et le Portugal, et « le rôle » que pourraient y jouer « des entreprises espagnoles et marocaines (...) dans des projets communs ».
La décision de Madrid de soutenir en 2022 le plan d'autonomie défendu par Rabat pour le Sahara occidental, rompant avec sa position de neutralité, a ouvert une période de relations plus apaisées entre les deux pays, après la brouille déclenchée en avril 2021 par l'hospitalisation en Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par l'Algérie. Depuis, le Conseil de sécurité de l'ONU a lui aussi apporté son soutien au plan marocain. Vaste territoire désertique riche en phosphates et aux eaux poissonneuses, cette ancienne colonie espagnole jusqu'en 1975 est contrôlée en majeure partie par le Maroc mais considéré comme un territoire non autonome par les Nations unies.
La gestion de son espace aérien, aujourd'hui contrôlé par l'Espagne depuis les Canaries, reste encore aujourd'hui au coeur des questions à trancher, le Maroc espérant la récupérer. « Lorsqu'il y a un territoire sous la souveraineté d'un pays, il est préférable que ce pays se charge de la gestion de tous les sujets aériens, terrestres ou maritimes du pays », a ainsi souligné Ryad Mezzour, le ministre marocain du Commerce dans une interview accordée au journal el Mundo mercredi soir.
La question migratoire est également centrale dans les relations entre les deux pays, qui partagent de nombreuses frontières, notamment en raison des deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc. Rabat est un partenaire-clé de Madrid pour freiner les entrées irrégulières en Espagne. L'immigration illégale a fortement baissé en 2025 en Espagne sur les onze premiers mois de l'année, avec 34.251 arrivées, contre 56.976 en 2024 (-29%). « Le Maroc joue un rôle très important pour lutter contre l'immigration clandestine. Nous faisons tous les efforts possibles en lien avec nos partenaires pour faire ce qu'il faut faire pour que ça ne soit pas un problème », a aussi rappelé le ministre du Commerce.


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