Le chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, à Ehmej (caza de Jbeil), le 5 octobre 2025. Photo tirée du compte X du CPL
Alors qu’il ne reste que quelques heures aux Libanais de la diaspora pour s’inscrire sur les listes électorales en vue des législatives de mai 2026, le chef du Courant patriotique libre (CPL, aouniste), le député Gebran Bassil, a dénoncé mercredi, dans une vidéo sur X, une « conspiration » et un « complot » visant à « supprimer » le droit de vote des émigrés.
« Je m'adresse à vous parce que je partage votre perplexité quant à savoir si vous devez vous inscrire pour les prochaines élections ou non, ou si vous pourrez voter ou non. Je suis attristé de voir comment les autorités, composées de tous les groupes parlementaires à l'exception du bloc Liban fort (aouniste) conspirent contre votre droit de vote afin de le supprimer et refusent d'appliquer la loi », a déclaré M. Bassil.
L'ancien ministre des Affaires étrangères a rappelé qu’il avait garanti aux expatriés « le droit de voter depuis l’étranger, ainsi que le droit à la représentation et à la candidature ». Il a accusé les autorités actuelles de vouloir « supprimer ces droits électoraux », soulignant que le nombre d’inscriptions avait diminué « à cause du manque de confiance envers le gouvernement et le processus électoral ».
M. Bassil a incité les membres de la diaspora à « ne pas perdre confiance dans le Liban », précisant que « cette phase est temporaire, ce pouvoir disparaîtra et ce ministère ne durera pas en raison de son manque de prestige et de respect ». Il a invité les expatriés qui ne peuvent pas se rendre au Liban pour voter, ainsi que ceux souhaitant élire des députés pour la diaspora, « à s’inscrire avant la fin du délai fixé au 20 novembre afin de préserver leur droit de vote ». L’inscription peut se faire aussi bien en ligne qu’auprès d’un consulat.
Pour conclure, le chef du CPL a assuré : « Même si le complot visant à supprimer vos droits aboutit, vous pourrez voter. Votre voix est votre droit ; nous avons fait tout ce qui était nécessaire pour le préserver et nous continuerons à œuvrer pour vous garantir des droits supplémentaires ».
Lundi, le président de la République, Joseph Aoun, a signé un décret transmettant au Parlement un projet de loi visant à modifier la loi électorale, notamment pour ce qui est des modalités de vote des expatriés. Revêtu du caractère de double urgence, ce projet devrait être immédiatement examiné par la Chambre, sans passer par les commissions parlementaires. Approuvé par le Conseil des ministres le 6 novembre, il prévoit notamment la suspension de l’article 112 de la loi électorale (44/2017) pour permettre aux Libanais de l’étranger de voter pour les candidats en lice dans les 128 circonscriptions de la métropole, au lieu de limiter leur choix à six sièges, conformément à l’article en question. En outre, le texte propose de reporter jusqu'au 31 décembre la date butoir des inscriptions des expatriés pour pouvoir prendre part au scrutin.
Le président de la Chambre, Nabih Berry, refuse catégoriquement d’inscrire à l'ordre du jour de toute séance plénière un amendement de la loi électorale. Son camp (le tandem chiite Amal-Hezbollah) est en effet hostile à l’élargissement du vote des expatriés, alors qu’en face, les Forces libanaises (FL), les Kataëb et leurs alliés anti-Hezbollah, mais aussi le Parti socialiste progressiste (PSP) militent pour que la diaspora ait le droit de voter pour l’ensemble des députés de la Chambre.
Appel à convoquer une séance plénière
Mercredi, plusieurs députés anti-Hezbollah qui ont élaboré une pétition invitant Nabih Berry à convoquer une séance plénière pour soumettre le projet de loi élaboré par le Conseil des ministres au vote, ont insisté dans un communiqué sur l’importance de tenir les élections législatives en mai prochain, affirmant que « la tenue des élections législatives à la date prévue est une obligation constitutionnelle qui ne tolère aucun retard ». Dans ses grandes lignes, le texte, dont L’OLJ a pu obtenir une copie, rappelle que l’organisation des élections relève du ressort du gouvernement « exclusivement » et que le Conseil des ministres a déjà fait état de « l’impossibilité de tenir le scrutin conformément à la loi en vigueur ». Le texte souligne dans ce cadre que le Conseil des ministres a déjà envoyé à la Chambre un projet de loi revêtu du caractère de double urgence pour amender la loi électorale, adopté avec l’aval de la majorité des membres du gouvernement.
Dans leur communiqué de mercredi, les députés ont appelé à inscrire immédiatement à l’ordre du jour de la séance plénière le projet de loi revêtu du caractère d'urgence soumis par le gouvernement, soulignant qu’il s’agit d’un texte « directement lié à l’organisation du processus électoral, notamment en ce qui concerne le droit de vote des Libanais non résidents ».
Ils ont averti que tout retard dans la présentation, la discussion ou le vote du projet, alors que le délai d’inscription des expatriés expire le 20 novembre, « constitue une menace directe pour le droit de centaines de milliers de Libanais à l’étranger de participer aux élections ». Selon eux, « renvoyer le projet aux commissions à ce stade, ou ne pas l’inscrire parmi les priorités de la séance plénière, revient en pratique à paralyser le processus électoral ». Les députés ont enfin appelé les Libanais de la diaspora à « s’inscrire rapidement pour voter depuis l’étranger avant la fin du délai actuel », rappelant que « votre participation est essentielle pour protéger la démocratie et garantir la transparence et l’équité du scrutin ».
Mardi, les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères avaient annoncé que 101.355 demandes d’inscription de Libanais résidant à l’étranger en vue de participer aux élections législatives de mai 2026 ont été enregistrées jusqu’à présent sur la plateforme électronique du ministère des Affaires étrangères.


Cause toujours tu nous intéresses, petit.
12 h 25, le 20 novembre 2025