Des soldats de l'unité anti-drones du 35e régiment d'artillerie parachutiste se tiennent en rang devant des véhicules militaires équipés des systèmes anti-drones Proteus et Arlad, à l'issue d'un exercice de simulation de combat dans le cadre d'une journée de démonstration d'artillerie au camp militaire français de Canjuers, dans le département du Var, dans le sud-est de la France, le 20 octobre 2025. Photo Frédéric Dides/AFP
Le gouvernement britannique va permettre aux forces armées d'abattre des drones survolant des bases militaires, dans un contexte de multiplication de survols suspects ces dernières semaines en Europe.
Dans un discours prévu lundi soir dont des extraits ont été diffusés en avance, le ministre de la Défense John Healey annonce que de nouvelles dispositions légales vont permettre « d'abattre des drones non identifiés au dessus de sites militaires britanniques ».
« Nous ferons toujours tout ce qui est nécessaire pour protéger la population britannique », dit-il.
Cette annonce intervient après des survols de drones notamment en Pologne, au Danemark et en Allemagne, où l'aéroport de Munich a été paralysé pendant 48 heures. Ces violations de l'espace aérien européen ont été imputées à des drones russes.
Moscou, engagé dans la guerre en Ukraine, est accusé par les alliés européens de Kiev de chercher l'escalade et de tester les défense anti-aériennes de l'Otan en Europe.
Jusqu'alors, le protocole autorisait les soldats à dérouter les drones ou à brouiller leur signal GPS, mais pas à les abattre, sauf dans des circonstances extrêmes.
En 2024, plusieurs bases aériennes britanniques utilisées par les forces américaines ont signalé la présence de drones d'origine inconnue. Une enquête militaire conjointe entre forces américaines et britanniques a été ouverte mais aucune information n'a émergé sur la provenance des appareils.
Ces bases sont stratégiquement importantes pour l'armée américaine, qui a notamment déployé des avions de chasse F-22A sur celle de Lakenheath (est), après les bombardements américains en juin sur des sites nucléaires iraniens.
Face à la menace croissante des drones, la Commission européenne a annoncé en octobre un projet de mur antidrones.
Début octobre, le gouvernement allemand avait lui annoncé qu'il allait permettre à la police d'abattre des drones.


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