Des soldats israéliens arrivent aux funérailles du capitaine Omer Neutra, un soldat américano-israélien de 21 ans, capturé lors de l'attaque du 7 octobre 2023, au cimetière militaire de Kiryat Shaul, à Tel-Aviv, le 7 novembre 2025. Photo AFP/JACK GUEZ
L’an dernier, les États-Unis ont recueilli des informations selon lesquelles des responsables israéliens auraient discuté de la manière dont leurs soldats avaient envoyé des Palestiniens dans des tunnels de Gaza que les Israéliens croyaient potentiellement piégés avec des explosifs, selon deux anciens responsables américains au fait du dossier.
Ces informations ont été transmises à la Maison-Blanche et analysées par la communauté du renseignement dans les dernières semaines de l’administration du président Joe Biden, ont indiqué ces responsables.
Le droit international interdit strictement l’utilisation de civils comme boucliers lors d’opérations militaires. Au sein de l’administration Biden, des responsables avaient depuis longtemps exprimé leurs inquiétudes concernant des informations relayées dans la presse, selon lesquelles des soldats israéliens utiliseraient potentiellement des Palestiniens pour se protéger à Gaza. La collecte par Washington de ses propres éléments de preuve à ce sujet n’avait encore jamais été rapportée.
Prisonniers ou civils ?
Les renseignements américains collectés dans les derniers mois de 2024 ont suscité des interrogations à la Maison-Blanche et au sein de la communauté du renseignement sur l’ampleur de l’utilisation de cette tactique et sur la question de savoir si les soldats israéliens agissaient sur instructions de leurs chefs militaires, selon les responsables américains interrogés. Ces derniers, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat pour discuter d’informations sensibles relevant de la sécurité nationale, n’ont pas précisé si les Palestiniens évoqués dans le renseignement étaient des prisonniers ou des civils.
Reuters n’a pas pu déterminer si l’administration Biden avait évoqué ces renseignements avec le gouvernement israélien. Les anciens responsables de la Maison-Blanche sous le mandat de Joe Biden n’ont pas répondu aux demandes de commentaires, et la CIA n’a pas répondu à une demande similaire.
Dans un communiqué, l’armée israélienne a déclaré qu’elle « interdit l’utilisation de civils comme boucliers humains ou la coercition de quelque manière que ce soit à participer à des opérations militaires ». La Division des enquêtes criminelles de la police militaire enquête actuellement sur « des soupçons impliquant des Palestiniens dans des missions militaires », selon ce communiqué. Le gouvernement israélien n’a pas répondu aux questions portant sur d’éventuelles discussions de ces renseignements avec les États-Unis.
Des médias ont également indiqué que le Hamas utilisait des civils comme boucliers humains, notamment en plaçant ses combattants dans des structures civiles comme des hôpitaux. Des accusations démenties par le groupe palestinien. Des militants du Hamas ont enlevé 251 otages lors des attaques du 7 octobre 2023 et tué 1 200 personnes supplémentaires, selon les autorités israéliennes. L’offensive de représailles israélienne a, selon les services de santé de l’enclave, tué près de 69 000 Palestiniens.
Une implication américaine ?
Le renseignement concernant l’utilisation par l’armée israélienne de civils comme boucliers humains faisait partie de plusieurs éléments qui ont circulé au sein du gouvernement dans les dernières semaines de l’administration Biden. Durant cette période, la communauté du renseignement a analysé de plus en plus de sources inédites révélant des délibérations internes en Israël sur sa conduite militaire à Gaza. Reuters rapportait la semaine dernière qu’à la même période, l’administration Biden disposait également de renseignements montrant que des avocats israéliens mettaient en garde contre la possibilité que des preuves étayent des accusations de crimes de guerre visant Israël dans sa campagne à Gaza. Le gouvernement israélien n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur ces révélations.
Les anciens responsables américains indiquent que ces nouvelles informations en provenance d’Israël ont vivement inquiété plusieurs membres de l’ancienne administration, qui estimaient que ces éléments accréditaient les accusations, portées par certains au sein même du gouvernement américain, selon lesquelles Israël commettait des crimes de guerre. Si Tel-Aviv était reconnu coupable de tels actes, les États-Unis pourraient être tenus pour responsables d’avoir fourni des armes à l’armée israélienne. Washington serait également fortement incité à cesser de partager des renseignements avec Israël.
Dans les dernières semaines de l’administration Biden, des équipes juridiques de plusieurs agences américaines ont toutefois estimé que les éléments en leur possession ne démontraient pas que des crimes de guerre avaient été commis par Israël, permettant ainsi aux États-Unis de maintenir leur appui logistique et militaire. Certains anciens responsables américains précisent que l’ensemble des renseignements obtenus décrivait uniquement quelques incidents isolés à Gaza, et ne traduisait pas une politique ou une pratique systématique d’Israël.
Cet article est une traduction de L'Orient-Le Jour d'une dépêche en anglais de l'agence de Reuters.




Fin de mon commentaire parti à mon insu :Faites confiance aux enquêtes internes menées par les criminels eux-mêmes. Mais on sait que l'armée israélienne qui répond au doux nom de Tsahal est la plus morale du monde !
13 h 27, le 13 novembre 2025