Le président syrien Ahmad el-Chareh s'exprimant lors d'une rencontre avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou, en Russie, le 15 octobre 2025. Photo Sergey Bobylyov/Sputnik via Reuters
Les États-Unis ont proposé un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies visant à lever les sanctions imposées au président syrien Ahmad el-Chareh, attendu lundi prochain à la Maison-Blanche pour y rencontrer le président américain Donald Trump.
Selon un document consulté mardi par Reuters, le texte prévoit également la levée des sanctions contre le ministre syrien de l’Intérieur, Anas Khattab. On ignore encore à quelle date le projet serait soumis au vote du Conseil. Pour être adopté, celui-ci devra recueillir au moins neuf voix favorables et ne faire l’objet d’aucun veto des cinq membres permanents que sont la Russie, la Chine, les États-Unis, la France et le Royaume-Uni.
Washington plaide depuis plusieurs mois auprès des quinze membres du Conseil pour un assouplissement des sanctions visant la Syrie. Dans la foulée de l'annonce faite par le président américain Donald Trump en mai, un porte-parole du département d’État américain a assuré la semaine dernière que l’administration Trump soutient l’abrogation des sanctions de la loi César (« Caesar Act ») imposées par Washington à la Syrie, dans le cadre du projet de loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA) actuellement examiné par le Congrès. De plus, en décembre 2024, les États-Unis avait retiré la prime de 10 millions de dollars appliquée qui pesait sur la tête d'Ahmad el-Chareh en raison de son passé de combattant djihadiste, alors qu'il était connu sous le nom d'Abou Mohammad el-Jolani.
Après treize ans de guerre civile, le président syrien Bachar el-Assad a été renversé en décembre lors d’une offensive éclair menée par des rebelles dominés par le groupe islamiste Hayat Tahrir el-Cham (HTC). Anciennement connu sous le nom de Front al-Nosra, HTC était la branche officielle d’el-Qaëda en Syrie avant de rompre avec l’organisation en 2016. Depuis mai 2014, le groupe figure sur la liste des sanctions du Conseil de sécurité visant el-Qaëda et l’État islamique.
Plusieurs anciens membres de HTC sont toujours visés par des sanctions des Nations unies — interdiction de voyager, gel des avoirs et embargo sur les armes — dont son ancien chef, Ahmad el-Chareh, ou le ministre Anas Khattab. Le comité des sanctions du Conseil de sécurité a toutefois accordé cette année plusieurs exemptions de voyage à el-Chareh. Ainsi, même si la résolution américaine n’était pas adoptée avant lundi, le président syrien devrait pouvoir se rendre à Washington. Selon un rapport de l’ONU consulté par Reuters en juillet, les experts chargés du suivi des sanctions n’ont constaté aucun lien actif cette année entre el-Qaëda et HTC.


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