Le patriarche maronite Béchara Raï a une nouvelle fois plaidé mardi, lors d'une soirée à Rome à laquelle participaient plusieurs de ses homologues à la tête d'Eglises d'Orient, pour le vote des expatriés libanais pour les 128 députés de la métropole. Mgr Raï s'est déjà prononcé à de nombreuses reprises pour un amendement de la loi électorale de 2017, prenant part à un débat qui polarise l'arène politique libanaise ces derniers mois.
Le dignitaire a fait cette déclaration lors d'une réception à l'ambassade du Liban en Italie, où se trouvaient également présents le patriarche syriaque-catholique Ignace Youssef III Younan et le catholicos-patriarche de Cilicie des Arméniens catholiques Raphaël Bedros XXI Minassian. Tous étaient présents au Vatican ce week-end pour la canonisation d'Ignace Maloyan, martyrisé lors du génocide arménien de 1915, après avoir passé une partie de sa vie au Liban.
Lors de sa prise de parole, Béchara Raï a salué la communauté libanaise en Italie et déclaré que tous les Libanais sont « unis et oeuvrent ensemble pour servir le Liban, le reconstruire, y instaurer la paix et encourager le dialogue diplomatique et politique. » Insistant sur ce rôle pour les expatriés, il a estimé qu'il est dès lors injuste de leur « demander de l'aide, sans leur accorder le droit d’élire les 128 députés qui les représentent ».
À l’instar de nombreuses organisations de la société civile au Liban et à l’étranger, Mgr Raï, plusieurs partis, notamment les Forces libanaises, les Kataëb et des courants sunnites proches du Futur, souhaitent amender la loi de 2017 pour garantir aux Libanais de l’étranger le droit de voter, depuis leur pays de résidence, pour l’ensemble des 128 députés, chacun dans sa circonscription d’origine, et non pour six députés supplémentaires, dont l'élection serait uniquement assurée par les électeurs inscrits sur les listes à l'étranger. Avec pour tête de file Nabih Berry, le chef du mouvement Amal et président du Parlement, d'autres parties comme le Hezbollah et le Courant patriotique libre (aouniste) estiment que la loi électorale ne doit pas être amendée.


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