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Moyen-Orient - Contestation

Tollé et suspicions après la mort en Iran d’un activiste qui s’était filmé brûlant un portrait de Khamenei

Survenu peu après sa vidéo, le décès d’Omid Sarlak, 22 ans, présenté comme un suicide, soulève des soupçons quant à un possible assassinat. 

Tollé et suspicions après la mort en Iran d’un activiste qui s’était filmé brûlant un portrait de Khamenei

Le jeune Omid Sarlak, 22 ans, a été retrouvé mort le 1er novembre dans sa voiture. Photo tirée des réseaux sociaux

À 22 ans, il a été retrouvé mort dans sa voiture, une balle dans la tête et des traces de poudre sur les doigts, ont rapporté les autorités iraniennes. Un suicide, affirment-elles. Une explication loin de convaincre les activistes antirégime, qui voient plutôt dans ce drame la main de la République islamique. Car le décès d’Omid Sarlak a été constaté un jour seulement après qu’il avait posté en ligne une vidéo de lui brûlant un portrait du guide suprême Ali Khamenei, le 31 octobre. De quoi alimenter la thèse de l’assassinat. D’autant que son père a été filmé sur le site où a été retrouvée la voiture, déclarant : « C’est ici qu’ils ont tué mon champion », et précisant que le jeune homme avait été auparavant « encerclé ». Si le père a par la suite affirmé aux médias d’État qu’il ne fallait pas « donner de l’importance à ce qui circule sur les réseaux sociaux et laisser les autorités judiciaires gérer le dossier », nombreux sont ceux qui ont dénoncé une vidéo forcée, estimant que la famille était sous surveillance. 

Le jeune homme, qui étudiait dans le domaine de l’aviation et était boxeur amateur, aurait contacté quelques jours avant sa mort le lutteur iranien Ebrahim Eshaghi, dont il était fan. « Il m’a envoyé un message selon lequel sa vie était en danger et que si quoi que ce soit lui arrivait, nous devrions être sa voix », a déclaré ce dernier au Guardian. « Il aimait la vie et avait une compétition de boxe dans deux semaines », a-t-il ajouté depuis l’Allemagne où il réside, affirmant que les proches d’Omid Sarlak pensaient qu’il avait été tué par les services de renseignements. Le jeune homme était un soutien des Pahlavi, la famille du chah, renversé en 1979. Dans son dernier message Instagram, il avait appelé les jeunes Iraniens à se soulever, sur fond d’un ancien discours de Mohammad Reza Pahlavi. « Combien de temps encore devrons-nous supporter l’humiliation, la pauvreté et l’oppression ? Le moment est venu de vous afficher, jeunes gens. Ces religieux ne sont rien de plus qu’un ruisseau que les jeunes doivent traverser », avait-il écrit.

Un nouveau mouvement de masse ?

Des centaines de personnes se sont rassemblées pour ses funérailles le 3 novembre, dans le village de Aligudarz, au sud-ouest de Téhéran, aux cris de « Mort au dictateur » ou encore « Mort à Khamenei ». Dans la foulée, de nombreux Iraniens ont partagé sur les réseaux sociaux des vidéos les montrant en train de brûler un portrait de l’ayatollah Khamenei, faisant d’Omid Sarlak une nouvelle icône de l’opposition au régime. Sur une vidéo partagée avec le Guardian, deux hommes expliquent : « Nous brûlons cette photo pour la justice, pour la liberté, pour l’espoir. Je suis Omid Sarlak. Mort à Khamenei et longue vie au chah. » Les autorités pourraient ainsi craindre une reprise des manifestations de la jeunesse iranienne après la vague de contestation survenue suite à la mort en détention de Mahsa Amini, le 16 septembre 2022. 

Pour mémoire

À l’ombre de sa guerre contre l’Iran, Israël a continué de semer la mort dans les territoires palestiniens

Une cause dont se sont ainsi emparés ceux qui espèrent plus ou moins ouvertement un changement de régime dans le pays. À commencer par le fils du dernier chah d’Iran, Reza Pahlavi, exilé aux États-Unis et proche d’Israël, qui a commenté sur la plateforme X : « Omid Sarlak s’est dressé contre l’oppression de la République islamique et a sacrifié sa vie pour la liberté de l’Iran. » La section Moyen-Orient du département d’État américain a de son côté condamné sur son compte X « la mort tragique d’Omid Sarlak », soulignant que « si les autorités locales affirment qu’il s’agit d’un suicide, le timing et les circonstances suspectes entourant cet incident suggèrent fortement l’implication du régime. (...) Les États-Unis se tiennent fermement aux côtés du peuple iranien dans sa lutte pour la justice, la dignité et la liberté ». Reste que si ces soutiens pourraient encourager la contestation, d’importantes mesures de sécurité et de surveillance ont été déployées suite à la répression du mouvement « Femme, Vie, Liberté » de 2022. Et l’État semble avoir préparé la contre-offensive, rejetant les allégations d’assassinat comme venant de médias « antirévolutionnaires ».

À 22 ans, il a été retrouvé mort dans sa voiture, une balle dans la tête et des traces de poudre sur les doigts, ont rapporté les autorités iraniennes. Un suicide, affirment-elles. Une explication loin de convaincre les activistes antirégime, qui voient plutôt dans ce drame la main de la République islamique. Car le décès d’Omid Sarlak a été constaté un jour seulement après qu’il avait posté en ligne une vidéo de lui brûlant un portrait du guide suprême Ali Khamenei, le 31 octobre. De quoi alimenter la thèse de l’assassinat. D’autant que son père a été filmé sur le site où a été retrouvée la voiture, déclarant : « C’est ici qu’ils ont tué mon champion », et précisant que le jeune homme avait été auparavant « encerclé ». Si le père a par la suite affirmé aux médias d’État qu’il ne...
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