L’envoyé américain en Syrie et au Liban, l’ambassadeur Tom Barrack lors de son passage à Beyrouth début juillet 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
L’envoyé américain en Syrie et au Liban, l’ambassadeur Tom Barrack, a déclaré dans un long message publié sur X que ces derniers jours avaient été marqués par « un tournant décisif dans l’histoire moderne du Moyen-Orient et dans la remarquable transformation de la Syrie, passant de l’isolement à la coopération ». Cette déclaration s’inscrit dans le sillage de la visite historique à la Maison-Blanche, lundi, du président syrien Ahmad el-Chareh, issu de la coalition de rebelles jihadistes qui a renversé Bachar el-Assad le 8 décembre 2025. M. Barrack a également déclaré que Damas aidera désormais à démanteler les poches de plusieurs groupes armés, dont le Hezbollah, et a appelé le Congrès américain à « donner réellement une chance à la Syrie » en procédant à l’abrogation complète de la loi Caesar.
La semaine précédant sa rencontre avec le président américain Donald Trump, Ahmad el-Chareh avait été retiré de la liste noire américaine des terroristes ainsi que des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU à son encontre – une mesure perçue comme un prélude à l’intégration de la Syrie dans la coalition internationale contre l’État islamique (EI).
« Lors d’une réunion cordiale et substantielle cette semaine, les présidents Donald J. Trump et Ahmad el-Chareh ont réaffirmé leur conviction commune : il est temps de remplacer la rupture par le dialogue et d’offrir à la Syrie – et à son peuple – une véritable opportunité de renouveau », a déclaré Tom Barrack, présent à Washington lundi.
« J’ai été témoin, dans le Bureau ovale, de l’engagement du président el-Chareh envers le président Trump de rejoindre la coalition internationale contre l’EI, marquant ainsi le passage de la Syrie de source de terrorisme à partenaire dans la lutte contre le terrorisme, avec un engagement pour la reconstruction, la coopération et la stabilité régionale. Damas aidera désormais activement à affronter et démanteler les poches de l’EI, du Corps des gardiens de la révolution iraniens (IRGC), du Hamas, du Hezbollah et d’autres réseaux terroristes, et sera un partenaire engagé dans les efforts mondiaux pour instaurer la paix », a-t-il ajouté.
« Lors d’une réunion trilatérale clé avec le secrétaire d’État Marco Rubio, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le ministre syrien Assaad al-Chaibani, nous avons défini la prochaine phase du cadre américano-turco-syrien : intégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans la nouvelle structure économique, défensive et civile syrienne, redéfinir les relations turco-syriennes et israéliennes, et renforcer la coordination soutenant le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas ainsi que les questions frontalières avec le Liban », a poursuivi l’ambassadeur.
Il a également salué la diplomatie « calme et résolue » de la Turquie, ainsi que « l’alliance élargie du Qatar, de l’Arabie saoudite et de la Turquie, qui a soutenu le retour de l’État syrien dans la région dans son ensemble, incluant toutes ses composantes tribales, religieuses et culturelles ».
« Le Moyen-Orient est, par nature, une mosaïque vivante : une région tissée de cultures, religions, tribus et traditions innombrables. La Syrie se tient au cœur de cette mosaïque (...) Dans l’interaction complexe de ces couches réside le défi et la promesse du renouveau régional », a encore ajouté l'envoyé américain, soutenant que la direction de l'administration Trump «trace un réalignement fondé sur la sécurité d’abord, la prospérité ensuite ».
« Cette semaine restera gravée dans les mémoires », a-t-il conclu.
Le ton de Tom Barrack à l’égard de la Syrie contraste avec les déclarations au vitriol qu’il a tenues à l’encontre du Liban ces derniers mois, alors que le cessez-le-feu fragile conclu fin novembre 2024 entre l’armée israélienne et le Hezbollah est quotidiennement mis à mal par des frappes israéliennes. Israël occupe encore plusieurs sites au Liban-Sud, et le parti chiite refuse de se désarmer tant que l’État hébreu poursuit ses actions et continue d'occuper des points du territoire libanais.




C’est fou, c’est comme on change d’époque. Apparemment son passé de djihadiste ou chef de guerre ne compte plus auprès de l’Administration américaine. Chez nos voisins d’outre-Naquoura, un boucher génocidaire est toujours dans les bonnes grâces de cette même Administration, la Cour de l’empire. Chez nous, pour parler de nous, nos chefs de guerre, s’ils ne sont pas encore suicidés pour leurs faits d’armes,vivent en reclus, ou sous mille gardes de peur de parler de leur passé de mercenaires. Tommy, vous aurez votre statue au musée Tussauds à New York ; comme Dwayne Johnson.Un autographe Tommy.
13 h 16, le 13 novembre 2025