À Bar Elias, un camp de réfugiés syriens à proximité du fleuve Litani, en janvier 2021. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
La polémique autour de la pollution du fleuve Litani a pris une tournure institutionnelle cette semaine, sous la forme d'un échange de lettres entre l'Autorité du Litani et le représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au Liban. Alors que l'Autorité dénonçait l'impact sur l'environnement des camps informels syriens installés dans le bassin du fleuve, le HCR a répondu, et s'est défendu, jeudi, dans une missive transmise à L’Orient-Le Jour, dans laquelle il se dit prêt à renforcer la coopération avec les responsables.
Tandis que le directeur de l'Autorité, Sami Alaouiyé, exprimait dans sa correspondance son inquiétude face à « la dégradation croissante des ressources en eau du bassin du Litani » attribuée aux rejets d’eaux usées et de déchets solides issus des implantations informelles de réfugiés syriens, le HCR a rappelé dans sa lettre officielle que l’agence n’a établi ni ne gère aucun camp de réfugiés en territoire libanais. « Il n’existe pas de camps formels pour réfugiés syriens établis par le HCR ou d’autres organisations internationales au Liban, peut-on lire dans la lettre. Les établissements informels résultent d’arrangements privés entre propriétaires terriens et familles réfugiées, qui paient un loyer pour les parcelles qu’elles occupent ».
L’agence a en outre affirmé qu'elle avait arrêté de financer et de soutenir les projets d'assainissement des eaux usées le long du fleuve, désormais confiés à des associations avec une meilleure expertise technique, alors que l'Autorité avait dénoncé des affirmations « trompeuses selon lesquelles les eaux usées des camps seraient traitées avant rejet ». Elle a ajouté qu’aucune aide au logement n’est fournie dans un rayon de 50 mètres autour des berges du Litani, conformément aux directives émises par la l'Autorité, et que ses équipes « encouragent activement les familles à se relocaliser plus loin du fleuve ».
Retour des réfugiés : le HCR évoque un mouvement en cours
Concernant le point soulevé par l'Autorité du fleuve sur la nécessité d’un retour progressif en Syrie, le HCR assure que le processus est déjà engagé. « Le HCR soutient activement le retour des réfugiés syriens, en étroite coordination avec le comité interministériel, le ministère des Affaires sociales, la Sûreté générale et les agences partenaires », précise la déclaration. Selon ses chiffres, environ 300.000 Syriens sont rentrés dans leur pays depuis le début de l’année 2025, et le nombre devrait atteindre 400.000 d’ici la fin de l’année.
Le communiqué du HCR se concluait sur une note d’apaisement, dans laquelle il disait « apprécier et encourager la collaboration continue » avec l'Autorité et les autorités libanaises « afin de protéger l’environnement du Liban tout en répondant aux besoins humanitaires des plus vulnérables ».
L'Autorité du Litani avait notamment fait état, selon ses évaluations, du déversement chaque année dans le fleuve de « plus de deux millions de mètres cubes d’eaux usées non traitées, menaçant l’irrigation, les réserves d’eau potable et la santé publique ».


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