Monsieur le Président,
Je vous écris avec le cœur avant les mots, en tant que libanais qui aime son pays comme on aime un être cher.
Le Liban n’est pas un simple territoire : c’est un parfum, une lumière, une musique, un horizon où la mer embrasse la montagne.
C’est un trésor fragile mais éternel, qui a façonné notre âme et continue de vivre en nous, même lorsque la distance nous sépare.
J’ai quitté mon pays il y a plus de quarante ans.
Quarante années loin de cette terre qui m’a vu naître, loin de mes rues, de mes montagnes, de mes amis irremplaçables.
Jamais un seul jour ne s’est écoulé sans que je ne m’informe de son état, sans que je n’espère un renouveau.
Durant ces décennies, j’ai suivi avec tristesse les dérives d’un pays que j’aime profondément, tout en gardant l’espérance de le voir un jour retrouver sa grandeur et sa paix.
Chaque Libanais porte en lui un morceau de cette terre : le parfum des pins, le café du matin, le sourire des villages, la chaleur des familles, le courage de nos ancêtres.
Notre pays est un miracle, Monsieur le Président, un joyau que la vie a béni et que son peuple rend unique.
Et pourtant… notre nation souffre.
Elle est épuisée, inquiète, parfois perdue.
C’est pourquoi je m’adresse à vous.
Le Liban a besoin que son président patriote s’adresse à la nation.
Non pas dans un langage technique ou diplomatique, mais dans un langage de cœur, simple, clair et rassembleur.
Un message qui apaise, qui reconnaît les souffrances et qui redonne à chaque citoyen – de toutes régions et confessions – sa place dans notre grande famille.
Nous sommes un peuple multiple, mais un seul peuple.
Nos différences font notre richesse, non notre faiblesse.
Ce que nous demandons n’est ni un miracle ni une victoire : seulement la dignité, la paix et un avenir pour nos enfants.
Monsieur le Président,
Le Liban ne pourra se relever que si l’État redevient notre repère, notre protecteur, notre horizon commun : un État juste, neutre, souverain ; un État qui protège ses citoyens également ; un État qui tend la main à chacun, sans exclusion.
Je vous demande respectueusement d’adresser à la nation un discours de paix et d’unité, en direct, devant les Libanais.
Un discours qui rappelle que chaque citoyen compte, que chaque famille mérite la sécurité, que chaque voix est importante pour reconstruire le pays.
Et puisque les choix fondamentaux appartiennent au peuple, pourquoi ne pas envisager un référendum national sur les questions majeures qui engagent notre avenir ?
Ce serait un acte de confiance historique envers les Libanais.
Monsieur le Président, le Liban est fatigué, mais il n’est pas mort. Il attend un souffle, un mot, une lumière. Vous avez le pouvoir d’allumer cette lumière. Nous espérons que vous le ferez.
Avec respect, espoir et amour pour notre patrie.
Raymond SAIDAH
Un citoyen libanais
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Il ne faut pas trop demander.
18 h 36, le 02 décembre 2025