Des militaires libanais sur une base dans la région de Tyr, au Liban-Sud, le 8 juillet 2025. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
Pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre le Hezbollah et Israël, il y a à peine plus d’un an, l’armée libanaise a établi vendredi le bilan de son opération « Bouclier de la patrie » visant à récupérer le monopole des armes aux mains des autorités officielles.
Dans le cadre de l’accord de trêve, conclu le 26 novembre 2024 et entré en vigueur quelques heures plus tard, le Hezbollah doit être totalement désarmé au Liban. En fait, si le parti chiite accepte de remettre son arsenal à l’armée libanaise au sud du Litani, soit dans la région frontalière d’Israël où doit également se déployer la troupe, il refuse de le faire à l’échelle de tout le pays. Les autorités libanaises se sont, elles, engagées à récupérer le monopole des armes, et donc l’arsenal de toutes les milices encore armées. L’annonce faite par la troupe intervient à l’heure où les autorités (et l’armée) sont accusées, notamment par Israël mais aussi par les Américains, de traîner dans le plan du désarmement du Hezbollah. La semaine passée, une visite à Washington du commandant de l’armée, Rodolphe Haykal, a été soudainement annulée.
10.000 militaires libanais déployés au sud du Litani
C'est dans ce cadre que le commandant du secteur sud du Litani de l’armée libanaise, le général Nicolas Tabet, a annoncé vendredi que depuis le lancement du plan « Bouclier de la patrie », un nom qui n'avait pas été préalablement rendu public, destiné à permettre aux autorités d'exercer le monopole des armes, « 177 tunnels ont été neutralisés, 11 passages par le Litani ont été fermés, et 566 lance-roquettes ont été saisis » dans la bande frontalière. L’armée a également annoncé « avoir mené 300 011 missions militaires au sud du Litani ». « Nos forces sont déployées dans 200 postes le long de la frontière, où 20 points de contrôle ont été installés », a-t-il précisé.
Ces informations ont été communiquées lors d’une tournée destinée aux médias dans la zone d'opérations au sud du fleuve Litani. S'il s'agit des premiers chiffres officiellement fournis par la troupe, la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), qui coordonne ses opérations avec l'armée, avait déjà donné des indications sur les opérations de désarmement, et des sources politiques avaient évoqué un taux de désarmement autour des 80 % dans la région.
Le général Tabet a ajouté que 10 000 militaires sont présents dans la région malgré les difficultés, et que 20 positions ont été détruites dans des attaques israéliennes. « La mission de l’armée libanaise est de respecter les résolutions internationales et de garantir la sécurité et la stabilité dans le sud du pays », a-t-il souligné. Il a également insisté sur la coopération totale des habitants locaux, qui soutiennent et facilitent le travail de l’armée. Le général Tabet a également révélé que les opérations menées par l’armée libanaise au Liban-Sud ont conduit à la saisie d’environ 230 000 « pièces » d'arsenal, comprenant des munitions, tunnels, plateformes de lancement, missiles et armes diverses. Il a de plus indiqué que le plan de sécurité au sud du fleuve Litani a été exécuté à plus de 80 %, sans rencontrer d’obstacles majeurs ni d’objections de la part des habitants. Et de préciser que la majorité des maisons ciblées récemment dans la région par les bombardements israéliens étaient des habitations civiles, soulignant que l’armée avait sollicité le mécanisme de supervision du cessez-le-feu pour inspecter ces maisons, mais que l’armée israélienne avait refusé, insistant à les bombarder. Le responsable militaire a rappelé que le plan de l’armée « n’inclut pas la fouille d'habitations, sauf en cas de flagrant délit ». Il a ajouté qu’aucune demande d’extension du délai n'est prévue pour achever la phase actuelle de la mission.
Plus de 600 Casques bleus ont déjà quitté le Liban
L’armée libanaise a par ailleurs signalé qu’« Israël n’a fourni aucune preuve concernant un mécanisme de trafic d’armes par le Hezbollah ». Elle a ajouté que la Finul, dont le mandat avait été prolongé une dernière fois en août dernier, pour une durée d'un an, avant son retrait progressif du Liban-Sud, a déjà retiré certains équipements et navires de sa zone d'opérations, et que 640 Casques bleus ont quitté le Liban à ce jour.
Le chef de l'État, Joseph Aoun, a annoncé le 21 novembre, à la veille de la fête de l'Indépendance, l'engagement de l'armée à s'assurer du contrôle de la région au sud du Litani et à y exercer son autorité par ses propres moyens. Dans un long discours, au cours duquel il avait présenté une initiative en cinq points incluant des négociations « définitives » au sujet de la frontière avec Israël, il avait aussi assuré que « l'armée libanaise est prête à reprendre les points occupés à notre frontière sud, et que l'État libanais est disposé à présenter immédiatement au mécanisme de supervision du cessez-le-feu un calendrier précis relatif à cette reprise ». Le président Aoun s'était aussi dit prêt à engager le pays « pleinement et efficacement dans le processus de paix » (avec Israël).
Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a menacé en début de semaine d'un recours à une nouvelle escalade si le parti-milice n'était pas totalement désarmé d'ici la fin de l'année, alors que le plan de l'armée libanaise prévoit cette date comme échéance pour un désarmement au sud du Litani.





Soit. Quelqu’un peut nous expliquer comment le chef de cette milice se permet de mettre notre pays en danger en menaçant de riposter à la mort d’un mercenaire iranien qui est sur notre sol dans le seul but de saccager notre pays, alors que leur slogan était toujours celui de la résistance qui défend soit disant les frontières de notre pays? Comment se fait qu’un mandat d’arrêt n’est pas lancé contre lui pour l’inciter à la fermer et arrêter de faire en sorte que ce qui reste du sud comme de la banlieue ne soient rasés alors que des milliers de gens sont sans toits à l’arrivée de l’hiver?
12 h 34, le 29 novembre 2025