Le ministre des Finances, Yassine Jaber (au centre), face aux membres de la délégation représentant le conseil d’administration de la Banque mondiale. Photo diffusée par le ministère des Finances
Après une rencontre à son ministère avec une délégation de la Banque mondiale arrivée à Beyrouth jeudi, le ministre des Finances, Yassine Jaber, a déclaré à la chaîne de télévision locale LBCI que le retard dans l’approbation du prêt de 250 millions de dollars alloué par l’organisation internationale pour la reconstruction « suscite des inquiétudes quant à son éventuelle annulation ».
« Pour l’instant, il n’y a pas d’annulation. Mais, honnêtement, si nous tardons trop et ne prenons pas les choses au sérieux, il y a un délai précis et cela pourrait se produire », a-t-il ajouté, une déclaration reprise dans un communiqué publié par le ministère des Finances.
« J’ai été informé par la Banque mondiale à Washington lors des Assemblées annuelles qui se sont déroulées en octobre dernier, et cela a été réitéré aujourd’hui, que la date limite pour que le Liban approuve les prêts accordés par la Banque mondiale est fixée à la fin de l’année », a précisé Yassine Jaber.
Fin août, un accord de prêt de 250 millions de dollars avait été signé entre le Liban et la Banque mondiale pour financer la reconstruction des infrastructures — routes, eau, électricité et santé — dans les zones touchées par la guerre entre Israël et le Hezbollah. L’accord attend depuis d'être ratifié par le Parlement.
La délégation de la Banque mondiale comprend 11 représentants de sa direction, dont Jean-Christophe Carret, directeur de la Division Moyen-Orient de la Banque mondiale, et Abdelaziz Al-Mulla, représentant de la Banque mondiale pour le Moyen-Orient. Sa réunion avec Yassine Jaber s’est focalisée sur l’examen des projets financés par l’organisation et les perspectives de renforcement de la coopération.
« Ce fut une réunion constructive. Je souhaite accueillir la visite des membres du conseil exécutif de la Banque mondiale. C’est la première fois qu’une délégation de cette envergure se rend au Liban », a précisé Yassine Jaber.
« La délégation effectuera aujourd’hui une tournée dans différentes régions du Liban, notamment la Békaa, pour visiter les projets financés par la Banque mondiale. Demain, elle rencontrera les trois présidents — de la République, Joseph Aoun, du Parlement, Nabih Berry, et du gouvernement, Nawaf Salam — ainsi qu’un certain nombre de ministres au Grand Sérail. Samedi prochain, elle se rendra dans le Sud pour suivre de près les projets financés par la Banque mondiale », a-t-il poursuivi.
Lors d’une réunion récente, Yassine Jaber et plusieurs députés ont évoqué la possibilité que la Banque mondiale suspende son financement au Liban si le pays confirme qu’il ne signera pas d’accord de financement avec le FMI — un accord conditionné à une série de réformes, la plus cruciale étant la restructuration du secteur bancaire. Le principal blocage aujourd’hui provient de l’insistance de la Banque du Liban (BDL) pour que la restructuration bancaire et la récupération des dépôts relèvent de sa compétence et de celle de l’Autorité supérieure de contrôle bancaire (HBA), présidée par le gouverneur de la BDL, Karim Souhaid, sans nécessairement appliquer les normes recommandées par le FMI.



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