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Moyen-Orient - Diplomatie

Visite de MBS à Washington : accord nucléaire et F-35 en échange de la normalisation avec Israël ?

Donald Trump souhaiterait conditionner tout accord militaire à un engagement saoudien de rejoindre les accords d'Abraham.

Le président américain Donald Trump serrant la main du prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche à Washington, le 20 mars 2018. Photo Jonathan Ernst/Reuters

Le président américain Donald Trump s'apprête à dérouler le tapis rouge au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui doit arriver ce mardi soir à Washington pour sa première visite aux États-Unis depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.

Le locataire de la Maison-Blanche espère convaincre son hôte de normaliser les relations de son royaume avec Israël en échange d'une coopération renforcée avec les États-Unis dans l'énergie et la défense. Selon le média Axios, Donald Trump a récemment réitéré son souhait de voir l'Arabie saoudite prendre la voie de la normalisation avec Israël en rejoignant les accords d'Abraham, conditionnant toute une série de « deals » à cette reconnaissance.

Lettre iranienne

Le premier d'entre eux devrait être un accord-cadre entre les deux pays sur le nucléaire civil, selon une source proche du dossier citée par l'AFP. De plus, Donald Trump a exprimé lundi son souhait d'approuver la vente d'avions de combat F-35 à Riyad. « Nous allons faire ça, nous vendrons des F-35 », a déclaré le président américain à la presse depuis la Maison-Blanche, ajoutant : « Ils ont été des alliés super ».

Le dirigeant de facto de la pétromonarchie du Golfe arrive à Washington avec la volonté d'acquérir des systèmes avancés de défense aérienne et antimissile, mais aussi ces avions F-35, que seul Israël possède actuellement au Moyen-Orient.

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Ce dernier devrait par ailleurs arriver aux États-Unis avec une lettre signée par le président iranien, Massoud Pezeshkian, destinée à l'administration américaine, comme l'a rapporté l’agence de presse officielle saoudienne SPA. Une initiative qui survient dans un contexte toujours aussi tendu autour du programme nucléaire iranien, que Washington souhaite voir être entièrement démantelé, tandis que Téhéran affirme vouloir n'en faire qu'un usage civil et non militaire.

Mohammad Ben Salmane (MBS) entretient des relations étroites avec Donald Trump, à qui il avait réservé un accueil somptueux assorti de promesses d'investissement de 600 milliards de dollars, lors d'une visite du président en mai dernier à Riyad.

Une visite « très douloureuse »

Il s'agira ainsi de la première visite du prince héritier aux États-Unis depuis l'assassinat en octobre 2018 du chroniqueur du Washington Post Jamal Khashoggi par des agents saoudiens. Cet épisode avait suscité un tollé international et refroidi les relations entre les deux pays, alors que le prince héritier avait été reçu quelques mois plus tôt par Donald Trump, qui effectuait alors son premier mandat à la Maison-Blanche.

La veuve du journaliste saoudien, Hanan Elatr Khashoggi, s'est exprimée dans une interview sur CNN, jugeant « très douloureuse » cette visite de MBS. Elle a notamment dit avoir écrit une lettre au président américain pour susciter son aide afin d'obtenir un règlement financier avec Riyad dans ce dossier, restée jusqu'ici sans réponse.

« Il serait mieux que Jamal soit là et reçoive lui-même le prince héritier, le rencontre et partage avec lui sa vision et toutes ses idées », a-t-elle déclaré. Avant sa mort, « Jamal attendait une invitation du prince héritier et espérait avoir l'espace pour être entendu », a-t-elle indiqué. « Il avait de bonnes idées pour son pays ».

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« Je continuerai à parler et à me battre pour la justice, pour moi et mon mari », a insisté la veuve, affirmant que cette affaire avait « détruit (s)a vie », et espérant que les États-Unis s'en souviennent au moment où ils développent « les liens économiques » avec Riyad et lui « vendent des armes ». « Il manque quelque chose », a-t-elle martelé, évoquant le besoin d'une « véritable justice » en vertu du respect des « droits de l'homme et des valeurs des États-Unis ».

Critique du pouvoir saoudien après en avoir été proche, Jamal Khashoggi, résident aux États-Unis, avait été assassiné le 2 octobre 2018 dans le consulat de son pays à Istanbul par un commando d'agents venus d'Arabie saoudite. Son corps, démembré, n'a jamais été retrouvé.

Bien que directement mis en cause par l'enquête des services américains, Mohammad ben Salmane n'a jamais fait partie des personnes sanctionnées par Washington. Après avoir nié l'assassinat, Riyad avait fini par affirmer qu'il avait été commis par des agents saoudiens agissant seuls. À l'issue d'un procès opaque en Arabie saoudite, cinq Saoudiens avaient été condamnés à mort et trois autres à des peines de prison. Les peines capitales ont depuis été commuées.

Le président américain Donald Trump s'apprête à dérouler le tapis rouge au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui doit arriver ce mardi soir à Washington pour sa première visite aux États-Unis depuis l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en 2018.Le locataire de la Maison-Blanche espère convaincre son hôte de normaliser les relations de son royaume avec Israël en échange d'une coopération renforcée avec les États-Unis dans l'énergie et la défense. Selon le média Axios, Donald Trump a récemment réitéré son souhait de voir l'Arabie saoudite prendre la voie de la normalisation avec Israël en rejoignant les accords d'Abraham, conditionnant toute une série de « deals » à cette reconnaissance.Lettre iranienneLe premier d'entre eux devrait être un accord-cadre entre les...
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