Des étudiants soudanais d'écoles de la région du Nil oriental, dans la capitale, brandissent le drapeau soudanais lors d'une manifestation contre les exactions commises par les Forces de soutien rapide (FSR) contre la population d'El-Fasher, à Khartoum, le 3 novembre 2025. Photo Ibrahim Hamid/AFP
L'ambassadeur du gouvernement soudanais proarmée a appelé mardi la communauté internationale à faire pression sur les Emirats arabes unis, accusés de soutenir les paramilitaires engagés depuis avril 2023 dans une guerre dévastatrice au Soudan.
Le fournisseur d'armes est « bien connu. Il s'agit des Emirats arabes unis. Le Soudan appelle la communauté internationale à agir sans délai (...) par une décision ferme et concrète », a exhorté Hassan Hamid, ambassadeur auprès de l'ONU du gouvernement.
Au Soudan, l'armée dirigée par le général Abdel Fattah al-Burhane, administre le nord, le centre et l'est du pays tandis que les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) commandées par le général Mohamed Daglo, contrôlent l'ouest et certaines parties du sud avec leurs alliés. Les deux camps sont en guerre depuis avril 2023, et tous deux accusés d'exactions.
Très tôt dans le conflit, l'armée a accusé les Emirats de soutenir les FSR avec des armes et des mercenaires envoyés via le Tchad, la Libye, le Kenya ou la Somalie, par voie terrestre ou aérienne.
Abou Dhabi a toujours nié toute ingérence, malgré les preuves alignées par des rapports internationaux et enquêtes OSINT fondées sur l'analyse de données accessibles à tous en ligne.
« Nous exigeons une pression publique et décisive sur les Emirats arabes unis afin qu'ils cessent immédiatement d'armer et de financer ces milices terroristes. Cette pression ne doit pas rester cantonnée à des discussions à huis clos », a insisté M. Hamid devant la presse à Genève.
Après 18 mois de siège, les FSR ont pris le 26 octobre El-Facher, dernière grande ville du Darfour (ouest) qui échappait encore à leur contrôle et où les témoignages et informations sur des violences meurtrières contre les civils se multiplient.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a fait état de « témoignages horribles », évoquant « exécutions sommaires, massacres, viols, attaques contre des travailleurs humanitaires, pillages, enlèvements et déplacements forcés ».
« Tant que ces livraisons d'armes ne seront pas immédiatement stoppées, la situation ne fera qu'aggraver la détérioration des droits humains et entraîner de nouvelles violations et atrocités », a insisté M. Hamid, estimant que « l'inaction de la communauté internationale à cet égard » constituait un « feu vert » pour le FSR et les Emirats.

