Le président iranien Masoud Pezeshkian s’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations unies lors de la 80ᵉ session annuelle, à New York, le 24 septembre 2025. Photo Spencer PLATT/AFP.
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a avalisé une loi, qui divise la classe politique, ouvrant la voie à l'adhésion de l'Iran à des conventions internationales contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ont rapporté mercredi les médias locaux.
M. Pezeshkian a été élu l'an dernier sur la promesse d'apaiser les relations avec l'Occident et d'obtenir une levée des sanctions qui pénalisent l'économie. Il a « promulgué la loi sur l'adhésion de la République islamique d'Iran à la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme (CFT), approuvée en séance » au Parlement, écrit l'agence de presse Tasnim.
Le CFT, un traité de l'ONU entré en vigueur en 2002, est l'un des accords internationaux auxquels l'Iran tente de se conformer. Le Conseil de discernement, qui s'apparente à un Conseil d'Etat, a toutefois émis des conditions pour une adhésion au CFT. L'administration de M. Pezeshkian tente de mettre le pays en règle avec les demandes du Groupe d'action financière (GAFI), un organisme international, basé à Paris, de surveillance du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme.
L'objectif est de retirer l'Iran de la liste noire des pays ou territoires non-coopératifs, afin de lever des financements et attirer des investisseurs. Outre l'Iran, la Corée du Nord et la Birmanie figurent sur cette liste. L'impact économique immédiat d'un éventuel retrait de l'Iran de la liste noire reste toutefois incertain. Les sanctions internationales, notamment celles imposées par les Etats-Unis, demeurent le principal obstacle aux échanges financiers et commerciaux du pays à l'international.
Une première mouture de la loi avait initialement été adoptée par le Parlement en décembre 2018. Mais le projet, qui a donné lieu à d'âpres débats ces dernières années, avait été renvoyé à plusieurs reprises aux législateurs pour amendements.
Certains conservateurs iraniens craignent que davantage de transparence ne permette à des pays « ennemis » d'obtenir des informations financières considérées comme « sensibles », préjudiciables à la sécurité nationale. D'autres font valoir que cela aurait pour effet de stopper le soutien iranien au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, deux mouvements classés « terroristes » par les Etats-Unis. Les réformistes et les modérés considèrent le respect des normes du GAFI comme une étape essentielle vers la reconnexion au système bancaire international et la stabilisation de l'économie. Pour la première fois depuis six ans, un représentant iranien a assisté mardi à une réunion plénière du GAFI, selon les médias d'Etat.


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