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Dernières Infos - Tunisie

Environ 200 manifestants dénoncent une « répression sans précédent » des médias


Des journalistes tunisiens manifestent près du siège du gouvernement à Tunis, tenant des pancartes pour dénoncer entre autres les restrictions imposées à la presse, le 20 novembre 2025. Photo Jihed ABIDELLAOUI /Reuters

Environ 200 personnes en majorité des journalistes ont manifesté jeudi à Tunis pour dénoncer des attaques contre la liberté de la presse, déplorant « une répression sans précédent » des médias depuis la révolution de 2011 contre le dictateur Zine El Abidine Ben Ali. 

Les manifestants ont fustigé notamment l'emprisonnement de plusieurs journalistes et la suspension récente de deux médias, Nawaat et Inkyfada, emblématiques de la transition démocratique. « La situation du journalisme en Tunisie est la pire qu'on ait connue depuis 2011 », a déclaré à l'AFP Mahdi Jlassi, ancien président du Syndicat national des journalistes (SNJT) qui organisait le rassemblement. « On assiste à une répression sans précédent de la liberté de la presse et d'expression. Des journalistes innocents sont privés de leurs droits et punis pour avoir fait leur travail » dans « des procès injustes », a-t-il dit.

Nawaat et Inkyfada font partie d'un groupe d'au moins une vingtaine d'ONG, dont les activités ont été suspendues pour des investigations sur l'origine des subventions reçues. « L'injustice se répand dans le pays et c'est notre devoir de journalistes de mettre cela en lumière sans crainte », a souligné à l'AFP Zied Dabbar, président du SNJT.

Des ONG tunisiennes et étrangères ont déploré une régression des droits et libertés depuis le coup de force du président Kais Saied en juillet 2021 par lequel il s'est emparé des pleins pouvoirs. Des dizaines d'opposants et militants de la société civile sont poursuivis en vertu d'un décret présidentiel devant officiellement lutter contre « les fausses informations » mais sujet à une interprétation très large décriée par les défenseurs des droits. Cette loi est « comme une épée de Damoclès sur la nuque des journalistes », selon M. Jlassi.

Les manifestants ont aussi dénoncé que certains journalistes soient privés de leurs cartes professionnelles et l'arrêt depuis l'été de l'octroi d'autorisations de tournage mensuelles aux correspondants de médias étrangers. Ils ont aussi déploré que la plupart des journalistes locaux et étrangers se soient vus refuser l'entrée dans les tribunaux pour couvrir des procès contre des politiciens ou figures des médias. Tout cela vise à « imposer un blackout médiatique qui permettrait aux autorités de promouvoir leurs récits mensongers et de réprimer toutes les voix dissidentes », a estimé M. Jlassi. En 2025, la Tunisie a chuté de 11 places dans le classement mondial de la liberté de la presse de Reporters sans frontières, passant de la 118e à la 129e place sur 180 pays.

Environ 200 personnes en majorité des journalistes ont manifesté jeudi à Tunis pour dénoncer des attaques contre la liberté de la presse, déplorant « une répression sans précédent » des médias depuis la révolution de 2011 contre le dictateur Zine El Abidine Ben Ali. Les manifestants ont fustigé notamment l'emprisonnement de plusieurs journalistes et la suspension récente de deux médias, Nawaat et Inkyfada, emblématiques de la transition démocratique. « La situation du journalisme en Tunisie est la pire qu'on ait connue depuis 2011 », a déclaré à l'AFP Mahdi Jlassi, ancien président du Syndicat national des journalistes (SNJT) qui organisait le rassemblement. « On assiste à une répression sans précédent de la liberté de la presse et d'expression. Des journalistes innocents sont privés de...