Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, le 21 octobre 2025. Photo Al-Manar
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a déclaré mardi que « les responsables libanais ne sont pas au service des États-Unis » et qu'il « n’accepte pas qu’ils le soient ». « L’ingérence américaine est très néfaste au Liban et dans la région. Elle conduit à des massacres et à des génocides, car elle poursuit un projet expansionniste », a-t-il affirmé à l’occasion d’une cérémonie organisée en Iran en l’honneur du guide suprême iranien, Ali Khamenei.
« Cessez de menacer le Liban afin d’anéantir sa force et de l’intégrer au Grand Israël », a asséné Naïm Kassem à l’administration américaine et à l’émissaire Tom Barrack. Quant à « la stabilité du Liban, elle passe par l’arrêt des agressions d’Israël », a-t-il estimé, affirmant que « le Liban ne peut donner à Israël ce qu’il veut, ni à l’Amérique, tant qu’il existe un peuple fier et prêt à faire de grands sacrifices ».
Les propos du secrétaire général du Hezbollah interviennent en réponse à l’avertissement formulé lundi par l’émissaire américain Tom Barrack, qui alertait le Liban sur les risques d'une nouvelle offensive israélienne et un report des législatives de mai 2026 si le parti chiite ne rendait pas les armes, ce qui mènerait, selon lui, le pays au « chaos ». Selon M. Barrack, la volonté du gouvernement de rétablir le monopole des armes entre les mains de l’État est « une aspiration plutôt qu’une réalité, entravée par la domination politique du Hezbollah et la crainte de troubles civils ».
Naïm Kassem a par ailleurs observé que « sur le plan pratique, il n’y a rien de nouveau, si ce n’est que les États-Unis tentent d’obtenir par la politique ce qu’Israël n’a pas pu obtenir par la guerre ». « Nous sommes à un tournant du conflit, marqué à la fois par beaucoup de souffrance et par l’espoir, car Israël n’a pas atteint ses objectifs et ne les atteindra pas », a-t-il ajouté.
S’adressant au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le cheikh Kassem a indiqué qu’il « peut dire qu’il tue partout, mais il ne peut pas dire qu’il a trouvé la stabilité et que l’avenir appartient à l’entité israélienne ».
L'armée israélienne poursuit ses attaques au Liban de manière quasi quotidienne, malgré un cessez-le-feu signé le 27 novembre dernier, faisant des victimes dans les rangs du Hezbollah, mais aussi parmi les civils.


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