Une femme tient une pancarte sur laquelle figure la photo de Dror Or, un otage israélien âgé de 43 ans, tandis que les proches et les partisans des otages détenus à Gaza depuis les attaques du 7 octobre bloquent l'autoroute Ayalon entre Tel-Aviv et Jérusalem, près de Latroun, le 19 avril 2024, lors d'une manifestation appelant à leur libération. Photo AFP/AHMAD GHARABLI
Israël a annoncé mardi soir avoir reçu via le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) la dépouille présumée d'un des trois derniers otages de la bande de Gaza que les autorités doivent encore identifier.
Selon Israël, le corps a été remis à Gaza au CICR qui l'a transféré à l'armée israélienne sur place. Les militaires l'ont ensuite transporté en sol israélien afin d'être identifié à l'Institut national de médecine légale à Tel-Aviv.
Un journaliste de l'AFP sur place, a vu une camionnette blanche escortée de véhicules de police et de motos, passer la grille d'entrée de l'institut.
« Après avoir complété le processus d'identification, la famille (de l'otage) sera formellement notifiée », a déclaré dans un communiqué le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu sans lever le voile sur son identité possible.
Les branches armées des mouvements islamistes palestiniens Hamas et Jihad islamique avaient annoncé plus tôt mardi qu'elles allaient rendre en journée le corps d'un 26e otage mort sur les 28 qui étaient retenus dans la bande de Gaza avant l'accord de cessez-le-feu.
Ce corps avait été retrouvé la veille « lors d'opérations de recherche dans des zones contrôlées par l'armée sioniste (israélienne, NDLR) dans le centre de la bande de Gaza », avait indiqué le Jihad islamique, allié du Hamas.
Au cours des dernières semaines, des membres du Hamas avaient par exemple pu se rendre dans une zone de la bande de Gaza désormais sous contrôle de l'armée israélienne afin d'y retrouver la dépouille d'un otage qui avait été en leur possession.
- « Retour » du trio -
Aux termes de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre après plus de deux ans de guerre à Gaza, le Hamas et ses alliés devaient encore restituer les dépouilles de trois otages du 7 octobre 2023 : deux Israéliens, Ran Gvili et Dror Or, et un Thaïlandais, Sudthisak Rinthalak.
Les autorités israéliennes ont dénoncé des violations du cessez-le-feu dans ces retards pour livrer les corps des derniers otages que le Hamas explique par la difficulté à retrouver les dépouilles sous les décombres laissés par les bombardements israéliens, en l'absence aussi du manque d'engins de déblaiement.
Officier d'une unité d'élite de la police (Yassam) dans la région du Néguev, Ran Gvili était en arrêt maladie, dans l'attente d'une opération à l'épaule, lorsqu'il est sorti de chez lui avec son arme personnelle pour défendre le kibboutz Aloumim devant lequel il a été tué lors de l'attaque sans précédent du Hamas en Israël qui avait déclenché la guerre.
Chef cuisinier, Dror Or, a été tué au kibboutz Beeri, comme son épouse Yonat. Leur fille Alma, leur fils Noam, et leur neveu Liam avaient été enlevés, puis libérés lors de la première trêve, fin novembre 2023.
Originaire de la province de Nong Khai, dans le nord-est de la Thaïlande, Sudthisak Rinthalak était ouvrier agricole au kibboutz Beeri, où il a été tué.
« Dror, Ran et Sudthisak doivent revenir. Nous ne pouvons arrêter (notre mobilisation) tant qu'ils ne seront pas de retour », a déclaré sur X le Forum des familles d'otages, la principale organisation israélienne luttant pour le retour des captifs.
« Mon frère me manque terriblement, je veux son retour (...) La peur constante que cela ne pourrait ne pas se produire est épuisante », a ajouté la sœur de Ran Gvili, Shira.

