Samy Gemayel, chef du parti Kataëb. Photo ANI
Le chef du parti Kataëb, Samy Gemayel, s’est insurgé mardi contre le refus du président du Parlement, Nabih Berry, d’inscrire à l’ordre du jour l’examen d’une proposition d’amendement de la loi électorale de 2017 visant à permettre aux expatriés de voter pour les 128 députés, et non plus seulement pour six sièges réservés à la diaspora.
« Nous avons présenté une pétition commune signée par 67 députés pour inscrire la proposition à l’ordre du jour de la dernière session. Malheureusement, elle n’a pas été inscrite, ce qui nous a conduits à quitter la séance en signe de protestation », a‑t‑il déclaré. Il a également vivement critiqué la déclaration de M. Berry du 16 octobre, qui invitait les expatriés souhaitant voter à se rendre au Liban. « Les élections législatives de mai 2026 auront lieu à la date prévue », avait affirmé Nabih Berry. « Ceux qui souhaitent participer au scrutin… n’auront qu’à venir au Liban », avait‑il ajouté au quotidien al‑Joumhouria. « Faire venir les expatriés au Liban pour voter est contraire à la loi ; nous poursuivrons notre combat jusqu’au bout, au sein du Conseil des ministres et du Parlement, voire dans la rue », a répliqué M. Gemayel lors d’une conférence de presse.
La question du vote des expatriés, qui polarise la scène politique depuis plusieurs mois, menace de paralyser le Parlement et fait craindre soit un report des élections prévues en mai, soit un scrutin sans la diaspora. À l’instar de nombreuses organisations de la société civile au Liban et à l’étranger, plusieurs partis, notamment les Forces libanaises, les Kataëb et des courants sunnites proches du Futur, souhaitent amender la loi de 2017 pour garantir aux Libanais de l’étranger le droit de voter, depuis leur pays de résidence, pour l’ensemble des 128 députés, chacun dans sa circonscription d’origine.
D'autres formations, en tête le tandem chiite Amal et Hezbollah, s’y opposent, préférant maintenir tel quel l’article 112, qui prévoit la création d’une circonscription spéciale de six sièges pour les expatriés, ajoutés aux 128 actuels. M. Berry, est également le chef du mouvement Amal. Depuis l'adoption de la loi électorale, cette modalité n'a jamais été mise en œuvre, et la loi avait été amendée afin de suspendre temporairement l'article 112.
Le député kataëb a rappelé que le Liban a besoin de ses expatriés « non pas seulement pour l’envoi de fonds », mais pour décider du sort du pays, « car il est victime de catastrophes et de politiciens qui ne savent pas le gérer ». « Nous avons besoin d’eux car ils ne se laissent pas influencer par la peur ou la tentation ; leur voix est une voix libre dont l’unique objectif est l’intérêt du Liban. C’est pourquoi nous avons un besoin urgent de ces voix », a‑t‑il insisté.
Il a rappelé qu’en date du 18 novembre 2018, il avait présenté une proposition de loi visant à supprimer les six sièges et à permettre aux expatriés d’élire les 128 députés. « Depuis six ans, la loi dort dans les tiroirs et personne ne réclame son adoption. Nous étions la voix qui criait dans le désert, a‑t‑il dit. La loi sur les six députés ayant été suspendue et les expatriés ayant pu voter pour les 128, rien n’empêche de reproduire la même démarche cette fois-ci encore. » « Nul ne peut s’opposer à la volonté du peuple et du Parlement. Et la volonté du peuple se concrétise par 67 députés qui demandent clairement la suppression des six sièges et l’adoption du vote pour les 128 », a-t-il ajouté.
Il a interpellé le chef de l’État et le Premier ministre, estimant que « l’exclusion de centaines de milliers de Libanais de la participation à la détermination du destin de leur pays est une atteinte aux droits ». Il les a ainsi appelés à « ne pas céder sur une question qui concerne des centaines de milliers de personnes ». « Je promets aux Libanais que nous poursuivrons le combat jusqu’au bout, au sein du Conseil des ministres et du Parlement, et peut‑être dans la rue, avec tous les blocs parlementaires », a‑t‑il ajouté, tout en enjoignant les expatriés à s’inscrire sur les listes électorales qui les concernent, « sous quelque forme que ce soit ».



Pas seulement les deux frères mafieux sont contre le vote des Libanais de la diaspora, il y aussi et surtout leur petit rejeton , l’héritier du sinistre michel aoun. Il a oublié ses voyages répétés pour les encourager à voter lorsqu’il était ministre des affaires étrangères. Mais les résultats n’ont bien entendu pas été en sa faveur et en bon opportuniste, il a vite changé d’avis. Sami gemayel a raison sur toute la ligne.
06 h 51, le 23 octobre 2025