Un bloc de béton marquant la « ligne jaune », tracée par l’armée israélienne à Boureij, dans le centre de la bande de Gaza, le 4 novembre 2025. Photo Bashar TALEB / AFP
Les combattants du Hamas retranchés dans la zone de Rafah, où est déployée l’armée israélienne, « ne se rendront pas », a affirmé dimanche la branche armée du mouvement palestinien islamiste, appelant les médiateurs à « trouver une solution à une crise » qui menace la trêve en vigueur depuis un mois.
La solution américaine envisagée pour la phase 2 du plan du président Donald Trump pour mettre fin au conflit à Gaza consiste à conditionner le retour, par un passage sûr, des membres du Hamas coincés dans les tunnels du côté israélien de la ligne jaune contre leur désarmement pacifique. Selon un responsable de la sécurité égyptienne, des médiateurs du Caire ont suggéré que, contre un passage sécurisé, les combattants encore présents à Rafah remettent leurs armes à l’Égypte et fournissent des renseignements sur les tunnels afin qu’ils soient détruits.
Dans leur communiqué dimanche, les brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, tiennent Israël pour responsable des affrontements en cours, affirmant que leurs hommes « se défendent ». « L’ennemi doit savoir que le concept de reddition ou de capitulation n’existe pas dans le dictionnaire des brigades al-Qassam (...) Nous plaçons les médiateurs face à leurs responsabilités : ils doivent trouver une solution pour assurer le maintien du cessez-le-feu et empêcher l’ennemi de se servir de faux prétextes pour le violer ou exploiter la situation afin de viser des civils innocents à Gaza », a ajouté le mouvement.
Depuis l’entrée en vigueur de la trêve à Gaza le 10 octobre derenier, la zone de Rafah a été le théâtre d’au moins deux attaques contre les forces israéliennes, qu’Israël a attribuées au Hamas, qui a toutefois nié toute responsabilité. Rafah a été le foyer des violences les plus graves depuis le début de la trêve : trois soldats israéliens y ont été tués, ce qui a entraîné des représailles ayant causé la mort de dizaines de Palestiniens.
Depuis le début du cessez-le-feu, le Hamas a remis 23 corps de 28 otages décédés, en affirmant que l’ampleur des destructions complique la localisation des dépouilles, tandis qu’Israël l’accuse de faire traîner le processus. De son côté, l'État hébreu a rendu les corps de 300 Palestiniens, selon le ministère de la Santé du territoire.
Les autorités sanitaires locales ont également rapporté la mort d’un homme dimanche lors d’une frappe aérienne israélienne à Bani Souhaila, à l’est de Khan Younès, dans le sud de l’enclave. L’armée israélienne n’a pas immédiatement commenté l’incident. Selon les chiffres israéliens, les militants dirigés par le Hamas avaient enlevé 251 otages et tué 1 200 personnes lors des attaques du 7 octobre 2023. En représailles, l’offensive israélienne a fait près de 69 000 morts palestiniens, d’après le ministère de la Santé de Gaza.


