Des militants du Hamas escortent des membres de la Croix-Rouge vers une zone située à l'intérieur de la « ligne jaune », où les troupes israéliennes se sont retirées dans le cadre du cessez-le-feu, tandis que le Hamas affirme poursuivre la recherche des corps des otages décédés lors de l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, à Gaza, le 12 novembre 2025. Photo REUTERS/Dawoud Abu Alkas
Du contrôle du prix du poulet à la taxation des cigarettes, le Hamas cherche à étendre son contrôle sur Gaza alors que les plans américains pour son avenir se concrétisent lentement, affirment des Gazaouis, ce qui alimente les doutes des rivaux quant à sa capacité à céder l'autorité comme promis, rapporte un papier de l'agence Reuters.
Après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en octobre dernier, le mouvement islamiste a rapidement repris le contrôle des zones dont Israël s'était retiré, tuant des dizaines de Palestiniens qu'il accusait de collaboration avec l'État hébreu, de vol ou d'autres crimes. Les puissances étrangères exigent le désarmement du groupe et son retrait du gouvernement, mais n'ont pas encore trouvé d'accord sur qui le remplacera.
Une douzaine de Gazaouis ont affirmé ressentir de plus en plus l'emprise du Hamas. Les autorités contrôlées par le mouvement surveillent tout ce qui entre dans les zones sous sous influence, prélèvent des taxes sur certains produits importés à titre privé, notamment le carburant et les cigarettes, et infligent des amendes aux commerçants qui pratiquent des prix excessifs, selon dix Gazaouis, dont trois sont des commerçants ayant une connaissance directe de la situation.
Le chef du bureau des médias du gouvernement du Hamas, Ismaïl Al-Thawabta, affirme que les informations selon lesquelles le Hamas taxait les cigarettes et le carburant étaient inexactes, niant que le gouvernement augmentait les taxes.
Un analyste voit le Hamas se renforcer
Les autorités se contentent d'assurer les tâches humanitaires et administratives urgentes tout en déployant des efforts considérables pour contrôler les prix, a déclaré M. Al-Thawabta, qui a réaffirmé la volonté du Hamas de céder le pouvoir à une nouvelle administration technocratique, précisant que l'objectif était d'éviter le chaos : « Notre but est que la transition se déroule sans heurts ».
Hatem Abou Dalal, propriétaire d'un centre commercial, estime que les prix étaient élevés en raison de l'insuffisance des importations. Selon lui, les représentants du gouvernement s'efforcent de rétablir l'ordre économique en effectuant des tournées, en contrôlant les marchandises et en fixant les prix.
Pour un habitant, Mohammed Khalifa, qui faisait ses courses dans le quartier de Nouseirat, au centre de Gaza, les prix fluctuaient constamment malgré les tentatives de régulation. « C'est comme à la bourse », a-t-il dit. « Les prix sont élevés. Il n'y a pas de revenus, la situation est difficile, la vie est dure et l'hiver approche », dit-il.
Le plan pour Gaza du président américain Donald Trump a permis d'obtenir un cessez-le-feu le 10 octobre et la libération des derniers otages vivants capturés lors des attaques menées par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Le plan prévoit la mise en place d'une autorité de transition, le déploiement d'une force de sécurité multinationale, le désarmement du Hamas et le début de la reconstruction.
Mais l'agence Reuters , citant de multiples sources, a rapporté cette semaine que la partition de facto de l'enclave semblait de plus en plus probable, les forces israéliennes étant toujours déployées sur plus de la moitié du territoire et les efforts pour faire avancer le plan américain étant au point mort.
La quasi-totalité des 2 millions d'habitants de Gaza vivent dans des zones contrôlées par le Hamas, qui a arraché le contrôle du territoire à l'Autorité palestinienne (AP) du président Mahmoud Abbas et à son mouvement Fateh en 2007.
Selon Ghaith al-Omari, chercheur principal du groupe de réflexion Washington Institute, les actions du Hamas visent à montrer aux Gazaouis et aux puissances étrangères qu'il est impossible de le contourner. « Plus la communauté internationale attend, plus le Hamas s'enracine », estime-t-il.
Le Hamas ne « gouvernera pas », insiste le Département d'État américain
Interrogé sur les témoignages de Gazaouis faisant état de taxes imposées par le Hamas sur certains produits, entre autres activités signalées, un porte-parole du département d'État américain a déclaré : « C'est pourquoi le Hamas ne peut pas et ne gouvernera pas à Gaza ».
Un nouveau gouvernement à Gaza pourra être formé une fois que les Nations unies auront approuvé le plan de Trump, a déclaré le porte-parole, ajoutant que des progrès ont été réalisés en vue de la formation d'une force multinationale.
L'Autorité palestinienne fait pression pour avoir son mot à dire dans la formation d'un nouveau gouvernement, bien qu'Israël rejette l'idée qu'elle puisse à nouveau administrer la bande de Gaza. Le Fateh et le Hamas sont en désaccord sur la manière dont ce nouvel organe de gouvernement devrait être constitué.
Le porte-parole du Fateh à Gaza a affirmé que les actions du Hamas « indiquent clairement qu'il veut continuer à gouverner ». Dans les zones contrôlées par Israël, de petits groupes palestiniens opposés au mouvement islamiste ont conservé une présence, et les habitants subissent des conditions désastreuses, même si une aide supplémentaire est arrivée depuis le cessez-le-feu.
« Ils enregistrent tout »
Selon un important importateur alimentaire gazaoui, le Hamas n'est pas revenu à une politique fiscale complète, mais « voit et enregistre tout ». « Ils surveillent tout ce qui entre, avec des points de contrôle le long des routes, arrêtent les camions et interrogent les chauffeurs », a-t-il déclaré sous couvert d'anonymat. Les manipulateurs de prix sont sanctionnés financièrement, ce qui contribue à faire baisser certains prix, qui restent cependant bien plus élevés qu'avant le début de la guerre, et les gens se plaignent de manquer d'argent.
Avant la guerre, le gouvernement du Hamas à Gaza employait jusqu'à 50 000 personnes, dont des policiers. M. Al-Thawabta a déclaré que des milliers d'entre elles avaient été tuées et que les survivants étaient prêts à poursuivre leur travail sous une nouvelle administration.
Les autorités du Hamas ont continué à verser des salaires à leurs miliciens pendant la guerre, tout en réduisant les plus hauts d'entre eux et en les uniformisant à 1 500 shekels (470 dollars) par mois, selon des sources du Hamas et des économistes au fait du dossier. Un diplomate a indiqué que le Hamas aurait puisé dans ses réserves de liquidités pour payer ces salaires.
Le gouvernement local a remplacé quatre gouverneurs régionaux tués, selon des sources proches du groupe. Un responsable du Hamas a indiqué que le groupe avait également remplacé onze membres de son bureau politique à Gaza, décédés eux aussi.



Qu'est -ce qu'ils croient ces stupides Israéliens ? Qu'ils peuvent éliminer le Hamas ? Ce n'est qu'un prétexte pour exterminer un maximum de Palestiniens.
14 h 22, le 16 novembre 2025