Des blindés du contingent français de la Finul, le 8 juillet 2025 dans la région de Tyr au Liban-Sud. Photo Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour
L’armée israélienne a ouvert le feu sur des soldats de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) depuis un char Merkava, à proximité d’une position occupée sur le territoire libanais, sans faire de blessés, a accusé la force internationale dans un communiqué publié dimanche sur Telegram. Cette attaque a eu lieu dans la région de Khiam, dans le secteur est de la frontière, près de la position occupée par Israël de Tallet Hamames, selon un communiqué de l'armée israélienne, qui a démenti avoir visé « de façon délibérée » les Casques bleus.
« Des rafales de mitrailleuses lourdes ont atteint le sol à environ cinq mètres des Casques bleus, qui se trouvaient à pied et ont dû se mettre à l’abri », selon le communiqué de la Finul. Par le biais de leurs canaux de liaison, les Casques bleus ont demandé à l’armée israélienne de cesser le feu et ont finalement pu quitter les lieux sains et saufs trente minutes plus tard, après le retrait du char Merkava à l’intérieur de la position israélienne. Aucun soldat de la paix n’a été blessé. Cet incident constitue « une violation grave de la résolution 1701 du Conseil de sécurité », souligne la Finul. « Une fois encore, nous appelons l’armée israélienne à mettre fin à toute attitude agressive et à toute attaque contre ou à proximité des Casques bleus, qui travaillent à soutenir le retour à la stabilité que recherchent à la fois Israël et le Liban », conclut le texte.
L'armée israélienne a de son côté affirmé ne pas l'avoir fait de façon « délibérée », ayant confondu les soldats de l'ONU avec des « suspects », a-t-elle indiqué dans un communiqué. « Plus tôt dans la journée, deux suspects ont été identifiés dans la zone de Hamames, dans le sud du Liban. Les troupes ont ensuite tiré des coups de semonce (...) après vérification, il a été déterminé que les suspects étaient des soldats de l'ONU qui effectuaient une patrouille dans la région », a déclaré l'armée israélienne, précisant que l'affaire était « en cours d'examen ».
Une « escalade dangereuse » d'Israël
Réagissant à ces tirs ayant visé la Finul, l'armée libanaise a dénoncé dimanche les violations israéliennes continues du cessez-le-feu. « L'ennemi israélien persiste dans ses violations de la souveraineté libanaise, provoquant l'instabilité au Liban et entravant le déploiement complet de l'armée dans le Sud. » « Le commandement de l'armée affirme qu'il travaille en coordination avec les pays amis pour mettre fin aux violations et aux infractions continues de la part de l'ennemi israélien, qui nécessitent une action immédiate car elles constituent une escalade dangereuse », indique un communiqué de la troupe. Parmi les « pays amis » mentionnés par la troupe, la France et les États-Unis font partie du « mécanisme », le comité de surveillance de l'application des modalités du cessez-le-feu du 27 novembre 2024.
Outre la position de « Tallet Hamames », l'armée israélienne occupe au moins cinq autres positions en territoire libanais depuis la fin de la guerre l'ayant opposé au Hezbollah, entre octobre 2023 et novembre 2024. Elle continue également de frapper quasiment quotidiennement le Liban-Sud et la Békaa.
En septembre dernier, alors que les Casques bleus dégageaient une route bloquant l’accès à l’une de leurs positions près de la Ligne bleue, des drones de l’armée israélienne « avaient largué quatre grenades », selon la Finul. Lors de la vaste offensive israélienne de l’automne 2024 au Liban, la force onusienne avait été la cible de plusieurs tirs, principalement israéliens, qui avaient blessé nombre de ses soldats.
Dimanche, Israël a en outre visé avec des rafales de mitrailleuse, Kfarchouba depuis la position de Roueissat el-Alam, sur les hauteurs contestées de ce village, selon les informations de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah. Une fusée éclairante a aussi été tirée depuis le côté israélien au-dessus de la plaine de Khiam (Marjeyoun). Dans la nuit, des tirs de mitrailleuse avaient visé la périphérie de Chebaa (Hasbaya).
« Faire pression sur Israël pour qu’il cesse de cibler les civils et les agriculteurs »
Samedi soir, l’Union des municipalités du Arkoub, région dans laquelle sont situés les villages de Chebaa et Kfarchouba notamment dans le secteur est de la bande frontalière, avait indiqué qu’Israël avait intensifié ses attaques dans la région avec « des drones, tirs d'artillerie et rafales de mitrailleuses ». Un communiqué précise aussi que « les forces israéliennes ont empêché les habitants d’accéder à leurs terres, entravé la circulation entre les villages du Arkoub, et tiré à plusieurs reprises sur des habitations à Kfarchouba, endommageant toitures, panneaux solaires, véhicules et minibus scolaires, mettant ainsi en danger la population civile ».
L’Union des municipalités souligne que « bien qu’aucun civil n’ait été blessé, l’intensification et le caractère indiscriminé des tirs représentent une menace sérieuse pour la sécurité et la vie quotidienne des habitants ». Elle indique également que « les plaintes précédemment adressées à la Finul, à l’armée libanaise et au comité de suivi de la résolution 1701 de l'ONU n’ont apporté aucun changement au comportement israélien ».
Vendredi, la Finul avait accusé l’armée israélienne de construire des « murs » sur le territoire libanais, ce que l’État hébreu dément, tout en reconnaissant avoir érigé une barrière renforcée le long de la frontière.
Samedi, le président libanais Joseph Aoun a chargé le ministre des Affaires étrangères Joe Raggi de demander à la mission permanente du Liban auprès des Nations unies de déposer une plainte urgente au Conseil de sécurité de l’ONU contre Israël pour la construction du mur de béton.




Je ne comprends pas pourquoi les sionistes s’en prennent à la finul ?
19 h 13, le 16 novembre 2025