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Politique - Liban-Sud

Attaque meurtrière à Blida : Aoun demande à l'armée de « riposter » à toute incursion israélienne

Le Hezbollah et Berry ont salué la prise de position de Joseph Aoun.

Un soldat libanais à bord d'un véhicule militaire devant la municipalité de Blida, au Liban-Sud, le 30 octobre 2025. Photo Matthieu Karam / L'Orient-Le Jour

L'attaque israélienne de la nuit de mercredi à jeudi à Blida, lorsqu'une patrouille s'est infiltrée en territoire libanais et a tiré sur le siège de la municipalité, y abattant un employé qui dormait sur place, est inédite depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre 2024. Et les réactions qu'elle a suscitées ont aussi pris une tournure plus dure, notamment à l'encontre du « Mécanisme » de surveillance de la trêve, qui s'était réuni la veille. Parmi les prises de position ayant marqué les esprits, celle qui pourrait marquer un tournant dans la façon dont le Liban réagit aux attaques quasi-quotidiennes de l'Etat hébreu est la demande faite par le président Joseph Aoun à l'armée de riposter aux incursions israéliennes, qui a été saluée notamment par le Hezbollah et le chef du Parlement, Nabih Berry.

Les réactions à cette attaque se sont enchaînées alors que, dans le Sud, la colère gronde et les habitants réclament des autorités libanaises qu'elles « prennent leurs responsabilités ».

Joseph Aoun a demandé au commandant de l'armée libanaise, le général Rodolphe Haykal, lors d'une réunion à Baabda, que la troupe riposte à toute incursion israélienne au Liban-Sud, « afin de défendre le territoire libanais et la sécurité des citoyens ». Le président Aoun a indiqué que « cette agression, qui s'inscrit dans la série des pratiques agressives d'Israël, est survenue peu après la réunion du comité de surveillance du cessez-le-feu (« mécanisme »), qui ne devrait pas se contenter d'enregistrer les faits, mais plutôt d’œuvrer pour y mettre fin en faisant pression sur Israël et en le poussant à respecter les dispositions de l'accord de novembre dernier et à cesser ses violations de la souveraineté libanaise ».

Les habitants du Sud « paient le prix de leur attachement à leur terre »

Commentant l’attaque de Blida, l’incursion israélienne menée pendant la nuit à Adaïssé, au cours de laquelle une husseiniyé (salle de célébration) a été dynamitée, ainsi que les frappes menées ce matin au Liban-Sud et les survols de drones au-dessus de Beyrouth, M. Berry, a estimé pour sa part que ces incidents « constituent un acte qui dépasse la violation par Israël de la souveraineté nationale libanaise et des résolutions des Nations unies ». « Il s'agit en fait d'une agression contre le Liban qui ne peut être contenue par une simple condamnation », a-t-il déclaré. M. Berry a par ailleurs appelé à « soutenir le président de la République », qui a demandé ce matin à l’armée libanaise de s'opposer à toute incursion israélienne.

Le Premier ministre Nawaf Salam, premier à s'exprimer dans la matinée après la fusillade, a, lui, dénoncé une « violation flagrante des institutions et de la souveraineté de l'État libanais » avec l'incursion et le ciblage d'un employé municipal dans l'exercice de ses fonctions. Présentant ses condoléances à la famille d'Ibrahim Salamé, il a affirmé sa « solidarité » avec les citoyens du Sud « qui paient chaque jour le prix de leur attachement à leur terre et à leur droit de vivre en sécurité et dans la dignité sous la souveraineté et l'autorité de l'État libanais ». « Nous continuons à faire pression sur les Nations unies et les pays signataires de l'accord de cessation des hostilités afin de garantir la fin des violations répétées et la mise en œuvre du retrait complet d'Israël de nos terres », a ajouté M. Salam dans un communiqué.

Le Hezbollah appelle à une position nationale « ferme »

Le ministre de l'Intérieur et des Municipalités, Ahmad Hajjar, a de son côté condamné dans un communiqué « le crime odieux commis par l'ennemi israélien » à Blida, dénonçant une « violation flagrante des droits de l'homme ». Il a souligné qu'il était temps de « mettre fin aux agressions contre les civils et les installations publiques », réaffirmant son soutien au habitants de Blida, et aux employés municipaux de la région « qui continuent à travailler malgré tous les dangers et les conditions difficiles. »

Dans un communiqué, le Hezbollah a « condamné fermement ce nouveau crime israélien et dénoncé la « complicité » de Washington dans les attaques israéliennes, « qui veut faire pression sur le Liban pour qu'il mette en œuvre un agenda qui n'est pas conforme à son intérêt national ». Le Hezbollah a dans ce cadre appelé l'Etat et toutes les forces politiques à « adopter une position nationale unifiée, responsable et ferme » et salué la décision du président Aoun d'ordonner à l'armée de riposter aux incursions israéliennes. Le parti chiite a par ailleurs appelé « le gouvernement à prendre des mesures différentes de celles qu'il a prises au cours des 11 derniers mois et à assumer ses responsabilités en adoptant un plan politique et diplomatique visant à mettre fin aux agressions et à protéger les citoyens libanais et leurs intérêts ». Le Hezbollah a en outre demandé « à la communauté internationale, au Conseil de sécurité de l’ONU et aux Casques bleus d'assumer leurs responsabilités en adoptant des positions dissuasives et appropriées pour mettre fin à l'agression ».

L'attaque israélienne de la nuit de mercredi à jeudi à Blida, lorsqu'une patrouille s'est infiltrée en territoire libanais et a tiré sur le siège de la municipalité, y abattant un employé qui dormait sur place, est inédite depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, le 27 novembre 2024. Et les réactions qu'elle a suscitées ont aussi pris une tournure plus dure, notamment à l'encontre du « Mécanisme » de surveillance de la trêve, qui s'était réuni la veille. Parmi les prises de position ayant marqué les esprits, celle qui pourrait marquer un tournant dans la façon dont le Liban réagit aux attaques quasi-quotidiennes de l'Etat hébreu est la demande faite par le président Joseph Aoun à l'armée de riposter aux incursions israéliennes, qui a été saluée notamment par le...
commentaires (16)

Bravado and bluster from the president trying to coddle and pamper hezb.

EL KHALIL ABDALLAH

12 h 12, le 31 octobre 2025

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Commentaires (16)

  • Bravado and bluster from the president trying to coddle and pamper hezb.

    EL KHALIL ABDALLAH

    12 h 12, le 31 octobre 2025

  • A l,attention de notre President : Le droit donne a Israel d,intervenir sur le sol Libanais ( au moindre soupcon ) a ete co-signe/accepte avec le hezb par Berry et Mikati alors representant conjointement L,ETAT. Pour note uniquement. Je condamne bien sur en tant que Libanais les interventions barbares israelienne en notre territoire quel qu,en soit la clause qu,ils avancent pour couvrir leurs crimes. Meme chose a Gaza ou, comme Berry le portier de SEMSOM ils ouvrent et ferment le cessez-le-feu a volonte, avec TRUMP qui nous chante que ce cessez-le-feu est toujours en force.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    09 h 59, le 31 octobre 2025

  • Notre destin entre les mains d'amateurs et de sbires......

    Tabet Karim

    08 h 49, le 31 octobre 2025

  • Soit Joseph Émile Lahoud persiste et devra confronter les 80 à 90 pour cent de Libanais qui ne veulent même pas entendre PARLER de cette guerre, soit il se ridiculise. Je penche plutôt pour la deuxième option..

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    07 h 29, le 31 octobre 2025

  • En attendant c’est un devoir pour tout militaire de DÉSOBÉIR à cette très grave erreur de notre Aoun-Lahoud.

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    07 h 16, le 31 octobre 2025

  • Depuis que les souverainistes ont réussi à monter une majorité parlementaire en faveur du vote des émigrés pour les 128, Joseph Aoun se révèle et ne cesse de nous surprendre chaque jour. Mercredi en critiquant le boycott de la majorité parlementaire, et maintenant en voulant riposter non seulement avec mais même à la place du parti safavide. Là Joseph ne ressemble même plus à Michel mais à Émile (Lahoud). Devra-t-on faire à Joseph ce qu’on aurait dû faire à Émile (destitution), avant même de désarmer le Hezbollah, pour sauver le Liban ?

    MAKE LEBANON GREAT AGAIN

    07 h 13, le 31 octobre 2025

  • L’Etat avait pris avec raison, la voie diplomatique pour en finir avec toutes ces guerres. Le Liban n’a pas ouvert les hostilités contre Israël, mais bien une milice illégale et vendue implantée ici. Alors et avant même une enquête, pourquoi ce changement majeur, pris à chaud ? On sait très bien que notre armée, malgré son courage, manque de moyens pour confronter la première puissance militaire de la région. Si cette décision a été saluée par le duo chiite c’est bien la preuve qu’elle ne sert pas l’intérêt du Liban. Raouché n’a pas pu être défendue, alors du calme s’il vous plaît.

    Goraieb Nada

    05 h 43, le 31 octobre 2025

  • Mais a t il une cervelle ce type???????

    Robert Moumdjian

    04 h 19, le 31 octobre 2025

  • Condoléances à la famille Salamé ! L'Etat voyou a encore assassiné un civil sans aucune raison. Depuis le temps que durent ces tueries, il était temps que le Président réagisse. Les armes sont peut-être maigres mais elles peuvent défendre nos civils. C'est la moindre des raisons d'être de l'armée quand l'Etat israélien n'a aucun respect de sa propre signature de cessez-le-feu. Certains commentateurs oublient l'histoire de la création de cet Etat voyou sur le sang des palestiniens, se voilent les yeux sur les dires des dirigeants israéliens et préfèrent ramper devant eux. Pour quels résultats ?

    Fredo

    00 h 02, le 31 octobre 2025

  • Monsieur le président votre position ça ressemble à vite déclaration de dénoncer le boycottage parlementaire Il me semble que vous voyer le symptôme plutôt que la maladie . C’est un problème majeur pour un chef d’état

    William SEMAAN

    22 h 52, le 30 octobre 2025

  • Lui président Aoun qui essaie de nous vendre sa sagesse qui veut épargner aux libanais, qui n’en peuvent de souffrir,que sa décision de ne pas accélérer les démarches pour nous épargner une guerre civile, vient nous mettre en danger de mort et d’existence certain pour sauver ceux qui nous ont mené à ce stade de décomposition. On n’arrive plus à suivre la logique de ce président sage, qui apparemment n’a pas assisté à la dernière guerre qui a été décidée et perdue par les fossoyeurs de notre pays. Apparemment ilest plus suicidaire que sage, et le message est passé. Tantôt fort tantôt impuis

    Sissi zayyat

    19 h 45, le 30 octobre 2025

  • Soyons un peu sérieux. L’armée, pas plus tard qu’hier avait annoncé que le ralentissement du désarmement de la milice maléfique est du à un manque d’explosifs. Le président que les libanais ont sacralisé vient donner l’ordre à riposter? Riposter avec quoi Monsieur le président? Soit vous avez les moyens d’exiger le dépôt d’armes d’une milice vendue et de faire en sorte qu’elle s’exécute pour éviter d’Autres agressions, soit vous n’avez pas les moyens et cette décision relève d’un amateurisme qui n’est digne pas digne de vous. Assez jouer avec nos nerfs et nos vies. Assumez vos responsabilités

    Sissi zayyat

    19 h 27, le 30 octobre 2025

  • Tiens tiens Joseph Aoun à la capacité nécessaire pour riposter à Israël, mais paralysé devant les milices palestiniens et iraniennes chez nous. Il est devenu le garant du Hezbollah et Berri. Il va nous faire oublier Michel Aoun

    Gebran Eid

    18 h 49, le 30 octobre 2025

  • Ils ne cessent de nous raconter que si le HB n’est pas encore désarmé c’est faute de munitions et d’armes. Alors que notre président nous éclaire sur les moyens avec lesquels il compte faire la guerre à Israël. Il est contre une division interne et veut faire détruire notre pays? Ça va ou bien?

    Sissi zayyat

    17 h 30, le 30 octobre 2025

  • Quid du hezbollah ? L’armée a-t-elle aussi le droit de riposter ou bien doit-on continuer à endurer cette mise en scène ? Là est le vrai problème, le reste n’est que paroles vaines

    Joey Helou

    16 h 51, le 30 octobre 2025

  • Enfin une décision ! Espérons qu'elle sera muse en pratique. Les soldats Israéliens n'ont rien à faire chez nous et riposter à leurs attaques n'est que de la légitime défense,

    Politiquement incorrect(e)

    15 h 44, le 30 octobre 2025

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