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60e commémoration du Nostra Aetate : « L'Église regarde avec respect et estime la religion musulmane », déclare Raï

Le patriarche maronite juge que le Liban est un « terrain fertile » d'application de la déclaration de Vatican II, tout en soulignant que « le chemin reste long ».

60e commémoration du Nostra Aetate : «  L'Église regarde avec respect et estime la religion musulmane », déclare Raï

Le patriarche maronite Béchara Raï à Bkerké lors d'une cérémonie commémorant le 60e anniversaire de de la déclaration Nostra Aetate (« À notre époque »), le 8 novembre 2025. Photo publiée sur le compte Facebook du patriarche.

Le patriarche maronite Béchara Raï a déclaré samedi que l'Église catholique « regarde avec respect et estime la religion musulmane », à l'occasion de la 60e commémoration de la promulgation de la déclaration Nostra Aetate (« À notre époque ») par le Concile Vatican II, en 1965, qui connaîtrait un « « terrain fertile » au Liban même si le « chemin reste long », rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). La déclaration Nostra Aetate, dont la 3e section est consacrée à l'islam, a marqué un tournant dans la relation de l'Église avec les autres religions, appelant à l'ouverture et au dialogue avec elles.

Le patriarche a présidé la commémoration à Bkerké en compagnie des principaux dignitaires religieux musulmans du pays, ou de leurs représentants : le cheikh Akl druze Sami Abi el-Mona ; le représentant du mufti de la République, cheikh Abdel Latif Deriane ; le mufti de Tripoli et du Nord, cheikh Mohammad Imam ; le représentant du vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Ali Khatib, le mufti de Tyr et du Jabal Amel, cheikh Hassan Abdallah ; et le représentant du président du Conseil alaouite du Liban, cheikh Ali Kadour, le cheikh Ahmad Assi.

« L’approbation de cette déclaration reflète la conscience avancée de l’Église quant à sa mission, fondée sur la promotion de l’unité et de l’amour entre les hommes », a affirmé le patriarche dans son discours. Il a rappelé que « l’Église regarde avec respect et estime la religion musulmane et les nombreux points communs qu’elle partage avec le christianisme : la foi en un Dieu unique, la vénération du Christ et de sa mère Marie, et les richesses spirituelles qu’elle recèle ».

Selon le patriarche, « le Liban a constitué et constitue encore un terrain fertile pour la croissance des semences de cette déclaration : les pactes et engagements des relations islamo-chrétiennes s’y sont renouvelés, s’inscrivant davantage dans des cadres constitutionnels renforçant le Pacte national (1943) et consolidant la coexistence entre les composantes libanaises issues des deux religions ».

Le cardinal Raï a toutefois estimé que « malgré les progrès spirituels suscités par la déclaration et les initiatives libanaises qui ont mis en avant l’unité de ses fils, chrétiens et musulmans, et leur attachement définitif au Liban, le chemin reste long ». Il a notamment jugé que « l'absence d’une initiative nationale de purification des mémoires après les guerres demeure l’un des principaux obstacles à l’édification d’un État de citoyenneté où les Libanais se fondent dans une appartenance commune ».

Il a conclu en expliquant que cette rencontre samedi s'inscrit « dans le cadre du rôle historique de l’Église et de sa fidélité au Liban, « pays message », tout en étant un témoignage de la coexistence humaine islamo-chrétienne dans ses dimensions civilisationnelles : vivre et marcher ensemble pour bâtir la justice et la paix », et « prépare la visite prochaine du pape Léon XIV au Liban ».

Le Liban comme « message », en raison de la coexistence islamo-chrétienne qui y règne (notamment d'un point de vue politique et institutionnel), est un mot du Pape Jean-Paul II, qui avait visité le pays les 10 et 11 mai 1997. Léon XIV est attendu au Liban du 30 novembre au 2 décembre 2025, et sera le quatrième pape à fouler le territoire libanais, après Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI. Durant leurs visites, les trois Souverains pontifes avaient insisté tour à tour sur la nécessité de la coopération entre chrétiens et musulmans au Liban.

De leur côté, les dignitaires musulmans ont tous insisté sur « l’importance de diffuser les principes de la déclaration relatifs au dialogue interreligieux, et sur leur mise en œuvre pour renforcer les relations islamo-chrétiennes et l’expérience de la coexistence au Liban », dans des propos rapportés par l'Ani.

Le patriarche maronite Béchara Raï a déclaré samedi que l'Église catholique « regarde avec respect et estime la religion musulmane », à l'occasion de la 60e commémoration de la promulgation de la déclaration Nostra Aetate (« À notre époque ») par le Concile Vatican II, en 1965, qui connaîtrait un « « terrain fertile » au Liban même si le « chemin reste long », rapporte l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). La déclaration Nostra Aetate, dont la 3e section est consacrée à l'islam, a marqué un tournant dans la relation de l'Église avec les autres religions, appelant à l'ouverture et au dialogue avec elles.Le patriarche a présidé la commémoration à Bkerké en compagnie des principaux dignitaires religieux musulmans du pays, ou de leurs représentants : le cheikh Akl...