Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'exprimant lors de la conférence « Women on the Front Lines », le 12 novembre 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Le Premier ministre Nawaf Salam a appelé mercredi les femmes libanaises à participer « massivement » aux élections législatives de 2026, autant comme « candidates qu'électrices », estimant que leur représentation au sein du Parlement restait « faible ».
« À toutes les femmes du Liban, je vous invite à participer activement aux prochaines élections, en tant que candidates ou électrices. C'est notre rendez-vous collectif avec l'histoire, pour créer ensemble un avenir différent et prometteur », a souligné M. Salam lors de son discours d'ouverture à une conférence organisée par la Fondation May Chidiac à l'hôtel Phoenicia à Beyrouth. Il a dans ce cadre estimé que « la représentation des femmes au Parlement reste faible, à un niveau qui ne reflète ni leur place réelle dans notre société ni leur présence active dans les domaines de la pensée, de la culture et de l'administration ». Le Premier ministre a rappelé que « les femmes ne sont représentées au Parlement que par huit députées sur 128, soit environ 6,3 %, alors que la moyenne mondiale est proche de 26 % », pointant du doigt un « écart évident et un déséquilibre structurel ». Selon lui, « les obstacles ne résident pas dans le manque de compétences des femmes, mais dans un système politique et social qui reste régi par des mentalités rétrogrades et arriérées, ce qui sape les possibilités d'un véritable changement. »
S'engager dans la vie publique
Il a aussi souligné que les cinq femmes ministres qui siègent actuellement dans son cabinet, aux portefeuilles de l'Environnement, de l'Éducation, du Tourisme, du Sport et du Développement social sont « visionnaires et très compétentes », estimant toutefois que cette représentation « ne suffit pas. » M. Salam a rappelé que de nombreuses candidates aux élections législatives de 2022 ont été victimes de harcèlement numérique et d'attaques sexistes visant leur apparence et leurs propos, qui ont parfois dégénéré en incitations à caractère sexuel. « Le véritable défi ne réside pas seulement dans l'accès aux postes de pouvoir mais dans la manière dont la société et certaines personnalités politiques traitent les femmes avant et après leur accession à ces postes », a-t-il précisé. Et de poursuivre : « Nous avons besoin de politiques et de législations qui ouvrent davantage de portes aux femmes et les encouragent activement à s'engager dans la vie publique. L'autonomisation des femmes n'est pas un geste symbolique ; c'est une condition essentielle à la renaissance du Liban et à la création d'un État moderne fondé sur l'égalité et l'État de droit. »
M. Salam a souligné que l'inégalité entre les sexes s'étend bien au-delà de la sphère politique. « Les femmes ne représentent que 27,5 % de la main-d'œuvre libanaise, contre 51 % à l'échelle mondiale, et détiennent moins de 10 % des entreprises » au Liban, a-t-il souligné. Il a aussi déploré que « les femmes représentent plus de 80 % des victimes de violence numérique au Liban, en plus de celles qui sont maltraitées au sein de leur foyer ».
Malgré ces défis, Salam a salué le nombre croissant de femmes libanaises qui excellent dans des domaines tels que le commerce électronique, l'intelligence artificielle, la médecine et les sciences, les qualifiant d'« espoir et de promesse d'un avenir meilleur ».


