Le chef du gouvernement, Nawaf Salam, recevant une délégation du Club de la presse, le 27 novembre 2025 au Grand Sérail à Beyrouth. ANI
Le Premier ministre Nawaf Salam a affirmé jeudi que les armes du Hezbollah « n'ont protégé ni les dirigeants du parti ni les Libanais », reconnaissant par ailleurs que le pays est en « retard » dans le processus de désarmement du parti chiite, lors d'une rencontre avec une délégation du Club de la presse au Grand Sérail.
De son côté, le président Joseph Aoun, s'exprimant à Baabda, a défendu l’armée libanaise, affirmant qu’elle « remplit pleinement ses obligations », alors que le Liban subit des raids israéliens presque chaque jour tout en étant fortement critiqué par la communauté internationale pour sa gestion du monopole des armes. Dimanche, l’armée israélienne a éliminé Haytham Ali Tabatabaï, chef d’état-major du Hezbollah, lors d’une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth.
Lors de son face à face avec le Club de la presse, le chef du gouvernement a vertement critiqué l'efficacité du « pouvoir de dissuasion » que vante régulièrement le parti chiite pour refuser de se séparer de son arsenal sans nier « le rôle crucial » joué par le Hezbollah dans la libération du Liban-Sud en 2000, qui était alors occupé par Israël.
« Le Hezbollah prétend que ses armes dissuadent toute agression, et la dissuasion consiste à empêcher l’ennemi d’attaquer. Or, l’ennemi a attaqué, et ces armes ne l’ont pas dissuadé. De plus, elles n’ont protégé ni les dirigeants du parti, ni les Libanais et leurs biens, comme en témoignent les dizaines de villages rasés » au Liban-Sud, a déclaré le chef du gouvernement. « Cet arsenal n’a assuré ni dissuasion, ni protection, ni victoire à Gaza », a-t-il renchéri, critiquant indirectement la légitimité du 'front de soutien' ouvert par le parti chiite dans le sud du pays au lendemain du déclenchement de la guerre entre le mouvement Hamas et Israël, en octobre 2023, dans l'enclave palestinienne assiégée par l'État hébreu.
« La situation n'est pas totalement désespérée »
« Le Liban est engagé dans une guerre d’usure unilatérale qui s’intensifie », a poursuivi le Premier ministre, avant d'ajouter que « la situation n'est pas totalement désespérée, car d’autres développements dans le pays laissent entrevoir un début de retour de la confiance ». Il a reconnu que les autorités n'avaient pour l'instant « pas réussi à appliquer la résolution 1701 de 2006 », le texte qui a mis fin à la précédente guerre entre Israël et le Hezbollah et qui a servi de base à la trêve conclue il y a un an. Il a aussi rappelé que le préambule de l'accord de trêve excluait le parti chiite des entités autorisées à porter les armes au Liban.
M. Salam a également rappelé les différentes échéances fixées par le gouvernement pour rétablir le monopole de l'État sur les armes, dans des décisions prises l'été dernier et rejetées par le Hezbollah. « La première phase, qui concerne la zone au sud du fleuve Litani, doit s'achever d'ici la fin de l'année et implique le démantèlement des armes et des infrastructures militaires. Au nord du Litani, nous devons, à l'heure actuelle, contenir les armes, c'est-à-dire empêcher leur transfert et leur utilisation. Le processus se poursuivra ensuite par d'autres phases visant à monopoliser les armes dans différentes régions », a-t-il expliqué.
Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 27 novembre 2024, période marquée par des bombardements israéliens quotidiens au Liban, le Hezbollah affirme s'en remettre à l'État libanais, tout en refusant d'abandonner son arsenal au nord du fleuve Litani. L'État libanais est accusé par Israël et les États-Unis de tergiverser, des critiques cristallisées par la récente annulation, à la dernière minute, des rendez-vous d'une visite du commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, à Washington.
Répondant à une question, le Premier ministre a enfin déclaré ne « pas être intéressé » par les propos tenus mercredi par Ali Akbar Velayati, conseiller aux affaires internationales du Guide suprême iranien, selon lequel « les attaques et les crimes » israéliens légitimaient la présence du Hezbollah au Liban.
Aoun : « L'armée libanaise remplit pleinement ses obligations »
Le président libanais Joseph Aoun s'est exprimé, pour sa part, jeudi lors d'une réunion avec le sous-secrétaire général des Nations Unies pour le Moyen-Orient, l'Asie et le Pacifique, Mohammad Khaled Khiari, avec lequel il a abordé la situation dans le pays un an après l'entrée en vigueur de la trêve entre Israël et le Hezbollah. M. Khiari a indiqué que sa visite au Liban s'inscrivait dans le cadre d'une évaluation de la situation sur le terrain, afin d'en faire rapport au secrétaire général de l'ONU et au Conseil de sécurité. Il a aussi transmis le soutien du secrétaire général António Guterres au Liban.
Lors de l'échange, M. Aoun a réaffirmé que le pays respecte les termes de la trêve, contrairement à Israël, qui continue de bombarder le territoire national et d'occuper plusieurs sites au Liban-Sud, bloquant le déploiement de l'armée libanaise dans cette zone. Il a aussi critiqué le fait qu'Israël ignore les appels répétés de la communauté internationale au respect du cessez-le-feu et de la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
Le chef de l'État est resté sur sa ligne en défendant l'armée libanaise, malgré les critiques américaines et israéliennes qui la ciblent sur le dossier du désarmement, estimant qu'elle « remplit pleinement ses obligations » et rejetant « les allégations israéliennes remettant en cause son rôle sur le terrain, sans apporter aucune preuve tangible ». Il a également noté que le comité de surveillance de l'application du cessez-le-feu (dit le « mécanisme ») avait officiellement documenté les activités quotidiennes de la troupe, au niveau de la prévention des démonstrations de force, de la confiscation de munitions, de l'inspection des tunnels et d'autres tâches connexes. Le président a en outre salué le soutien apporté par le secrétaire général de l'ONU au Liban.
« Le Liban accueille favorablement toute assistance proposée par les Nations unies et les pays amis visant à stabiliser le sud du pays et à mettre fin aux attaques israéliennes », a encore déclaré le président Aoun, en soulignant avoir lancé « plusieurs initiatives visant (...) à trouver des solutions durables à la situation actuelle, sans recevoir aucune réponse concrète malgré l'engagement positif de la communauté internationale ».




0n voit que même le discours de M. Salam a changé. Auparavant il parlait de désarmer, toutes les milices et organisations terroristes dans tout le pays, et maintenant il les délimite au sud du Lituanie. Quant à sa réponse au barbu iranien, Akbar velayati, on s’attendait à une réponse cinglante de sa part mais il se contente de la balayer du revers de la main comme si la souveraineté du Liban n’était pas en cause. Tant que le pouvoir ne se montre pas plus cynique et incisif que ces barbus, nous sommes voués à la soumission et ils iront là l’on on les laisserait y aller.
10 h 19, le 28 novembre 2025