L’épouse du président français, Brigitte Macron (à droite), et le journaliste Matthieu Lartot assistent à un défilé organisé pour alerter les autorités sur l’injustice de la prise en charge des prothèses et collecter des fonds pour financer cet équipement, notamment pour les activités sportives, au complexe de Roland-Garros à Paris, le 8 octobre 2025. Photo Stéphane de Sakutin/ AFP
La fille de Brigitte Macron, épouse du président de la République française cible d'une infox mondiale l'accusant d'être une femme transgenre, a déploré la « dégradation des conditions de santé de sa mère », au second jour du procès de cyberharcèlement la visant.
Les réquisitions contre les dix prévenus, âgés de 41 à 65 ans, jugés depuis lundi devant le tribunal correctionnel de Paris, sont attendues en fin de journée. Le jugement devrait ensuite être mis en délibéré.
Cette riposte judiciaire en France, doublée d'une plainte aux États-Unis, intervient après quatre ans de polémiques et de rumeurs qui n'ont cessé d'enfler, largement relayées par les réseaux complotistes et d'extrême droite.
L'épouse du chef de l'État « est contrainte de faire attention aux tenues (qu'elle porte), aux postures car elle sait que son image peut-être détournée » en permanence, a déploré sa fille Tiphaine Auzière, avocate de 41 ans, au cours de sa déposition devant le tribunal correctionnel.
Absente du procès, Brigitte Macron a affirmé aux enquêteurs que la rumeur avait eu « un très fort retentissement » sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que « leur grand-mère est un homme ».
L'un des principaux prévenus de l'affaire, un publicitaire connu et suivi sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Zoé Sagan », sera notamment entendu mardi.
Lundi, plusieurs prévenus - courtier, professeur de sport ou informaticien - ont exprimé leur surprise d'avoir à répondre de publications « satiriques », relevant selon eux de la liberté d'expression.
L'une d'eux, une médium de 51 ans, a souhaité exercer son droit au silence à la barre, expliquant qu'elle s'était déjà longuement « exprimée ».
Elle est l'autrice d'une vidéo virale publiée en 2021 affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel aurait pris son identité après une transition de genre.
Vue plus de 4 millions de fois et depuis retirée de la plateforme, elle a largement contribué à amplifier la rumeur, selon les dires de Brigitte Macron rapportés par le président du tribunal.
Condamnée aux côtés d'une autre femme pour diffamation en première instance en septembre 2024 par la justice française à payer plusieurs milliers d'euros de dommages et intérêts à Brigitte Macron et à son frère Jean-Michel Trogneux, elle a été relaxée en appel le 10 juillet. Mme Macron s'est pourvue en cassation avec son frère.
Plusieurs personnes jugées à Paris ont relayé les publications virales de l'Américaine Candace Owens, se réjouissant de voir « l'affaire Brigitte » s'internationaliser.
Le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites contre la podcasteuse d'extrême droite, auteure d'une série de vidéos vue plusieurs millions de fois, intitulée « Becoming Brigitte » (« Devenir Brigitte »).


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