Le député Ali Hassan Khalil au cours de son allocution a Ras el-Ain, le dimanche 9 novembre 2025. Photo ANI
Le député Ali Hassan Khalil, numéro deux du mouvement chiite Amal présidé par le chef du Parlement Nabih Berry, a lancé dimanche une violente diatribe contre les tentatives d’amendement de l’article de la loi électorale visant à permettre aux expatriés de voter pour les 128 sièges suivant leur lieu d’origine au Liban, au lieu des six que leur accorde le texte actuel.
« Nous avons le devoir de mener une bataille politique, et nous allons le faire, nous ne permettrons à personne de nous imposer une décision ou un choix qui ne fait pas cas de notre rôle et de notre position dans la vie politique du pays. Nous devons préserver notre droit de mener ces élections à l’interne comme à l’externe », a-t-il martelé lors d’une cérémonie à Ras el-Aïn-Deir Qanoun, dans le caza de Tyr, en commémoration de victimes tombées dans cette localité dans la guerre avec Israël.
Alors que la loi actuelle réserve aux expatriés qui veulent voter à partir de leur pays de résidence le seul droit de voter pour 6 députés et non les 128 de l’Hémicycle, une proposition de loi a été présentée au Parlement, soutenue par une majorité de parlementaires, pour leur permettre de voter pour les 128 suivant leur lieu d'origine. Or, le président du Parlement refuse de l'inscrire à l’ordre du jour, ce qui a causé un défaut de quorum lors des deux dernières sessions législatives.
Cette semaine, le gouvernement de Nawaf Salam a apporté son concours à cette proposition, en approuvant un projet de loi destiné à geler l’article en question en prévision des législatives de mai 2026, et de garder la porte de l’enregistrement des expatriés ouverte jusqu'à la fin de l’année. Mais ce texte, qui revêt un caractère d’urgence, doit encore être adopté par le Parlement.
Les détracteurs du tandem chiite Amal-Hezbollah le soupçonnent de craindre une perte d’influence si les expatriés votent en masse, parce qu'ils sont moins vulnérables aux pressions que les résidents. Les deux partis chiites, pour leur part, estiment que la situation actuelle ne favorise pas le lobbying à l’étranger, vu l’impact de la guerre et des sanctions internationales sur le Hezbollah.
Quoi qu’il en soit, M. Hassan Khalil a promis dimanche « une longue bataille », comptant sur « la volonté, la foi et la fidélité de notre peuple, qui va de victoire en victoire ». Il a accusé « certains de manquer de nationalisme et d'un sens réel de partenariat, et d’essayer d’opérer un coup d’état politique par cet amendement de la loi électorale qui sert les intérêts de certains citoyens au détriment d’autres ».
« Que personne ne parie sur notre faiblesse. Nous mènerons une bataille politique en faveur de la loi électorale actuelle, et contre les amendements proposés pour faire pression », a-t-il conclu.


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