Le président turc Recep Tayyip Erdogan. AFP
Le président turc Recep Tayyip Erdogan, désireux de moderniser la flotte aérienne de son pays, veut profiter d'une visite mercredi au Qatar pour discuter de l'achat d'avions de combat Eurofighter d'occasion de l'armée qatarie, a affirmé à l'AFP une source sécuritaire turque.
Le chef de l'Etat turc, qui doit arriver mardi soir à Doha depuis le Koweït, sera reçu mercredi par l'émir du Qatar. « La Turquie souhaite acquérir des Eurofighters d'occasion du Qatar », a déclaré cette source, non autorisée à parler à des journalistes, sous couvert d'anonymat.
« En échange, la Turquie a proposé l'accès à son avion de combat de nouvelle génération, le Kaan (en cours de développement, NDLR), dans le cadre d'un éventuel accord de transfert de technologie », a ajouté ce responsable turc. Des négociations entre Ankara et Doha, qui a passé commande en 2017 de 24 Eurofighers, sont « en cours », a-t-il précisé.
Exclue du programme américain F-35 en raison d'un différend né de l'acquisition du système russe de défense antiaérienne S-400, la Turquie cherche en outre à acquérir 40 Eurofighters neufs.
Mais leur livraison implique que les quatre pays européens (Royaume Uni, Allemagne, Italie et Espagne) associés pour leur construction soient d'accord, chacun pouvant opposer son veto à la vente.
Selon certains observateurs du secteur de la défense, la volonté affichée de la Turquie d'acquérir des Eurofighters vise à faire pression sur Washington afin de pouvoir réintégrer le programme F-35.
Pour la Turquie, membre de l'Otan, « la priorité absolue reste les programmes F-16 et F-35 », a indiqué la source sécuritaire turque à l'AFP.
Fin septembre, le président américain Donald Trump s'est dit prêt à lever « presque immédiatement » les sanctions américaines contre le secteur turc de la défense en recevant Recep Tayyip Erdogan, laissant augurer d'une possible réintégration d'Ankara dans le programme F-35.
« En raison du blocage actuel au Congrès américain, il est peu probable que des progrès soient réalisés (...) avant la nouvelle année », a estimé cependant le responsable turc.


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