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Politique - Dans La Presse

L’Iran transférerait des fonds au Hezbollah via Dubaï, Washington s'en inquiète

Les États-Unis se soucient également des fonds acheminés au parti chiite à travers la Turquie et l’Irak, selon un haut responsable américain cité par le Wall Street Journal.

L’Iran transférerait des fonds au Hezbollah via Dubaï, Washington s'en inquiète

Les funérailles de Haytham Ali Tabatabaï, haut responsable militaire du Hezbollah, dans la banlieue sud de Beyrouth. Photo d'illustration Mohammad Yassine / L'Orient-Le Jour

L’Iran a transféré des centaines de millions de dollars au Hezbollah au cours de l’année écoulée via des bureaux de change et des entreprises basés à Dubaï, a révélé jeudi le Wall Street Journal, précisant que Téhéran cherche de nouvelles voies pour acheminer de l’argent à son proxy libanais, sur fond d'interdiction des vols Téhéran-Beyrouth, de restrictions imposées au Liban et de la fermeture des voies d'approvisionnement à travers la Syrie.

Le Hezbollah, désigné comme terroriste par les États-Unis, a besoin de ces fonds pour reconstruire et réarmer sa milice et couvrir les coûts liés à ses pertes dans la guerre qu'il a menée contre Israël entre octobre 2023 et novembre 2024, notamment les compensations qu'il a promis de verser aux sinistrés et aux familles des victimes. Ses routes de contrebande en Syrie ont été perturbées après la chute du régime Assad, allié de l’Iran, en décembre 2024, et les autorités libanaises ont intensifié la répression contre les passagers transportant des valises d’argent à l’Aéroport international de Beyrouth (AIB).

« Ces limitations ont poussé l’Iran et le Hezbollah à se tourner davantage vers Dubaï, le hub financier mondial des Émirats arabes unis, utilisé depuis longtemps par Téhéran pour blanchir des fonds et contourner les sanctions, selon des sources proches du dossier, dont un haut responsable américain », précise le média américain, citant des « sources proches du dossier » dont il ne précise pas la nature. Toujours selon les informations du WSJ, « les revenus provenant de la vente de pétrole sont envoyés aux bureaux de change, entreprises privées, hommes d’affaires et coursiers liés à l’Iran à Dubaï, qui les transfèrent au Hezbollah au Liban via la Hawala, un système traditionnel de virement informel, entièrement basé sur la confiance. Les fonds sont déposés auprès d’un courtier à Dubaï et payés par un courtier au Liban, les comptes étant réglés ultérieurement ».

Coopération des Émirats pour empêcher les transferts illicites

Un responsable des Émirats arabes unis a affirmé que la monarchie du Golfe s’engageait à empêcher l’usage illicite de son territoire pour le financement illégal et travaille dans ce cadre avec des partenaires internationaux.

Le Hezbollah et le bureau du Premier ministre libanais n’ont pas répondu aux demandes de commentaires du WSJ. La mission iranienne auprès des Nations unies n’a pas répondu non plus aux sollicitations du média américain.

« Le Hezbollah se concentre actuellement sur la reconstruction. Et l’Iran ne se retire pas de son engagement envers son principal allié régional », a de son côté souligné David Schenker, directeur du programme de politique arabe au Washington Institute. Selon le Trésor américain qui a sanctionné trois opérateurs du Hezbollah début novembre, « la Force al-Qods de l’Iran, chargée de soutenir les milices alliées à l’étranger, a transféré plus d’un milliard de dollars au Hezbollah depuis janvier, principalement via des sociétés de change ».

Le parti chiite, autrefois la milice non étatique la mieux armée du monde, a surtout été affaibli lors de l'escalade de deux mois de l'automne dernier, lancée le 23 septembre 2024, au cours de laquelle Israël a mené une campagne de bombardements massifs qui ont notamment tué le secrétaire général du parti, l'emblématique Hassan Nasrallah, et considérablement réduit son arsenal. Un an après le cessez-le-feu, le groupe peine encore à couvrir ses besoins financiers. « Un milliard de dollars constituait autrefois leur budget annuel total, mais après la guerre ils ont besoin de beaucoup plus », a déclaré au WSJ Hanine Ghaddar, chercheuse senior au Washington Institute.

Les Émirats arabes unis avaient longtemps la réputation d’être un centre pour les fonds illicites et ont été placés sur la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI) en 2022 pour ne pas avoir suffisamment combattu le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. L’organisme international a retiré le pays de cette liste deux ans plus tard, estimant qu’il avait amélioré ses contrôles, bien que certains groupes anti-corruption estiment que des progrès supplémentaires sont nécessaires.

Transferts de fonds via la Turquie et l'Irak

Les États-Unis s’inquiètent également des fonds acheminés vers le Hezbollah via la Turquie et l’Irak, a précisé un haut responsable américain. John Hurley, sous-secrétaire du Trésor pour le terrorisme et l’intelligence financière, qui s'était rendu dans le courant du mois de novembre aux Émirats et en Turquie avant de visiter le Liban pour discuter de la lutte contre le blanchiment d’argent iranien et le financement du terrorisme.

Le cessez-le-feu qui a mis fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah exige que le Liban sécurise ses points d’entrée et empêche le flux d’armes vers les milices non étatiques, principalement le Hezbollah.

Pour contourner les restrictions imposées depuis le début de l'année par le nouveau mandat, post-accord de cessez-le-feu, notamment la suspension des vols entre l'Iran et le Liban et les mesures restrictives prises au port et à l'AIB, l’Iran envoie davantage de voyageurs transportant de petites sommes d’argent ou des bijoux, plus faciles à cacher et qu’il n’est pas nécessaire de déclarer, selon des responsables arabes. Le Hezbollah possède également des sources de financement propres, à travers des réseaux globaux atteignant l’Afrique de l’Ouest et l’Amérique du Sud, impliqués dans le trafic de drogue, de diamants et des services comme le blanchiment d’argent, ont ajouté ces responsables arabes précités.

Les États-Unis exigent également que le Liban ferme al-Qard al-Hassan, institution financière clé du Hezbollah sanctionnée par Washington, créée dans les années 1980 et offrant des services financiers, y compris des prêts et des guichets automatiques, à de nombreux Libanais. Al-Qard al-Hassan fonctionne comme une association caritative et échappe au contrôle de la Banque du Liban (BDL). Selon le WSJ, Washington est également derrière l'annulation de la décision du ministère libanais des Affaires sociales d'élargir sa liste de bénéficiaires des allocations pour personnes handicapées en y incluant les blessés des explosions des bipeurs du parti chiite, qui avaient été piégés par le Mossad israélien et ont détoné de manière simultanée le 17 septembre 2024, faisant aussi des dizaines de morts.

L’Iran a transféré des centaines de millions de dollars au Hezbollah au cours de l’année écoulée via des bureaux de change et des entreprises basés à Dubaï, a révélé jeudi le Wall Street Journal, précisant que Téhéran cherche de nouvelles voies pour acheminer de l’argent à son proxy libanais, sur fond d'interdiction des vols Téhéran-Beyrouth, de restrictions imposées au Liban et de la fermeture des voies d'approvisionnement à travers la Syrie.Le Hezbollah, désigné comme terroriste par les États-Unis, a besoin de ces fonds pour reconstruire et réarmer sa milice et couvrir les coûts liés à ses pertes dans la guerre qu'il a menée contre Israël entre octobre 2023 et novembre 2024, notamment les compensations qu'il a promis de verser aux sinistrés et aux familles des victimes. Ses routes de...
commentaires (4)

Ils trouveront toujours un moyen pour faire acheminer les milliards pour aider cette milice, non pas à reconstruire ce qu’elle a fait détruire, mais pour se réarmer et servir les mollahs qui répondent présents à chaque fois qu’il s’agit de sacrifier ce qui reste de cette milice et de notre pays pour gagner le bras de fer sur leur nucléaire avec les américains qu’Israel voit d’un mauvais œil. Le HB comme à son habitude joue avec feu la vie de ses partisans et celui de notre pays en pratiquent la loi de la terre brûlée, pendant que nos gouvernants croient pouvoir sauver le pays avec leur naïveté

Sissi zayyat

11 h 26, le 30 novembre 2025

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Commentaires (4)

  • Ils trouveront toujours un moyen pour faire acheminer les milliards pour aider cette milice, non pas à reconstruire ce qu’elle a fait détruire, mais pour se réarmer et servir les mollahs qui répondent présents à chaque fois qu’il s’agit de sacrifier ce qui reste de cette milice et de notre pays pour gagner le bras de fer sur leur nucléaire avec les américains qu’Israel voit d’un mauvais œil. Le HB comme à son habitude joue avec feu la vie de ses partisans et celui de notre pays en pratiquent la loi de la terre brûlée, pendant que nos gouvernants croient pouvoir sauver le pays avec leur naïveté

    Sissi zayyat

    11 h 26, le 30 novembre 2025

  • Lorsque des sources américaines sèrieuses citent des chiffres précis, c’est bien que quelque part quelqu’un de très bien renseigné et de très proche de la milice les fournit. On suppose donc que les américains (et le voisin bien sûr) connaissent bien la filière, mais font monter graduellement la pression comme d’habitude. On ne sait jamais avec eux quand le moment choisi viendra.

    Goraieb Nada

    07 h 12, le 29 novembre 2025

  • Washington s'inquiete des transferts de fonds au Hezb via Dubai ? Pourquoi, dans ce cas, les USA n'emettent pas des sanctions sur les banques Emiraties qui operent ces transferts ? Eux si prompts a sanctionner ? Deux poids, deux mesures ?

    Michel Trad

    18 h 18, le 28 novembre 2025

  • tout le monde sait que, outre le maintien d'une milice illégale,, le Hezbollah se livre au trafic de drogue et au blanchiment d'argents. Alors, à quand une enquête de la justice libanaise?

    Yves Prevost

    17 h 55, le 28 novembre 2025

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