Le Premier ministre Nawaf Salam et mufti de la République, Abdelatif Deriane à Dar el-Fatwa le 23 octopbre 2025. Photo Ani
Le Premier ministre Nawaf Salam a assuré jeudi qu’« aucune décision du gouvernement ne sera prise à la légère » et que l’exécutif restait déterminé à aller jusqu’au bout, qu’il s’agisse du dossier du rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire ou des réformes nécessaires pour assainir le système financier du pays, en crise depuis la fin de 2019, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Le chef du gouvernement s’exprimait depuis Dar el-Fatwa (la plus haute autorité sunnite au Liban), où il s’était réuni avec le mufti de la République, Abdelatif Deriane, à quelques heures d’une réunion du Conseil des ministres consacrée à plusieurs dossiers économiques. Le Hezbollah refuse jusqu’à présent de se plier à la décision prise par l’exécutif au courant de l’été de donner le coup d’envoi effectif au processus de désarmement du parti, tandis que les efforts initiés par le gouvernement pour faire avancer les négociations avec le Fonds monétaire international — censées déboucher sur un programme d’assistance conditionné à la mise en œuvre de réformes — se heurtent à l’opposition des banques et de leurs alliés politiques.
« Aucune décision du gouvernement ne sera prise à la légère ; il y a une détermination et une volonté de mettre en œuvre tout ce qui émane du Conseil des ministres, avec prudence et sagesse, dans le cadre de la Constitution, de l’accord de Taëf (qui a mis fin à la guerre civile de 1975-1990 et institué la Seconde République libanaise, NDLR) et des lois en vigueur, qui guident son action », a déclaré le chef du gouvernement.
« Nous ne permettrons pas la diffamation ou la désinformation sur la voie constructive suivie par notre gouvernement, qui continue ses réformes et son travail pour sauver le Liban des griffes de l’ennemi israélien, qui continue de violer la souveraineté libanaise », a-t-il aussi déclaré. Des propos qui surviennent deux jours après que le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a affirmé que son parti n’acceptait pas que les responsables libanais agissent comme « les employés des États-Unis » qui cherchent à obtenir par la voie politique ce qu’Israël n’a pas pu obtenir par la guerre, à savoir le désarmement du parti.
« Le gouvernement ne ménagera aucun effort sur le plan diplomatique pour parvenir à la solution souhaitée avec les émissaires internationaux et pour reconstruire et réhabiliter toutes les zones ciblées par l’ennemi israélien », a ajouté Nawaf Salam, alors que le Hezbollah reproche aux autorités de ne pas agir face aux violations israéliennes du cessez-le-feu conclu fin novembre dernier avec le parti. L’armée israélienne occupe en effet plusieurs positions au Liban-Sud et bombarde quasi quotidiennement le territoire libanais.
Le bureau médiatique de Dar el-Fatwa a indiqué que la rencontre a été marquée par « la confirmation du président Salam que le gouvernement travaille à traiter les crises accumulées depuis des années, dont souffre le citoyen, en prenant des mesures concrètes via les ministères concernés et les institutions de l’État, avec un suivi rigoureux assuré par ses ministres, engagés à mettre en œuvre les dispositions du discours ministériel pour sauver le Liban de sa détresse et étendre l’autorité de l’État sur l’ensemble de son territoire avec ses propres forces ». « Le Conseil des ministres est un lieu de consensus et d’accord pour l’intérêt du pays et des Libanais », a ajouté le communiqué.
Concernant les législatives de mai prochain, qui agitent également la scène politique, Nawaf Salam a estimé qu’il était nécessaire de les maintenir à la date annoncée. « Il n’est pas acceptable de prolonger ou de reporter l’actuel mandat parlementaire », a-t-il insisté, alors que le débat se poursuit entre les députés qui souhaitent modifier la loi électorale pour permettre aux expatriés de voter pour les 128 membres du Parlement et ceux qui veulent maintenir la disposition limitant leur vote à six sièges.
Plus tard dans la journée, le Premier ministre a reçu une délégation de députés ayant signé la proposition de loi sur le vote des expatriés, comprenant Ghassan Hasbani, Marc Daou, Salim Sayegh, Elias Hankach, Fayçal Sayegh et Ibrahim Mneimné (Forces libanaises), Antoine Habchi et George Okais (Kataëb), ainsi qu’Achraf Rifi, Michel Mouawad et Melhem Riachi (indépendants), venu défendre la position des députés appelant à une modification de la loi électorale.
La délégation s’est notamment plainte que le président du Parlement n’ait toujours pas inscrit cette loi à l’ordre du jour.



Il est rare d’avoir un patriote comme M. Salam qui, malgré les pressions de toutes parts reste fidèle à ses principes et attaché à la souveraineté de notre pays en le réclamant dignement et en restant fort contre vent et marées. Cela nous change de tous les couards de ce pays qui au moindre éclat de voix où index levé, se mettent à genoux en nous persuadant que c’est pour le bien du pays. Nous avons été soumis, humiliés, pillés par ces vassaux, et on vient nous dire qu’il ne faut pas les froisser pour éviter le pire. Qu’est ce qui est pire que d’agoniser à petit feu depuis des décennies jusqu’
11 h 53, le 24 octobre 2025