Critiques littéraires Jeunesse

L’enquête d’Anna Zavatian

L’enquête d’Anna Zavatian

Les Découvertes vertes d’Anna Zavatian de Vincent Cuvellier et Charline Colette, Hélium, 2025, 208 p.

Avec plus d’une centaine de publications, entre textes d’albums et scénarios de BD, Vincent Cuvellier est un auteur majeur et une voix singulière de la littérature jeunesse contemporaine.

Ces dernières années, on le retrouve plus fréquemment dans les rayons « Romans » : « J’ai eu l’habitude d’avoir plusieurs activités. J’ai fait de l’édition et aussi ouvert un commerce de livres jeunesse d’occasion. Mais j’ai décidé depuis quelques années de me recentrer sur l’écriture. Ce qui me permet d’écrire pour des formats plus longs, comme le roman. »

Après un triptyque de romans – Élisabeth sous les toits, Madeleine sous la ville et Alexandre sur les flots, parus aux éditions Little Urban – le revoici, cette fois chez Hélium, avec Les Découvertes vertes d’Anna Zavatian, illustré par Charline Colette.

Anna Zavatian vit seule avec sa mère. Son père ? Armand Zavatian est le plus grand scientifique du monde. Et comme si cela ne suffisait pas à en faire une légende, il a aussi disparu dans des circonstances mystérieuses, lors d’une exploration à hauts risques.

Et voilà qu’après des années d’un isolement soigneusement entretenu par sa mère, Anna Zavatian décide de sortir de chez elle… et de suivre la moindre piste qui se présenterait à elle pour retrouver son père.

On retrouve dès les premières lignes l’écriture très particulière de Vincent Cuvellier, dans laquelle l’auteur est omniprésent : il commente, fait des apartés et s’adresse directement au lecteur, donnant à ses phrases une rythmique cadencée, balançant entre la sophistication de l’écrit et la décontraction de l’oral. « J’utilise les interactions avec les lecteurs depuis très longtemps. Ma recherche en écriture est de mettre de la vie et de l’énergie dans les phrases. »

L’enquête d’Anna Zavatian pour retrouver son père avance en rebondissant sur une série d’idées étonnantes, entre jeu de l’esprit et poésie : comme cette improbable « Usine de trous » ou cette théorie selon laquelle le nombre de papillons sur terre est toujours stable : l’un naissant au moment où un autre meurt. « Mais ça aurait pu être d’autres idées. Au fond, Anna Zavatian repose essentiellement sur les inventions. Tant qu’il y a des idées, le récit continue. C’est le moteur. Je mets chacun de mes romans sous le parrainage d’un style, d’une période ou d’un auteur. Pour ma précédente série de romans, c’étaient les auteurs des années 1920 : Joseph Kessel, Mac Orlan, Blaise Cendrars… Pour Anna Zavatian, c’est Roald Dahl. Comme dans ses histoires, je me suis dit que tout serait permis. Pas besoin que les idées soient plausibles : l’important est qu’ensuite, tout tienne debout et qu’il y ait une logique interne. »

Mais Anna Zavatian est aussi un récit d’amitié. Car Anna ne se contente pas de chercher à reconstituer sa famille biologique : sur le chemin, elle s’en construit une nouvelle. « Il y a des schémas obsessionnels dans mes histoires : comme par exemple les adultes qui n’assurent pas, et les enfants qui, eux, assurent. Ces mêmes enfants finissent bien souvent par se fabriquer des familles de choix. »

La suite ? Un nouveau roman paraîtra bientôt aux éditions Gallimard, avec des illustrations de François Maumont : « Un roman dans lequel le thème de la famille que l’on se fabrique revient, et qui s’intitulera 7, Rue Mirabelle. »


Les Découvertes vertes d’Anna Zavatian de Vincent Cuvellier et Charline Colette, Hélium, 2025, 208 p.Avec plus d’une centaine de publications, entre textes d’albums et scénarios de BD, Vincent Cuvellier est un auteur majeur et une voix singulière de la littérature jeunesse contemporaine.Ces dernières années, on le retrouve plus fréquemment dans les rayons « Romans » : « J’ai eu l’habitude d’avoir plusieurs activités. J’ai fait de l’édition et aussi ouvert un commerce de livres jeunesse d’occasion. Mais j’ai décidé depuis quelques années de me recentrer sur l’écriture. Ce qui me permet d’écrire pour des formats plus longs, comme le roman. »Après un triptyque de romans – Élisabeth sous les toits, Madeleine sous la ville et Alexandre sur les flots, parus aux éditions Little...
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